Vol. 143 - 2011/I

Yannick BURRI: Dire le temps: l’emploi bersonien de la métaphore: 19 (Résumé)
Claire PAGÈS: Hegel et Levinas: autre altérité, autre danger: 1 (Résumé)
Nathalie Maillard Romagnoli: La notion de devoir envers soi-même est-elle logiquement incohérente?: 51 (Résumé)
Hubert WYKRETOWICZ: La contribution discrète de Gadamer à une phénoménologie du monde social: 35 (Résumé)

Étude critique
Hamid TAIEB: Du substrat à la subjectivité: l’Archéologie du sujet d’Alain de Libera: 67 (Résumé)

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RThPh, 143 (2011/I),P. 67-75
Hamid TAIEB
ÉTUDE CRITIQUE
Du substrat à la subjectivité: l’archéologie du sujet d’Alain de Liberai

Résumé
Sans prétendre à l’exhaustivité, le présent article introduit à la lecture des deux premiers volumes de l’Archéologie du sujet d’Alain de Libera,qui procèdent à une histoire du sujet moderne depuis ses origines antiques jusqu’à sa compréhension contemporaine. Ces volumes peuvent être abordés
via quelques-unes des notions principales qu’ils mobilisent: subjectité, attributivisme*, dénomination extrinsèque, notions qui autoriseront le lecteur à circuler dans les ouvrages déjà parus et dans ceux annoncés.

H. TAIEB, Critical study. From substrate to subjectivity: The archaeology of the subject, by Alain de Libera, RThPh 2011/I, p. 67-75.
Without pretending to be exhaustive. this article introduces a reading of the first two volumes of the Archeologie du sujet by Alain de Libera, a history of the modern idea of subjectiveness since its origins in antiquity up until the present understanding of the term. These volumes can be approached via some of the principal notions they evoke: subjectivity, attributivism, extrinsic denomination, notions which permit the reader to navigate in works already published as well as those not yet published.

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RThPh, 143 (2011/I), p. 51-66
Nathalie MAILLARD ROMAGNOLI
La notion de devoir envers soi-même est-elle logiquement incohérent?

Résumé
Pour différentes raisons, l’idée que nous pourrions avoir des devoirs envers nous-mêmes n’est plus très populaire dans la philosophie morale aujourd’hui. Certains auteurs ont notamment avancé que le concept même de devoir envers soi posait des problèmes logiques et devait être abandonné. Dans cet article, nous revenons sur les arguments formels avancés contre la plausibilité de l’idée de devoir envers soi-même. Nous confronterons ces arguments à la doctrine kantienne des devoirs envers soi, qui sert de paradigme dans la discussion. Notre objectif est de montrer que la notion de devoir envers soi-même, une fois que l’on a compris dans quel sens elle devait s’entendre, n’est ni incohérente ni particulièrement confuse.

N. MAILLARD ROMAGNOLI, The notion of duty towards one’s self, is it logically incoherent?, RThPh 2011/I, p. 51-66.
For diverse reasons, the idea that we could have duties towards ourselves is no longer very popular in moral philosophy today. Some authors, notably, have said that the very concept of self-duty poses problems of logic and should be abandoned. In this article, we come back to the formal arguments against the plausibility of self-duty. We confront these arguments with the paradigm of Kant’s doctrine of self-duties. Our objective is to show that the notion of duty towards one’s self, once one has understood in what sense it should be understood, is neither incoherent nor particularly vague.

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143 (2011/I), P. 35-49

Hubert WYKRETOWICZ
La contribution discrète de Gadamer à une phénoménologie du monde social

Résumé
Trois intentions convergentes traversent cette étude: du point de vue de l’histoire de la philosophie, le monde social est dans un premier temps l’occasion de mesurer un écart entre Heidegger et Gadamer; puis, dans un second temps, il sert de fil conducteur pour explorer les ressources éthiques et sociales de la philosophie herméneutique. Enfin, d’un point de vue phénoménologique, nous montrons à l’aide de ces ressources comment l’anonymat et l’indétermination du monde social constituent des conditions nécessaires de la vie subjective et personnelle.

H. WYKRETOWICZ, The discreet contribution of Gadamer to a phenomenology of the social world, RThPh 2011/I, p. 35-49.
In this study three objectives converge: from the point of view of the history of philosophy, the social world first allows us to measure the distance between Heidegger and Gadamer; secondly, it serves as a guide for exploring the ethical and social resources of hermeneutical philosophy. And in conclusion, from a phenomenological viewpoint, we show how, with the help of these resources, the anonymity and the indeterminateness of the social world form the necessary conditions for subjective and personal life.

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TThPh 143 (2011/I), P. 19-34

Yannick BURRI
Dire le temps: l’emploi bergsonien de la métaphore
Résumé

Tout au long de son oeuvre, Henri Bergson s’est penché sur le temps du vécu qu’il nomme «durée», une notion qu’il a, des années durant, cherché à cerner. Du point de vue de l’énonciation de sa pensée surgit une difficulté: comment mettre des mots sur une notion qui a pour caractéristique d’échapper aux
schèmes de penser habituels, de se soustraire aux filets du logos ? Si, comme il le souligne, «[I]a pensée demeure incommensurable avec le langage», il se doit d’ouvrir une nouvelle voie pour formuler malgré tout sa pensée en faisant appel à des ressources langagières proprement inhabituelles, voire étrangères à la philosophie. Pour dire le temps, le philosophe se doit de briser les cadres de la pensée conceptuelle. Ainsi, l’emploi de la métaphore, habituellement ressource du langage poétique, devient sous la plume du philosophe français un outil privilégié du philosopher, transcendant les concepts pour atteindre ce qu’il nomme l’intuition de la durée immanente à chacun de nous.

Y. BURRI, Speaking of time: the Bergsonian use of metaphor, RThPh 2011/I, p.19-34.
In all his writings, Henri Bergson sought to define worked the notion of time lived,which he called duration. In the enunciation of his thought, emerges a difficulty: how to put words to a notion which characteristically escapes habitual schemas of thought and logical traps? If, as he claims, «thought remains immeasurable by language», we need, nevertheless, a new way to formulate his thought by calling upon unusual or even un-philosophical linguistic resources. In order to speak of time, the philosopher must expand the framework of conceptual thought. Thus, the use of metaphor, normally a
poetical resource, becomes in the writing of the French philosopher an excellent tool for philosophy, going beyond the concepts in order to reach what he calls the immanent intuition of duration which each one of us has.

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RThPh 2011/1, p. 1-18.

Claire PAGÈS
Hegel et Levinas: autre altérité, autre danger

Résumé
Où situer le danger? Qui court un risque et qui le fait courir à qui? Il s’agit de présenter deux analyses inverses de la notion de danger. Leur originalité tient au fait qu’il ne semble pas y avoir pour elles d’équité ou de réciprocité dans le danger: la menace vient exclusivement d’un côté de la relation. Pour
Hegel, c’est le moi qui est l’objet de menaces. L’auteur de ces menaces est toujours l’autre, celui que je ne suis pas, et c’est précisément son altérité qui en fait une puissance dont je peux craindre la violence. C’est pourquoi la vérité - et la sécurité - se trouve toujours du côté de la réduction de la transcendance
de l’autre. Pour cette raison, Levinas affirme qu’il n y a pas d’autre dans la philosophie de Hegel, absence qu’il analyse justement comme un danger: c’est l’autre qui court un risque, et la menace vient de moi. La menace n’émane plus de l’étrangeté de l’autre, mais au contraire de la suppression de cette
étrangeté. Ce qu’il est à craindre est, pour Hegel, que l’autre mette la main sur moi, et, pour Levinas, que je mette la main sur l’autre.

C. PAGES, Hegel and Levinas: a different alterity, a different danger, RThPh. 2011/1, p. 1-18.
Where is the danger? Who is at risk and who is a menace to whom? This article presents two opposite analyses of the notion of danger. Their originality lies in the fact that there seems to be no fairness or reciprocity in danger: the threat comes exclusively from one side of the relationship. For Hegel, oneself is always the object of threats. The source of these threats is always the other person, the one I am not, and it is precisely the other’s alterity which is a force whose violence I should fear. That is why truth - and security - are always to be found in reducing the transcendence of the other. For this
reason, Levinas claims that there is not an other in the philosophy of Hegel, an absence which he analyses as a danger; it’s the other who is at risk, and the threat comes from me. The threat no longer emanates from the strangeness of the other, but, on the contrary, from the suppression of this strangeness. What is to be feared, for Hegel, is that the other lays a hand on me, whereas for Levinas, it’s that I lay a hand on the other person.

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RThPh 201O/III-IV, p. 321-329
Jean-Claude DUMONCEL

La double idéalité de l’être selon Leibniz
Une étude critique du Leibniz de Daniel Schulthess

Résumé
L’ambiguïté de “l’idéalisme” est notoire, entre l’idéalisme platonicien (réalisme des Idées) et l’idéalisme post-cartésien (phénoménisme). Schulthess établit qu’en faisant jouer un concept de phénomène dans le monde des essences comme dans celui des existences, Leibniz a surmonté l’ambiguïté. Cet exploit du Système a ses retombées en élucidations conceptuelles.

J.-Cl. DUMONCEL, The Twofold Ideal of Being according to Leibniz. A critical study of Leibniz by Daniel Schulthess, RThPh 201O/III-IV, p. 321-329.
The ambiguity of “idealism” is well-known, between the idealism of Plato (realism of Ideas) and post-Cartesian idealism (Phenomenalism). Schulthess shows that by bringing into both worlds of essence and of existence a concept of the phenomenal, Leibniz overcame this ambiguity. This systematic exploit has consequences for conceptual clarifications.

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RThPh 201O/III-IV, p. 301-319.

Claire RÖSLER
Leibniz et la mystique

Résumé
Von der wahren Theologia Mystica est un opuscule où Leibniz s’emploie à distinguer la vraie théologie mystique, qui entre en conformité avec la raison, de la fausse qui correspond aux égarements de l’imagination. Nous proposons une traduction commentée et annotée de ce texte (qui date probablement des années 1698-1701). Seul écrit du philosophe consacré exclusivement à la mystique, ce texte est aussi un condensé de sa philosophie. Est esquissé, à partir des fondements
de la métaphysique leibnizienne, un chemin lumineux (”Lichtweg”) qui permet à l’âme de connaître son Créateur. Cette épistémologie de la lumière s’accomplit dans la découverte de la proximité intime du moi à Dieu. L’identité s’enracine en Dieu par un contact immédiat. Dès lors, l’individu est d’autant plus lui-même qu’il entretient une étroite relation d’amour avec son Créateur. Pour caractériser la pensée de Leibniz, Jean Baruzi paraît donc fondé à parler d’un ” mysticisme rationnel “, ce qui implique une redéfinition de la mystique. En effet, la vraie théologie mystique ne demanderait pas l’anéantissement du moi en Dieu, mais un accomplissement de soi en Lui, par une divinisation progressive, grâce à une participation active à Ses perfections.

C. RÖSLER, Leibniz and mysticism, RThPh 201O/III-IV, p. 301-319.
Von der wahren Theologie Mystica is a work in which Leibniz tries to distinguish real mystic theology, which conforms to reason, from false mystic theology, which lends itself to the errors of imagination. For this text (probably about 1698-170I), we propose comments and an annotated translation. Being his only work dedicated exclusively to mysticism, it is also a condensed version of his philosophy. On the basis of his metaphysics, Leibniz draws a shining path (”Lichtweg”) permitting the soul to know her Creator. This epistemology of light is fulfilled in the discovery of the intimate nearness of God to the self. Identity is rooted in God by this immediate contact. Thus, the individual is the more himself if he keeps up an intimate relationship of love with his Creator. So to describe the thinking of Leibniz, Jean Baruzi seems justified in speaking of a “rational mysticism”, implying a redefinition of mysticism. Indeed, real mystic theology does not demand the annihilation of the self in God, but the fulfilment of self in God, through a progressive divinisation, by active participation in God’s perfection.

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RThPh 2010/III-IV, p. 261-278.
Ghislain WATERLOT
Réflexions sur la doctrine d’une mystique redoutée: Madame Guyon

Résumé
Madame Guyon est une figure singulière et importante de la mystique moderne. L’examen de sa doctrine de la «voie passive enfoi» permet de mettre en évidence une théorie de l’action dans laquelle deux temps doivent être distingués. Un premier temps où l’action exercée sur soi-même a pour fin de
supprimer toute action; un second temps où l’action humaine laisse la place à une action divine à travers un être humain ayant consenti à l’anéantissement de son moi. Mais cet anéantissement est à la fois renaissance en Dieu et possibilité pour Dieu de manifester son amour dans la création. Le mystique est ainsi à la fois réalisation de l’amour et canal d’expression. Laissé en liberté, il possède une puissance subversive dont Madame Guyon a payé le prix.

G. WATERLOT, The “inner ways” and action. On the doctrine of a formidable mystic: Madame Guyon, RThPh 2010IIII-IV, p. 261-278.
Madame Guyon is an important and exceptional person in modem mysticism. A study of her doctrine of “the passive way in faith” shows a theory of action in two stages. In the first, an action exercised on one’s selfis meant to suppress all other action; in the second, human action gives way to divine action through the human being who has consented to the abolition of self. But this abolition is also rebirth in God and the possibility for God to show His love in creation. Thus the mystic is both the fulfilment of love and the channel of its expression; and, left free, has a subversive power for which Madame Guyon paid the price.

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RThPh 201O/III-IV, p. 245-260.
François MARXER
La théologie mystique n’est pas intelligible; elle a un langage à part.
La mystique au risque de la pensée et au défi du langage:
Bérulle, François de Sales et Jean-Pierre Camus

Résumé
Dès 1601, la théologie mystique conquiert ses quartiers de noblesse, mais entre en rivalité avec les autres théologies, scolastique et positive. Comment réorganiser l’édifice dès lors fragilisé, comment retrouver un nouvel équilibre pour éviter le divorce entre l’intelligence croyante et la démarche mystique ? Bérulle (plus politique), François de Sales (plus spirituel), Jean-Pierre Camus (plus pastoral) tentent de réarticuler la pensée et l’expérience. Mais la tension demeure entre un original biblique (que la théologie scolastique a charge de penser) et une originalité expérimentale qui dessine un excès, et envisage un impensable … qui fait penser. L’angoisse, que l’on croyait jugulée par les dispositifs
sacramentels et institutionnels, serait-elle de retour?

F. MARXER, “Mystic Theology is not intelligible; it speaks another language.”
Mysticism at the expense of thought and challenged by language: Berulle, Francis of Sales and Jean-Pierre Camus, RThPh 201OIIII-IV, p. 245-260.
From 1601 on, mystic theology is found in the circles of nobility, but is rivalled by other theologies of scholasticism and positivism. How can the endangered structure be reorganized? a new balance found so as to avoid a divorce between intelligent beliefand the mystical approach? Berulle (more political), Francis of Sales (more spiritual) and Jean-Pierre Camus (more pastoral) attempt new expressions for thought and experience. But tension remains between a biblical original (the domain of scholastic theology) and experimental originality the colour of excess and imagining the unthinkable… which
causes one to think. The anguish thought to be stamped out by sacramental systems and institutions, is it back?

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RThPh 201O/III-IV, p. 229-243
Marc VIAL
Théologie mystique et expérience chez Jean Gerson

Résumé
La présente étude s’efforce de montrer que la prise en compte de la notion d’expérience permet d’appréhender tant la spécificité d’une définition médiévale de la théologie mystique que la nature précise du discours que Jean Gerson a tenu à son sujet: loin de viser un discours sur une expérience
extatique, le syntagme «théologie mystique» renvoie en effet, chez Gerson comme chez d’autres maîtres médiévaux, à cette expérience elle-même; quant à l’approche gersonienne de la théologie mystique, elle s’élabore et se revendique, aussi étrange que la chose puisse paraître a priori, comme la théorie d’une expérience dépourvue de toutfondement empirique.

M. VIAL, Mystic Theology and experience in Jean Gerson, RThPh 201O/IIII-IV, p.229-243.
This study tries to show that the taking into account of the notion of experience gives a comprehension of both the specificity of the mediaeval definition of mystic theology and the precise position of Jean Gerson on the subject. Far from discourse on ecstatic experience, the phrase «mystic theology» refers effectively, in Gerson as in other mediaeval writers, to the experience itself. As to Gerson’s mystical theology, it develops and proclaims, as strange as it may seem a priori, a theory of experience completely void of any empirical basis.

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RThPh 2010/III-IV, p. 211-227.

Marie-Anne VANNIER
Mystique et théologie mystique chez Eckhart

Résumé
Maître Eckhart a eu, semble-t-il, une expérience de la Trinité sur laquelle il reste discret mais qui l’a amené à développer une théologie trinitaire solide, et à préciser ses liens avec l’anthropologie. S’il reprend parfois les catégories de Denys l’Aréopagite, c’est pour mieux se faire comprendre de ses contemporains, car il développe une théologie mystique originale pour le XIVe siècle.

M.-A. VANNIER, Mysticism and Mystic Theology in Eckhart, RThPh 2010/III-IV, p. 211-227
It seems that Meister Eckhart had an experience of the Trinity about which he remained discreet but which led him to develop a solid trinitarian theology and its links with anthropology. If he sometimes took up the categories of Denys Areopagitus, it was in order to make himselfbetter understood by his contemporaries, for he was developing a mystic theology which was original for the 16th century.

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RThPh 2006/I, p. 39-63.

ÉTUDE CRITIQUE

Bernard BAERTSCHI et Mark HUNYADI
De la bonne manière de pratiquer l’éthique des biotechnologies

Résumé
Cet article est une étude critique de deux livres que Mark Hunyadi et Bernard Baertschi ont récemment publiés sur le clonage et, plus généralement, sur les biotechnologies. Comme les deux auteurs défendent des conceptions éthiques différentes – rapidement dit : une position contextualiste, basée sur la notion de contexte moral objectif et une position néo-aristotélicienne –, la confrontation de leur position vise à exposer les arguments fort différents que chacun propose ; elle vise aussi à déterminer quelle est la bonne manière de pratiquer l’éthique en ces matières. Chaque auteur examine l’ouvrage de l’autre en un premier temps puis, en un second temps, répond aux objections que son interlocuteur a formulées.

B. Baertschi et M. Hunyadi, On practising good ethics in biotechnology, RThPh 2006/I, p. 39-63.
This paper is a critical study of two books recently published by Mark Hunyadiand Bernard Baertschi on cloning and, more generally, biotechnology. As each author adopts a very different conceptual and ethical framework, the one contextualist (based on the notion of an objective moral context) and the other Neo-Aristotelian, the confrontation of their positions aims first at exposing the very different arguments put forth by each one, and secondly at clarifying what is the right way to practice ethics in these matters. Each author reviews the other’s book and then answers the objections the other has made to his own.

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RThPh 2005/IV, p. 359-373.
Bernhard Waldenfels
La phénoménologie entre pathos et réponse

Résumé
L’auteur propose ici une remise en question de l’intentionnalité phénoménologique, qui prend néanmoins celle-ci comme point de départ. Il s’agit d’orienter l’analyse du sens des phénomènes vers la prise en compte d’une dimension pathique qui les conditionne. Ce qui nous arrive ou nous affecte ne se laisse pas réduire à des horizons préalables. Ne serait-ce que parce que nous y avons toujours déjà répondu. Entre pathos et réponse, il y a un écart irréductible qui se traduit comme diastase temporelle et productive. L’auteur en appelle alors à une “réduction responsive” qui reconduit tout sens vers ce à quoi il répond. En conclusion, il évoque quelques-uns des domaines dans lesquels une telle révision pathique et responsive de la phénoménologie pourrait faire valoir sa pertinence : la bioéthique, l’élaboration historique de la mémoire et le rapport à l’étranger.

B. WALDENFELS, Phenomenology between pathos and response, RThPh 2005/IV, p. 359-373.
Here the writer calls into question phenomenological intentionality, while taking it nevertheless as a starting point. This means orientating the analysis of the meaning of phenomena toward the taking into account of a pathic dimension which conditions them. What happens to us or affects us cannot be reduced to previous horizons. Not even if we have always already responded. Between pathos and response, there is an irreducible cleft which translates as a temporary and productive diastase. Therefore the writer calls for a “responsive reduction” which guides all meaning toward that to which it responds. In conclusion, he evokes some of the areas in which such a pathic and responsive revision of phenomenology could valorise its pertinence: bioethics, the historical elaboration of memory and the relation to foreignness.

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ThPh 2005/IV, p. 345-358.

Bernhard WALDENFELS
Entre les cultures

Résumé
Le thème de l’interculturalité est ici soumis à une critique à partir du point de vue de l’expérience interculturelle. L’auteur part de la thèse selon laquelle un point de vue souverain et panoramique sur les cultures est un non-lieu. Il s’agit alors de prendre au sérieux l’expression «entre les cultures» et de penser l’interculturalité comme une sphère de l’entre-deux qui ne peut être réduite à la culture propre ou à la culture étrangère. Pour ce faire, l’auteur développe une phénoménologie de l’expérience de l’étranger moyennant une analyse de l’entrelacs du propre et de l’étranger sur les plans de l’expérience, du discours et de la politique, sans jamais céder à une réduction dans le cadre d’une synthèse englobante ou d’un ordre définitif. L’expérience interculturelle doit se penser dans les termes d’un répondre à l’étranger.

B. WALDENFELS, Between cultures, RThPh 2005/IV, p. 345-358.
The inter-culture theme is submitted here to criticism from the point of view of inter-cultural experience. The writer starts from the theory that a sovereign and panoramic viewpoint on different cultures is a non-being. So one must take seriously the expression “between cultures” and think of inter-culture as a sphere between two, which cannot be reduced to either one’s own or the foreign. To do this, the writer develops a phenomenology of the experience of foreignness, by analysing the interlacing of one’s own and the foreign with regards to experience, discourse, and politics, while never ceding to reduction in the framework of a synthesis either global or of a definitive nature. Inter-cultural experience must be thought of in terms of responding to foreignness.

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RThPh 2005/IV, p. 329-343.

Bernhard WALDENFELS
L’experience corporelle entre ipséité et altérité

Résumé
Le thème de la dimension corporelle de l’existence est un motif classique de la phénoménologie, qui a fortement mis en évidence l’expérience que nous faisons de notre corps en première personne, soustrayant celui-ci à toute objectivation. L’auteur déplace dans cet article la position phénoménologique en montrant que le corps propre n’est pas seulement une sphère intime et familière, mais comporte des aspects d’étrangeté et d’extériorité. Par lui, je suis exposé à des affections qui m’atteignent au plus profond de moi-même sans qu’elles soient miennes. Par lui, je sens ma vulnérabilité sans laquelle cependant je ne pourrais pas faire l’expérience d’un monde. « Pivot » entre le faire et le pâtir, la nature et la culture, le propre et l’étranger, le corps propre est un thème nodal autour duquel tout questionnement philosophique peut se déployer.

B. WALDENFELS, Bodily experience between self and otherness, RThPh 2005/IV, p. 329-343.
The bodily dimension of existence is a classic theme in phenomenology, which has strongly underlined the experience we have of our body in the first person, removing it from all objectivization. In this article, the author shifts the phenomenological position, showing that the body itself is not only an intimate and familiar sphere, but entails extraneous and exterior aspects also. Through my body, I am exposed to affections which touch me deeply though they are not mine. Through my body, I feel my vulnerability without which, however, I would be incapable of experiencing the world. The pivot between doing and being done to, nature and culture, distinctive features and foreign, the body is a nodal theme around which all philosophical questioning can be spread.

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RThPh 2005/IV, p. 311-327.

Bernhard Waldenfels

Commencer ailleurs. Une liberté sous le signe de l’étrangeté

Résumé
L’auteur retrace tout d’abord l’histoire du concept de liberté à travers quelques grandes figures de la philosophie occidentale (Aristote et Kant avant tout). S’appuyant notamment sur les possibilités littéraires de mise en scène d’un événement, il s’attache ensuite à déplacer et à réviser ces conceptions en faisant valoir la dimension d’étrangeté qui appartient également à la liberté. Il en arrive ainsi à désigner une liberté qui ne commence pas simplement par elle-même, spontanément, mais qui répond à des sollicitations qui l’ont toujours déjà entraînée. Une telle révision conduit l’auteur à considérer pour conclure le jeu politique des institutions, et à y voir constamment à l’œuvre un «hors d’ordre» et une provocation inassimilables.

B. WALDENFELS, Start elsewhere. A liberty under the sign of extraneousness. RThPh 2005/IV, p. 311-327.
First the author retraces the history of the concept of freedom through several great figures of western philosophy (especially Aristotle and Kant). Using the literary possibilities of the staging of an event, he then tries to shift and revise these concepts by valorising the dimension of extraneousness, which is also integral to freedom. He can thereby specify a freedom which does not start spontaneously by itself, but responds to solicitations which have always already drawn it out. Such a revision leads the author to consider, in concluding, the political play of institutions and to see constantly at work in them an “outside order” and an indigestible provocation.

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RThPh 2001/III, p. 227-245.

François LAPLANCHE
Rationalisme scientifique et interprétations de la bible au XVIIe siècle

Résumé
Les développements de l’astronomie aux XVIe et XVIIe siècles modifient l’interprétation de la Bible. Dans les passages bibliques dont l’interprétation littérale contredirait une vérité scientifique démontrée, la difficulté est contournée par le recours aux “apparences sensibles”. Puis l’explication prend conscience d’une distance temporelle: la Bible reflète la cosmologie de son époque. Enfin, une fois accompli pour la “physique” de la Bible, ce recours à l’histoire s’appliquera aussi, avec Richard Simon et surtout Spinoza, aux formes de la narration et à la théologie bibliques.

F. LAPLANCHE, Scientific rationalism and biblical interpretations in the 17th c., RThPh 2001/III, p. 227-245.
The development of astronomy in the 16th and 17th centuries modified biblical interpretation. In passages where a literal interpretation would have gone against proven scientific truth, the difficulty was circumvented by appealing to “intuitive appearances”. Next, the explanation took temporal distances into account: the Bible reflects the cosmology of its times. Finally, once the “physical” aspect had been looked after, this recourse to history was also applied, by Richard Simon and especially by Spinoza, to narrative form and biblical theology.

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RThPh 2001/IV, p. 465-474.

Olivier TSCHANNEN
Individualisme, modèles d’identification religieuse et démocratie

Résumé
Dans le prolongement des interrogations soulevées par l’œuvre de Marcel Gauchet, cet article aborde la question des conditions de possibilité d’une trâduction de la religiosité privée (seule forme de religion à subister après la “sortie de la religion”) dans le langage et la pratique politiques. Cette question se pose en particulier pour toutes les formes de religiosité qui considèrent la politique comme l’hyperbole des vices du monde moderne et ne veulent concevoir les changements structurels que comme la somme des changements individuels, niant par là même ce qui fait la spécificité de la fonction politique.

O. TSCHANNEN, Individualism, Models of religious identification and Democracy, RThPh 2001/IV, p. 465-474.
Continuing the questions brought up by Marcel Gauchet, this article asks what are the conditions for the expression of private religion (the only form to subsist after the “exit of religion”) in the language and practice of politics. This question is particularly pertinent for all forms of religiosity which consider politics as the hyperbole of evil in the modern world and do not want to see structural changes as the sum of changes in the individual, denying thus the factors that make political function specific.

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RThPh 2001/IV, p. 455-464.

Marcel GAUCHET
Religion, éthique et démocratie

Résumé
L’auteur examine successivement les notions de religion, d’éthique et de démocratie, en s’appuyant sur les transformations profondes intervenues en modernité. La religion, traditionnellement comprise comme l’organisation de l’hétéronomie, a subi les effets de la transition moderne, orientée vers l’autonomie. Or nous sommes à la fin de cette transition moderne, ce qui a pour conséquence de changer radicalement le statut et le sens de la religion, comprise de plus en plus comme une expérience privée, n’ayant pas de prise sur le politique. La religion en retrouve néanmoins une nouvelle portée culturelle dans l’espace public. L’éthique participe d’une même transformation, devant jouer sur deux registres, celui de la morale d’une part, de l’assignation individuelle croissante des questions existentielles d’autre part.

M. GAUCHET, Religion, Ethics and Democracy, RThPh 2001/IV, p. 455-464.
Looking successively at the notions of religion, ethics and democracy, the author pays particular attention to profound transformations in modem times. Religion, traditionally understood as the organisation of heteronomy, has suffered the effects of the modern transition toward autonomy. At the end of this transition, we see a radical change of the status and meaning of religion, now understood more and more as a private experience with no hold on politics, yet gaining, nevertheless, new cultural influence in the public realm. Ethics, in similar transition, plays a role on two levels: in morality and in the growing affectation of existential questions to the individual.

M. GAUCHET, Religion, Ethics and Democracy, RThPh 2001, IV, p. 455-464.
Looking successively at the notions of religion, ethics and democracy, the author pays particular attention to profound transformations in modem times. Religion, traditionally understood as the organisation of heteronomy, has suffered the effects of the modern transition toward autonomy. At the end of this transition, we see a radical change of the status and meaning of religion, now understood more and more as a private experience with no hold on politics, yet gaining, nevertheless, new cultural influence in the public realm. Ethics, in similar transition, plays a role on two levels: in morality and in the growing affectation of existential questions to the individual.

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RThPh 2001/III, p. 421-432.

Philippe VENDRlX
La musique et la bible aux XVIIe et XVIIIe siêcles : le cas de la passion selon Saint Jean de Jean-Sébastien Bach
Résumé
La Passion selon saint Jean de Johann Sebastian Bach a suscité des commentaires divers. Certains sont même allés jusqu’à reprocher à l’œuvre son caractère antisémite. Une analyse de la partition montre qu’en réalité ces reproches ne sont pas musicalement fondés (gestion des chœurs). Ce n’estprécisément que par une analyse musicale détaillée que l’on peut parvenir à percevoir les intentions du compositeur. Celles-ci se manifestent de façon spectaculaire et en relation étroite avec certaines caractéristiques de l’évangile de Jean par le recours à une série d’allusions stylistiques et de similitudes mélodiques.

P. VENDRIX, Music and the Bible in the 17th and 18th c. : as a case study, Bach’s Passion of Saint John, RThPh 2001/III, p. 421-432.
The Passion of Saint John by Johann Sebastian Bach has been the subject of diverse commentaries. Some have gone so far as to reproach the work for its anti-semitic character. An analysis of the score shows that in fact these reproaches are not musically correct (based, for instance, on the arrangement of the chorals). It is only, precisely, by analysing the music in detail that one can perceive the intentions of the composer. These show up spectacularly and in close relationship to certain characteristics of the
Gospel of John, through a series of stylistic allusions and melodic similarities.

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RThPh 2001/III, p. 389-399.

André CORBOZ
De l’iconographie du temple de Salomon (IIIe-XVIII siècles) à l’architecture des églises

Résumé
Pour décrypter les rapports entre les divers Temples bâtis (ceux de Salomon, de Zorobabel et d’Hérode) ou décrits (celui d’Ezéchiel et la Jérusalem céleste de l’Apocalypse) plus le Dôme du Rocher et le Saint-Sépulcre, d’une part, et les églises construites depuis les débuts du christianisme, d’autre part, il faut passer par l’iconographie des dits Temples et sanctuaires et son évolution au cours des siècles. L’analyse distingue cinq phases principales auxquelles s’ajoutent plusieurs séries non homogènes. En outre, le rapport d’une église au Temple se résume souvent à quelques traits distinctifs seulement (proportions, colonnes jumelées, bulbe coiffant l’édifice, mobilier liturgique).

A. CORBOZ, From the iconography of Solomon’s Temple (3rd-18th c.) to church architecture, RThPh 2001/III, p. 389-399.
To decipher the interdependence between, on the one hand, the different Temples either constructed (those of Solomon, Zorobabel and Herod) or described (those of Ezekiel and the heavenly Jerusalem of the Apocalypse), as well as the Dome of the Rock and the Holy Sepulchre, and on the other hand, churches constructed since the beginning of Christianity, we have to look at the iconography of these Temples and sanctuaries and its evolution through the centuries. Five main stages are distinguished to which we can add several varying progressions of iconography. Moreover, the relationship between a church and the Temple is often reduced to a few distinctive traits (proportion, twin columns, onion-shaped dome above the structure, liturgical furnishings).

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RThPh 2001/III, p. 401-420.

Claude-Gilbert DUBOIS
David et Saül : L’onction et le droit dans la tragédie biblique française (1563-1601)

Résumé
L’importance de l ‘histoire de David au XVIe siècle tient au personnage historique et à sa valeur symbolique, à la fois comme préfiguration du Christ et modèle de conduite politique et morale au milieu des troubles de l’actualité. L’étude porte sur la théâtralisation du personnage à travers quelques exemples choisis. Le corpus comprend les Tragedies sainctes (David combattant. David triomphant. David fugitif) de Louis Des Masures (1563-1566), Saül le furieux et La Famine ou les Gabeonites de Jean de La Taille (1572-1573) et en contrepoint, David ou l’adultère d’Antoine de Montchrestien (publié en 1601, 1604, 1627).

C.-G. DUBOIS, David and Saul : anointing and rights in French Biblical tragedy, RThPh 2001/III, p. 401-420.
In the 16th c., the importance of the story of David is due to the historical personality and to his symbolic value, both as a prefigure of Christ and a model for political and moral behaviour in the context of contemporary problems. This article studies the personality of David in several particular examples of theatre. These are the Tragedies sainctes (David combattant, David Triomphant, David fugitif) written by Louis Des Masures (1563-66) ; Saül le furieux and La Famine or Les Gabeonitess, by Jean de La
Taille (1572-73), and as a counterpart, David or the adultery by Antoine de Montchrestien (published in 1601, 1604, 1627).

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RThPh 2001/III, p. 377-387.

Maurice-Ruben HAYOUN
Spinoza et Moïse Mendelssohn face à Maïmonide : Deux réactions contrastées au modèle maïmonidien

Résumé
Dans son Guide des égarés, Maïmonide ne s’occupe pas exclusivement de métaphysique,. il procède aussi, dans la troisième partie de cet ouvrage, à une motivation psychologique et surtout politique des préceptes bibliques. Les penseurs juifs qui lui succédèrent ont dû soit reprendre ses développements
à leur compte, soit les réfuter en totalité ou en partie. Spinoza porte sur son illustre devancier un regard généralement critique, le modèle maïmonidien lui paraissant dépassé. Moïse Mendelssohn est plus nuancé dans sa critique,. il accepte le postulat maïmonidien selon lequel la révélation a un aspect purement législatif mais estime que cette législation peut s’interpréter sur le plan politique.

M.-R. HAYOUN, Spinoza and Moses Mendelssohn face to face with Maimonides : two contrasting reactions to the Maimonidean model, RThPh 2001/III, p. 377-387.
In his Guide of the Perplexed, Maimonides does not deal exclusively with metaphysics; in the third part of this work he deals also with the psychological and especially political motivation of biblical precepts. The Jewish thinkers who succeeded him had either to take up for themselves his developments or to refute them whether entirely or partly. Spinoza was generally critical of his precursor, the Maimonidean
model seeming outdated. Moses Mendelssohn was more qualified in his criticism; he accepted the Maimonidean postulate that revelation has a purely legislative aspect, but considered that this legislation can be interpreted politically.

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RThPh 2001/III, p. 343-355.

Robert M. KINGDON
La discipline ecclésiastique vue de Zurich et Genève au temps de la Réformation: L’usage de Matthieu 18,15-17 par les réformateurs

Résumé
Dans cet article nous examinons les sens au XVIe siècle des versets de Matthieu 18,15-17 qui ont toujours servi de base pour la discipline ecclésiastique. Nous trouvons que selon les catholiques la phrase “dis-le à l’église” au verset 17, veut dire “dis-le à l’évêque” selon Zwingli et les Zurichois la
phrase veut dire «dis-le au gouvernement chrétien», selon Calvin et les Genevois la phrase veut dire “dis-le au consistoire ecclésiastique”. De ces interprétations différentes découlent des différences importantes dans l’exercice de la discipline chrétienne de ces communautés.

R. M. KINGDON, Ecclesiastic discipline as seen from Zurich and Geneva at the time of the Reformation: the use of Matthew 18:15-17 by the Reformers, RThPh 2001/III, p. 343-355.
In this article we examine the meaning in the 16th c. of the verses of Matthew 18:15-17 which have always served as a basis for church discipline. We find that according to Catholics, the phrase “tell it to the church” in verse 17 meant “tell it to the bishop “; according to Zwingli and the people ofZurich, the phrase meant “tell it to the Christian government “; for Calvin and the people of Geneva, it meant “tell it to the church consistory “. From these different interpretations come the important differences in the exercise of Christian discipline in each of these communities.

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RThPh 2001/III, p. 257-276.

Christian LAZZERI
“L’unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie”
Politique religieuse de Bossuet et de Pascal

Résumé
Cet article se propose de confronter certains aspects de la pensée politique de Bossuet et de Pascal en relation avec leur conception de la religion. On examine dans un premier temps leur mode de lecture de l’Écriture ainsi que les thèses spécifiques qu’ils tirent des textes sacrés concernant aussi bien la finalité du pouvoir politique, que son extension et son mode de gouvernement. Corrélativement, on se demande quelle est la nature des droits des sujets et jusqu’où s’étend leur possibilité de désobéir au pouvoir politique. Erifin, on montre, sur le cas particulier du traitement de la question protestante, comment les deux auteurs mettent en œuvre leurs conceptions respectives des rapports entre pouvoir politique et pouvoir ecclésial.

C. LAZZERI, “Unity which does not depend on plurality is tyranny”. The religious politics of Bossuet and of Pascal, RThPh 2001/III, p. 257-276.
This article confronts certain aspects of the politics of Bossuet and of Pascal in relation to their concept of religion. First we examine how they read scripture and the specific theories they draw from sacred texts on the purpose of political power as well as its extension and its mode of governing. In correlation to this, one asks what is the nature of the rights of subjects and how wide is their leeway to disobey political power. Finally, taking the case of the treatment of Protestantism, we show how each of these
two authors uses his concept of the relation between political and ecclesial power.

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RThPh 2001/III, p. 325-342.

Christa HABRICH
La médecine entre Hippocrate et Jésuschrist: Médecins et patients piétistes

Résumé
Le progrès de la science et les transformations de la médecine du XVIe siècle qui en étaient les conséquences, réduisirent la place des concepts traditionnels de la théorie des quatre humeurs en faveur de l’observation scientifique du corps et de ses fonctions. On tenta de sortir de la crise qui en résulta au XV/Ie siècle en établissant de nouvelles théories. D’une part, à travers une hypothèse mécaniste, d’autre part à travers la théorie psychodynamique de George Ernst Stahl. Celle-ci s’associa avec le piétisme, répandu surtout dans les contrées germanophones luthériennes depuis 1680. Elle mena vers une médecine réformée établissant une harmonie entre les principes hippocratiques et l’idée du Christ en tant que médecin.

C. HABRICH, Medicine between Hippocras and Jesus-Christ: physicians and Pietistic patients, RThPh 2001/III, p. 325-342.
The progress of science and therefore the transformations in medicine in the 16th c. reduced the place for traditional concepts of the four humours theory in favour of scientific observation of the body and its functions. To get out of the crisis that this caused in the 17th c, new theories were established; on the one hand, by a mechanistic hypothesis, and on the other, in the psychodynamic theory of George Ernst Stahl. The latter was linked to pietism, which had spread extensively in the Germanic Lutheran
regions since 1680. It led to a reform in medicine establishing harmony between Hippocratic principles and the idea of Christ as physician.

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RThPh 2001/III, p. 303-323.

Jean-Marc HEUBERGER
Les commentaires bibliques de Madame Guyon dans la bible de Berleburg

Résumé
Alors que la plus grande partie de la recherche piétiste affirmait jusqu’ici que le commentaire biblique de Mme. Guyon avait été repris de manière pratiquement intégrale, sans sélection ou transformation, dans la Bible de Berleburg, la comparaison systématique des deux textes permet de montrer que les auteurs piétistes ont certes largement utilisé la source française, mais en l’adaptant à leur propre herméneutique et à leurs idées. Le commentaire biblique que l’on nomme de façon simplifiée la Bible de Berleburg crée en
effet une synthèse entre la mystique de l’abandon de Mme. Guyon, la critique spiritualiste de l’Église et l’attente eschatologique. En ce sens, ce document, que l’on considère comme l’un des plus importants de l’histoire du piétisme, témoigne très bien de la réception particulière dont fit l’objet l’oeuvre de Mme. Guyon à cette époque dans les milieux germaniques.

J.-M. HEUBERGER, The biblical commentaries of Madame Guyon in the Berleburg Bible, RThPh 2001/III, p. 303-323.
Although pietistic research up until now has usually affirmed that the biblical commentary of Madame Guyon was put into the Berleburg Bible in its entirety, with no selection or transformation, a systematic comparison of the two texts shows, certainly, that the pietistic authors largely used the French source, but also that they adapted it to their own hermeneutic and ideas. The biblical commentary which, in simplified form, bears the name of the Berleburg Bible creates in effect a synthesis between the mystic surrender of Madame Guyon, spiritualistic criticism of the Church and eschatological waiting. In this sense, this document, considered to be one of the most important in the history of pietism, is a good witness of the particular way the work of Madame Guyon was received at this time in German circles.

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RThPh 2001/III, p. 267-286.

François DUCHESNEAU
Leibniz: La bible et l’ordre des vérités

Résumé
Leibniz soutient l’idée d’une conformité intégrale de la foi avec la raison consistant en un rapport d’expression réciproque des deux ordres de connaissance. Même si, pour le croyant, l’examen des raisons de la foi peut ne pas apparaître indispensable, “compte tenu de la nature même de la foi”, une analyse de ces raisons s’avère nécessaire. Cette analyse tient au rapport des vérités de foi énoncées dans la Bible à l’ordre des vérités contingentes, par contraste avec celui des vérités nécessaires, et suppose l’application aux
vérités de foi et aux contenus bibliques d’une nouvelle logique ordonnée à l’évaluation des “motifs de crédibilité”.

F. DUCHESNEAU, Leibniz : the Bible and the nature of truth, RThPh 2001/III, p. 267-286.
Leibniz supports the theory of complete conformity of faith with reason, consisting of reciprocal expression between the two categories of knowledge. Even if the examination of the reasons for faith may not seem indispensable to the believer, faith being what it is, an analysis of these reasons does seem necessary. This analysis stems from the relation between the truths offaith stated in the Bible and the category of contingent truth as contrasted with necessary truth, and assumes one will apply to the truths of faith and biblical content a new logic subjected to the evaluation ofthe purposes of credibility.

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RThPh 2001/III, p. 287-302.

Jacques LE BRUN
Présupposés théorique de la lecture mystique de la bible
L’exemple de La Sainte Bible de Mme. Guyon

Résumé
La lecture mystique de la Bible, effet d’une inspiration intérieure, se présente comme exempte des préjugés du temps, de la critique et de l’histoire. Defait, Mme. Guyon ne s’attache dans ses commentaires à aucun des problèmes soulevés par les critiques, et en particulier par Spinoza. Cependant sa lecture révèle une vision du monde (émanation, retour à l’origine, hiérarchie, etc.), des principes herméneutiques et même une esthétique.

J. LE BRUN, Theoretical presuppositions of a mystical reading of the Bible, RThPh 2001/III, p. 287-302.
A mystical reading of the Bible, through interior inspiration, would seem exempt from prejudices of time, criticism or history. In fact, in her commentaries, Madame Guyon is not interested in any of the problems posed by criticism, particularly by Spinoza. However, her reading reveals a certain vision of the world (procession, return to origins, hierarchy, etc.), certain hermeneutical principles and even a certain
aesthetic.

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RThPh 2001/III, p. 247-265.

Jeffrey BARNOUW
Bible, science et souverainté chez Bacon et Hobbes

Résumé
Bacon et Hobbes utilisent la Bible avec une force imaginative magistrale, sous laforme de motifs, d’images et d’idées complexes qui, loin d’être accessoires et décoratifs, sont significatifs au niveau structurel de leurs idées fondamentales. Tous deux puisent dans la Bible pour étayer leurs programmes respectifs concernant la science dans ses rapports aux questions de foi et à la religion institutionnelle. En plus, une interprétation baconienne de la Chute ou l’erreur d’Adam donne l’essor à l’idée-clef de Hobbes sur le fondement de la souveraineté.

J. BARNOUW, Bible, science and sovereignty in Bacon and Hobbes, RThPh 2001/III, p. 247-265.
Bacon and Hobbes used the Bible with great imaginative strength, drawing patterns, images and complex thoughts which, far from being accessorial and decorative, are important to the very structure of their fundamental ideas. Both used the Bible to lay out their respective programs of science in its relation to faith and to institutionalised religion. Moreover, Bacon’s interpretation of the Fall and of the mistake of Adam led
to Hobbes’ key notion of sovereignty.

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RThPh 2001/III, p. 211-225.

Jean-Robert ARMOGATHE
Les deux livres

Résumé
Le thème des deux livres, celui des Ecritures et celui de la Nature, parcourt tout le XVIIe siècle, mais cet itinéraire est croisé: montée de l’interprétation littérale de la Bible d’une part et affirmation de la vérification du discours scientifique de l’autre conduisent à des physiques bibliques qui innovent par rapport à la tradition scolastique. Des schémas de pensée scientifique émergent à partir de concepts bibliques. Au début du XVIIIe siècle, les Boyle Lectures mettent en place l’arsenal théorique de l’apologétique chrétienne, qui
fonctionnera contre les Lumières. Mais le rôle de ces “traceurs culturels” est remis en question par un troisième front, celui des superstitions et du discours mythique ou symbolique. La complexité de la pensée émerge de ces conflits croisés.

l-R. ARMOGATHE, The two books, RThPh 2001/III, p. 211-225.
The two book theme, that of Scripture and that of Nature (or of creatures), is found throughout the 17th c., but its path alternates: the emergence of literal interpretation of the Bible on the one side and the verification of scientific discourse on the other led to biblical physics which were innovative when compared to scholastic tradition. Patterns of scientific thought came out of biblical concepts. In the beginning of the 18th c., the Boyle Lectures set up the theoretical arsenal of Christian apologetics against the Enlightenment. But the role of these “cultural tracers” was challenged by a third front: superstition and mythical or symbolic discourse. These alternating conflicts produce complex thought.

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RThPh 2004/IV, p. 399-415.

Pierre GISEL
Lire Michel de Certeau en théologicien

Résumé
Lire Certeau en théologien, c’est consonner avec une articulation à l’histoire, vue dans ses discontinuités et comme lieu de productions, imaginaires et autres, et ainsi scène d’un désir et d’une exposition maximale au monde. On renvoie alors à un excès, jamais dit directement, mais en travail au cœur
du présent et de l’immanence. Lire Certeau en théologien, c’est assumer ainsi une modernité signant la fin du rapport à un cosmos différencié et signifiant, pour entrer dans une passion de l’Unique, absent. Au creux d’une perte, d’un exil, d’une épreuve, qu’attestent les mystiques, eux qui disent un corps à corps avec le monde, une altération originaire, un avènement singulier. Et qui les écrivent. Or, la théologie est justement articulée à de la mémoire, textuelle et fictive, et aux jeux institutionnels à laquelle cette mémoire émarge, fût-ce sur mode d’écart ou de dissidence; et son travail passe par l’anthropologie d’un croire, de dimension radicalement humaine et irréductible en l’humain. S’y dit une subversion, non un dépassement, du monde.

P. GISEL, Reading Michel de Certeau as a theologian, RThPh 2004/IV, p. 399-415.
To read Certeau from the point of view of a theologian is to dovetail with history, seen in its discontinuities and as a place of creations of the mind, imaginary or not, and thus of desire as well as of maximum exposure to the world. An excess is referred to which, never directly stated, works nevertheless at the heart of presence and immanence. To read Certeau as a theologian is to assume a modern hallmarking of the end of connectedness to a differentiated and meaningful cosmos and to become passionate about a Uniqueness, which is absent. In the hollowness of loss, exile, trials, the mystics testify to a hand-to-hand battle with the world, to an original alteration, to a singular approach. And they put it to writing. Theology, however, is linked precisely to memory, textual and fictive, and to the institutional set-up upon which this memory depends, even in the form of divergence or dissidence; and its work passes through an anthropology of belief, of radically human dimensions yet irreducible to the human. One might say a subversion rather than a surpassing of the world.

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RThPh 2004/IV, p. 387-400.

Christian INDERMUHLE et Thierry LAUS
En finir avec le désir
Michel de Certeau et l’hétérologie des voix

Résumé
Depuis plusieurs décennies la philosophie, comme la théologie, a trouvé dans la thématique du désir une tentative paradoxale de sauvegarder une pensée de la totalité. À partir de Michel de Certeau, une pensée du multiple pur qui puisse entendre le bris des voix mondaines est possible. Par un parcours en trois temps, les auteurs tentent d’exposer comment, au niveau des discursivités, l’histoire, opération du deuil et de l’écart, se défie de l’emmurement opéré par la philosophie; puis, au niveau des singularités, comment la mystique, par l’exemple d’un poème de Jean de la Croix, ne s’exacerbe pas d’un désir porté vers l’absent, mais dévoile la présence sans rassemblement des multiplicités; enfin, pourquoi cet effondrement de l’un ne verse pas, au niveau ontologique, dans une tautologie de l’être. Par homologie, il faut entendre un discours et une volonté qui visent à rassembler autour de l’Identité ou du Même. Par hétérologie, un discours et une volonté qui visent à la Différence ou à l’Autre. Mais, c’est le point, un tel discours d’altérité peut à son tour être altéré, inquiété comme logos d’un écart qui vient dire ou tracer l’écart, dans le logos même.

C. INDERMUHLE and T. LAUS, To have done with desire. Michel de Certeau and the heterology ofvoices, RThPh 2004/IV, p. 387-400.

For several decades, philosophy, like theology, has found in the thematic of desire a paradoxical attempt to preserve some notion of totality. After Michel de Certeau, it has become possible to think of the purely multiple being capable of hearing the breaking down of earthly voices. In three points, the authors try to show, on the discursive level, how history, a process of bereavement and divergence, distrusts philosophy’s walling up of things; on the level of peculiarities, how mysticism, in an example of a poem by Jean de la Croix, does not exacerbate itself with a desire for the absent, but reveals the presence of un-gathered multiplicities; and finally, on the ontological level, why this collapse of oneness does not end in a tautology of being. By homology, one must understand a discourse on and a will to gather around Identity and Sameness. By heterology, a discourse on and a will for Difference and Otherness. However, and this is the point, such a discourse on alterity can also, in turn, be alterated, disturbed as logos by a divergence which comes and says or marks out the divergence within the logos itself.

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RThPh 2004/IV, p. 367-386.

Guy PETITDEMANGE
La philsophie et Michel de Certeau
La cause perdue et la dette

Résumé
Michel de Certeau, historien de la mystique lue à partir du présent, n’a cessé d’accompagner sa recherche d’une réflexion sur la méthode dans laquelle les sciences humaines occupent une plaee capitale. Quelle est dans ce dispositif la place de la philosophie? Peu mentionnée ou cible de la critique, la philosophie semble pourtant présente à travers toute l’œuvre à titre d’instance radicale, nullement secondaire. Un texte sur Merleau-Ponty l’atteste clairement. Quelle est donc chez Certeau la question adressée au discours philosophique et comment, et pourquoi, délibérément mais tacitement, inscrit-il son travail d’historien dans la tradition philosophique? La présente étude ne propose que des linéaments de réponse.

G. PETITDEMANGE, The philosophy of Michel de Certeau. The lost cause and debt, RThPh 2004/IV, p. 367-386.
Michel de Certeau, historian of mysticism as read from the viewpoint of the present, did not cease to accompany his research with a reflection on method, in which human sciences occupy a central position. In this disposition, what is the place of philosophy? Little mentioned and rarely the object of criticism in all his work, philosophy seems nevertheless to be always present in a radical and certainly not secondary way. A text on Merleau-Ponty shows this clearly. So what is Certeau’s question for philosophical discourse, and why, deliberately yet tacitly, does he situate his work as a historian in the tradition of philosophy? This study only proposes an outline of an answer.

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RThPh 2004/IV, p. 347-366.

Isabelle ULLERN-WEITE
En braconnant philosophiquement chez Certeau
Des usages de “l’historicité contemporaine” à la réinvention ordinaire de la civilité

Résumé
Lire Certeau dans une intention philosophique n’est légitime qu’à partir de la configuration propre et de la réception historiographique dominante de son oeuvre, donc en considérant le contemporain comme contexte et paradigme déterminants. Cela peut consister à prolonger certaines de ses ouvertures
“poétiques et politiques”, étayées sur “le sens commun”, “l’homme ordinaire”, et le langage courant. Sa libre exploration formelle et épistémologique du “quotidien” invite à une reconsidération du lien poétique moderne entre l’espace public (l’institution) et l’espace privé (l’étrangeté banale). On y rencontre quelques thématisations radicales pouvant nourrir une réarticulation fondamentale du politique et de la subjectivité, au registre spécifique de la civilité.

I. ULLERN-WElTE, Philosophical poaching in Certeau. From the uses of “contemporary historicity” to the ordinary reinvention of civility, RThPh 2004/IV, p. 347-366.
To read Certeau with philosophical intention is only legitimate on the basis of the unique configuration and the dominant historiographic reception of his work, considering the present-day, that is, as the decisive context and paradigm. That may mean prolonging some of his “poetic and political” overtures, backed up by “common sense”, “the ordinary man” and common language. His freely formal and epistemological exploration of “the day to day” invites us to reconsider the modern poetic link between public space (the institution) and private space (commonplace oddness). That brings us to some radical thematics capable of nurturing a fundamental reformulation of the political and the subjective, in the specific domain of civility.

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RThPh 2004/IV, p. 333-346.

Jean-Claude MONOD
Inversion du pensable et transits de croyance
La trajectoire de sécularisation et ses écarts selon Michel de Certeau

Résumé
Au concept classique de «sécularisation», Certeau a préféré une série de notions qu’il a forgées pour rendre compte de processus historiques complexes: inversion du pensable, désorbitage de la vie religieuse, transits et épuisement du croire. Si ces concepts recouvrent des “trajectoires” qui ont été intégrées à certaines théories de la sécularisation (auxquelles on tente ici de confronter les
analyses de Certeau), ils ouvrent aussi le regard sur des “écarts” historiques, sur des phénomènes irréductibles à un parcours simple et linéaire. Et si une certaine “sécularisation du pensable” définit irréversiblement notre situation herméneutique, cela n’empêche pas Certeau d’examiner comment, dans cette donne nouvelle, le christianisme demeure pensable.

J.-C. MONOD, The trajectory of secularisation and its divergences according to Michel de Certeau. Inversion of the thinkable and transits of belief, RThPh 2004/IV, p. 333-346.
Rather than using the classical concept of “secularisation”, Certeau made up a series of notions to take into account complex historical processes: the inversion of the thinkable, the removing from its orbit of religious life, transits and exhaustion of belief lf these concepts cover “trajectories” which have been integrated into certain theories of secularisation (with which we try here to confront Certeau’s analyses), they also open up a vista of these historical “divergences”, of phenomena which are irreducible to a simple, linear course. And if a certain “secularisation of the thinkable” irreversibly
defines our hermeneutical situation, that does not stop Certeau from examining how, in this new deal, Christianity remains thinkable.

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RThPh 2004/IV, p. 319-332.

Henri LAUX
Michel de Certeau lecteur de Surin
Les enjeux d’une interprétation

Résumé
Le rapport à Surin, mystique jésuite du XV1I’ siècle, est central chez Michel de Certeau: par un impressionnant travail d’édition, Certeau a d’abord rendu son oeuvre à nouveau accessible,. à son contact, il a élaboré une théorie de la mystique, mais il s’est aussi de plus en plus intéressé à la seule marginalité d’une partie de son existence. Dès lors, sa lecture est devenue ambivalente, et le texte premier a changé de nature: il a inspiré en lui un langage et des attitudes pour explorer les nouveaux espaces de l’histoire contemporaine. Son interprétation est devenue emblématique de son propre itinéraire.

H. LAUX, Michel de Certeau reading Surin. The implications of interpretation, RThPh 2004/IV, p. 319-332.
His connection to Surin, a Jesuit mystic of the 17th c., is central in the work of Michel de Certeau: by an impressive work of editing, Certeau first of all made the work of Surin once again accessible. Through this contact, he elaborated a theory of mysticism, but his interest also became more and more concentrated on the marginality of a part of Surin’s existence. From then on, his reading became ambivalent, and his first reading changed in nature: Surin inspired in Certeau a language and attitudes for exploring new spaces in contemporary history. His interpretation became emblematic of his own itinerary.

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RThPh 2004/IV, p. 309-318.

Jacques LE BRUN
La mystique et ses histoires

Résumé
À l’écart de la tradition psychiatrique et de la tradition «océanique» d’interprétation de la mystique, le travail de Michel de Certeau se situe dans la ligne de ceux qui abordent la mystique comme une “écriture” à analyser selon toute la rigueur littéraire et philosophique (H. Delacroix, J. Baruzi, J. Orcibal). Mais Michel de Certeau aborde de front à propos de la mystique la question du rapport entre histoire et écriture, ses deux grands livres, L’écriture de l’histoire et La fable mystique, ne pouvant se comprendre l’un sans l’autre.

J. LE BRUN, Mysticism and histories made of it, RThPh 2004/IV, p. 309-318.
Far from the psychiatric and the “oceanic” traditions of the interpretation of mysticism, the work of Michel de Certeau falls in the line of those who approach mysticism as “writing” to be analysed with literary and philosophical rigour (H. Delacroix, J. Baruzi, J. Orcibal). But in mysticism, Michel de Certeau approaches head on the question of the connection between history and writing, his two major works, L’Écriture de l’histoire and La Fable mystique, being impossible to understand one without the other.

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RThPh 2004/III, p. 257-267.

ÉTUDE CRITIQUE

Jacques SCHOUWEY
Ontologie fondamentale, herméneutique philosophique et déconstruction: un impossible dialog?

Résumé
L’article a pour but de montrer que l’analyse proposée par Jankovic des projets de Gadamer et Derrida de dépassement et de déconstruction du Dasein heideggérien est un essai méritoire de comparaison, mais qui simplifie par trop les positions propres des penseurs abordés, sans toujours bien mettre en
évidence le lien spécifique de chaque penseur avec Heidegger. C’est la question de la présentation par l’A. de la déconstruction de la notion de sens et de la vérité chez ces penseurs qui guidera notre analyse et notre discussion du projet du livre.

J. SCHOUWEY, Between fundamental ontology, philosophic hermeneutics and deconstruction: is dialog possible?, RThPh 2004/III, p. 257-267.
This article seeks to show that the analysis proposed by Jankovic of the projects of Gadamer and Derrida to go beyond and deconstruct Heidegger’s Dasein is a worthy effort of comparison, but it over-simplifies the positions of each of these thinkers, without always showing their specific link to Heidegger’s ideas. A questioning of Jankovic’ presentation of the deconstruction of the notions of meaning and truth in these thinkers will guide our analysis and the discussion of the project of their book.

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RThPh 2004/III, p. 247-255.

ÉTUDE CRITIQUE
Denis MüLLER
Invention de l’autonomie et éthique inventive
Questions à J.-B. Schneewind

Résumé
L’auteur analyse l’ouvrage de J.-B. Schneewind récemment traduit en français. Après en avoir présenté les lignes principales, il lui adresse trois questions découlant de la perspective historique adoptée dans le livre: Qu’en est-il de l’historicité de la philosophie morale? Comment tenir compte de la conflictualité des théories morales entre elles ? Quelle place faut-il accorder à l’idée de Dieu ou d’une forme de transcendance dans l’éthique contemporaine?

D. MÜLLER, The invention of autonomy and inventive ethics. Questions for J.B. Sehneewind, RThPh 2004/III, p. 247-255.
The author analyses the recently translated work by Schneewind into French. After a brief, overall presentation, he puts forth three questions which result from the historical perspectives Schneewind takes in his book: - what of the historicity of moral philosophy? - how can we take account of the conflicts between moral theories? - what place must be given to the idea of God or to a form of transcendence in contemporary ethics?

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RThPh 2004/III, p. 231-246.

Martin LEINER
Le Droit de résistance dans l’état démocratique moderne - l’exemple de l’Allemagne.

Résumé
Ce texte est consacré à la question du droit de résistance dans la Constitution d’un État démocratique moderne. Il aborde cette question à partir de l’exemple de l’Allemagne, en présentant les débats actuels sur la fonction du droit de résistance dans l’article 20 du Grundgesetz, les procédures juridiques en lien avec les tirs à lafrontière entre la République démocratique allemande et la République fédérale d’Allemagne, et les discussions autour de l’asile accordé à des réfugiés par des Eglises allemandes. L’article s’attache à montrer que la situation légale n’est ni tout à fait cohérente, ni pleinement satisfaisante pour les Églises.

Résumé
M. LEINER, The right of resistance in the modem democratic state. Example of Germany, RThPh 2004/III, p. 231-246.
This article treats the question of the right to resist in the constitution of a modern democratic state. Taking Germany as an example, it describes the current debates on the function of the right of resistance in Article 20 of the Grundgesetz, the law procedures concerning shooting at the border between the Democratic Republic of Germany and the Federal Republic of Germany, and the discussions around the asylum given to refugees by the German churches. We want to show that the legal situation
is neither coherent nor fully acceptable for the churches.

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RThPh 2004/III, p. 209-230.

Isabelle BOUVIGNIES
Le droit de résistance et le fondement moral de la politique

Résumé
À la différence du tyrannicide, le droit de résistance suppose un ordre humain: tel est le fondement moral de la politique. L’interprétation calvinienne de Rom. XIII, 1-5 a créé un régime de l’obligation qui sert de fondement au devoir de désobéissance des monarchomaques huguenots, héritiers de Calvin. La
solution constitutionnaliste qui s ‘y profile n’a plus grand chose à voir avec l’héritage constitutionnaliste médiéval: ce sont les consciences individuelles qui peuvent opposer au pouvoir leur propre limite. À plus long terme, une pensée de l’autonomie individuelle (Rousseau) peut servir de fondement à la
citoyenneté moderne.

I. BOUVIGNIES, The right of resistance and the moral foundation of polities, RThPh 2004/III, p. 209-230.
In contrast to tyrannicide, the right of resistance presupposes a human order: this is the moral foundation of politics. The Calvinist interpretation of Romans 13,1-5 created a rule of responsibility, which served as a basis for the duty of disobedience of Calvin’s inheritors, the monarchomach Huguenots. The emerging constitutionalist solution had little to do with what was left of mediaeval constitutionalism: individual conscience was to set its own limits to power. In the long term, the concept of individual autonomy (Rousseau) would serve as a basis for modern citizenship.

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RThPh 2004/ll, p. 149-165.

Adèle THORENS
Peter Singer et la libération animale
Une approche critique autour de la notion de spécisme

Résumé
Les réflexions que le philosophe Peter Singer a consacrées aux animaux ont souvent été critiquées avec virulence, notamment par des auteurs francophones. Pourtant, Singer n’est pas le défenseur extrémiste des droits des animaux que l’on décrit parfois. Sa pensée mérite une analyse critique, mais sereine. C’est ce que nous tentons de faire dans cet article, en nous penchant sur la notion de spécisme, un mécanisme dénoncé par l’auteur. Nous confrontons notamment sa conception du spécisme à certaines données de l’éthologie, ainsi qu’aux travaux de philosophes continentaux comme Husserl, Derrida,
Adorno ou Horkheimer.

A. Thorens, Peter Singer and animal freedom: a critical approach based on the idea of specism, RThPh 2004/ll, p. 149-165.
The philosopher, Peter Singer’s reflections on animals have often been virulently criticized, notably by French writers. However, as a defender of animal rights, Singer is not the extremist that he is sometimes taken for. His ideas deserve a critical yet serene analysis. Such is the aim of this article, while it denounces the notion of specism. Singer’s conception of specism is confronted with certain ethological data, as well as with works of such European philosophers as Husserl, Derrida, Adorno and Horkheimer.

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RThPh 2004/II, p. 131-148.

Catherine KÖNIG-PRALONG
Le sacrifice du principe de plénitude à la fin du XIIIe siècle
Le cas d’Henri de Gand

Résumé
Du XIIe au XIIIe siècle, la philosophie aristotélicienne est transmise à l’Occident latin par les récentes et nombreuses traductions de l’arabe et du grec. Le “nécessitarisme” et le “naturalisme” aristotéliciens naissent alors, au moment où les penseurs chrétiens prennent conscience des présupposés implicites à leur propre culture scientifique. De nouvelles conceptions philosophiques du possible et la reconnaissance théologique de la contingence entraînent un rejet de la conception du monde décrite par Arthur O. Lovejoy comme plénitude.

C. König-Pralong, The principle of plenitude sacrificed at the end of the 13th century. The case of Henry of Gand, RThPh 2004/II, p. 131-148.
From the 12th to the 13 th centuries, the philosophy of Aristotle was brought to the Latin West through recent and numerous translations from the Arabic and the Greek. Aristotelian “necessitarianism” and “naturalism” were thus born at the moment when Christian thinkers become conscious of the implicit presuppositions of their own scientific culture. New philosophic ideas of possibility and the theological recognition of contingency led to a rejection of the concept of the world described by Arthur O. Lovejoy as plenitude.

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RThPh 2004/ll, p. 113-129.

Kristell TREGO
De la “la loi de Dieu” à la “volonté de Dieu”: l’être et son devoir chez Anselme de Cantorbéry

Résumé
Dans ses traités, Anselme préfère à l’expression de “loi de Dieu” celle de “volonté de Dieu”. Un tel remplacement permet de penser un devoir qui peut varier selon les différents êtres sur lesquels il porte. Cette individuation selon les créatures est possible parce que les exigences générales ne portent plus
tant sur l’être lui-même que sur ses facultés. L’enjeu est alors rien moins que de parvenir à penser la liberté de l’homme.

K. Trego, From the “Law of God” to the “Will of God” : One’s being and one’s duty according to Anselm of Canterbury,RThPh 2004/ll, p. 113-129.
In his treatises, Anselm prefers the expression “Will of God” rather than “Law of God”. This allows for duty which can thus vary according to different beings. The individualization of duty amongst creatures is possible because general demands are,not placed upon the creature as such but on the faculties of that Being. This leads to nothing less than the liberty of humankind.

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RThPh 2004/I, p. 57-66.

Jens HÄSELER
Succès et refus des positions de Crousaz dans le refuge huguenot

Résumé
La postérité immédiate de Jean-Pierre de Crousaz, à l’exemple de l’Encyclopédie d’Yverdon, porte un jugement sévère sur ses ouvrages, lui reprochant sa prolixité, un manque de précision et les nombreuses répétitions. L’analyse des comptes rendus publiés dans l’espace de vingt années dans quatre revues savantes francophones proches du Refuge huguenot, des Nouvelles de la République des lettres jusqu’ à la Bibliothèque germanique, permet d’avancer deux hypothèses: d’une part, les contemporains protestants ont suivi avec beaucoup d’intérêt tous les projets scientifiques de Crousaz, dont on trouve fidèlement l’annonce dans les périodiques. D’autre part, les journalistes remarquent
très tôt la tendance polémique qui s’introduit dans le style de son argumentation, notamment à partir des années 1720. L’Examen du pyrrhonisme ancien et moderne apparaît comme l’aboutissement et de sa critique acharnée du scepticisme et de son style d’argumentation apologétique, et entraîne ainsi le déclin de sa réputation.

J. HASELER, Success and decline of Crousaz in the milieu of Huguenot refugees, RThPh 2004/I, p. 57-66.
The Immediate posterity of Crousaz, as illustrated by the Encyclopédie d’Yverdon, sharply criticises his works for their prolixity, repetitions and lack of precision. The analysis of the reviews of Crousaz’ works in four French-language scholarly joumals written mostly by Huguenots in exile - from the Nouvelles de la République des lettres up to the Bibliothèque germanique - published within a period of twenty years lends itself to the following assumptions. On the one hand, protestant contemporaries closely followed Crousaz’ scientific projects, regularly announced as “Nouvelles littéraires”. On the other hand, the joumalists pointed to an increasing polemic tendency noticeable in Crousaz’ style of argumentation from the 1720s onward. His Examen du pyrrhonisme ancien et moderne appears both to highlight his criticism of scepticism and to illustrate, quite perfectly his polemic style, preparing the decline of his reputation.

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RThPh 2004/I, p. 47-55.

Jonathan MAYER
Crousaz: Critique éclairée, mais peu éclairante, du scepticisme au XVIIIe siècle

Résumé
Cette analyse de l’Examen du pyrrhonisme ancien et moderne de Jean-Pierre de Crousaz (1663-1750) cherche à préciser la position qu’a prise le philosophe helvétique dans la lutte contre la montée du scepticisme, en particulier contre Bayle, cible des principales critiques contenues dans l’Examen.
En synthétisant l’essence du réseau argumentatif que contient l’Examen et en s’interrogeant sur la position sociale qu’occupait Crousaz à l’époque, nous tentons de clarifier la véritable portée philosophique de cet ouvrage.

J. MAYER, Crousaz: enlightened critic, though not very enlightening, of 18th c. scepticism, RThPh 2004/I, p. 47-55.
This analysis of the Examen du pyrrhonisme ancien et moderne written by JeanPierre de Crousaz (1663-1750), will allow us to precise which position the Swiss philosopher took in the battle against the rising of scepticism, particularly Bayle’s, who was the main person aimed at by the critics of the Examen. By synthesizing the arguments contained in the Examen and by defining Crousaz’s social position, we will try to clarify the true scope of this piece of work.

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RThPh 2004/I, p. 35-46.

Sébastien CHARLES
La pensée libre est-elle une pensée libre?
Réflexions sur la lecture de Collins par Crousaz

Résumé
L’examen détaillé par Crousaz du Discourse of free-thinking d’Anthony Collins est la seule enquête suivie proposée au siècle des Lumières de ce pamphlet en faveur de la liberté de pensée. La critique formulée par Crousaz porte moins contre la liberté de penser que contre une possible licence dans l’exercice d’un jugement qui ne serait contraint ni par les règles de la logique ni par le respect de la tradition et du sacré. Il en découle au final une opposition caractéristique des Lumières sur les prérogatives de la raison qui permet de se demander si, au fond, la libre pensée fut bien une pensée libre.

S. CHARLES, Was free thinking really a free thought? Reflections on Crousaz’ reading of A. Collins, RThPh 2004/I, p. 35-46.
The detailed analysis of Anthony Collins’ Discourse of Free-Thinking provided by Crousaz is the only investigation of the Enlightenment on this pamphlet promoting the freedom of thinking. Crousaz’s criticism has to do less with free thinking than with the possible license in the exercise of judging, which would be constrained neither by the rules of logic nor by the respect of tradition and the sacred. As a consequence, the Enlightenment displays a characteristic opposition on the prerogatives of reason, and
this prompts the question whether free thinking was really a free thought.

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RThPh 2004/I, p. 23-33.

Marc André BERNlER
La critique des fausses beautés
De l’Éloquence dans le Traité du Beau

Résumé
Le Traité du beau de Jean-Pierre de Crousaz semble condamner avec énergie les “fausses beautés” de l’éloquence, assimilées à d’”inutiles brillants” qui séduisent le sentiment pour mieux égarer le jugement. Pourtant, une fascination pour ces beautés éclatantes et surprenantes auxquelles s’attache
le sentiment s’y fait également jour, annonçant ainsi l’éclatement d’un système du beau fondé sur une scission entre idées et sentiments au profit de démarches pour lesquelles le plaisir devra former le socle de toute esthétique future.

M. A. BERNIER, The criticism of false beauties of eloquence in the “Traité du beau”, RThPh 2004/I, p. 23-33.
In his Traité du beau, Jean-Pierre de Crousaz appears to condemn energetically the ”false beauties” of eloquence, which he compares to the “pointless wit” that seduces feelings and serves to cloud judgement. However, a fascination for these dazzling and surprising beauties to which feeling is drawn is also manifest, thereby forecasting the break-up of a system of the beautiful founded upon a schism between ideas and feelings in favour of proceedings which should have pleasure as the basis of all future aesthetics

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RThPh 2004/I, p. 7-21.

Syliane MALINOWSKI-CHARLES
Entre rationalisme et subjectivisme: l’esthétique de Jean-Pierre de Crousaz

Résumé
Le Traité du beau de Crousaz (1714) représente un moment charnière entre une conception rationaliste du beau, caractérisée par le principe d’”unité dans la diversité”, et une conception empiriste axée sur le sentiment. Crousaz reprend la définition rationaliste mais la modifie en disant que l’archétype du
beau ainsi obtenu est dans l’esprit et non dans l’objet. Cet article s’interroge sur les ambiguïtés de cette conciliation en analysant: 1) ses motivations, 2) ses modalités, 3) sa signification anthropologique et théologique.

S. MALINOWSKI-CHARLES, The esthetics of J.-P. Crousaz: between a rationalist and a subjectivist conception, RThPh 2004/I, p. 7-21.
Crousaz’ s Traité du beau (1714) is a crucial transition point between the rationalist and the empiricist conceptions of beauty. Crousaz endorses the rationalist principle of “unity amidst diversity”, but redefines the archetype of beauty thus obtained as subjective rather than objective. This paper examines the ambiguities of this conciliation by analyzing: 1) its motivations; 2) its modalities; 3) its anthropological and theological significance.

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RThPh 2003/IV, p. 345-360.

Christian ARNSPERGER
L’éthique économique et sociale nous aide-t-elle à agir?

Résumé
Cette étude essaie de dégager des conditions de possibilité de l’agir éthique qui ne relèvent pas de la seule abstraction philosophique. L’auteur montre que l’éthique économique et sociale, pour devenir une réelle force motivante, doit penser ses propres conditions de possibilité comme indissociablement intellectuelles
- par l’éclosion nécessaire d’un désir de pensée critique - et politiques
- par la mise en place de mécanismes démocratiques qui ne banalisent ni ne dissolvent le désir éthique. Se dégagent ainsi des tâches inédites pour la méta-éthique, tâches qui relèvent elles-mêmes d’une réflexion philosophique, mais ramenée aux urgences de l’agir moral concret.

C. ARNSPERGER, Do economic and social ethics help us to act ?, RThPh 2003/IV, p. 345-360.
This study tries to draw up conditions for the possibility of acting ethically that do not depend solely upon philosophical abstraction. The author shows that, in order to become a real force o fmotivation, economic and social ethics must think of their own conditions as being inextricably intellectual - in the necessary emerging of a desire for critical thought - as well as political - in the release of democratic mechanisms which neither make common place nor dissolve ethical desire. In this case some unexpected tasks appear for meta-ethics, tasks which themselves come out of philosophical reflection, but are brought back to the urgency of concrete, moral action.

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RThPh 2003/IV, p. 329-344.

Bernard BAERTSCHI
L’impact moral du statut des entités naturelles

Résumé
Depuis Hume, on insiste sur le fait qu’il n’est pas possible de conclure logiquement de l’être au devoir-être. Pourtant, chaque fois que nous nous demandons comment nous devons nous comporter vis-à-vis d’un être naturel comme un animal ou un embryon, nous nous appuyons sur ce que de nombreux auteurs appellent son “statut moral”. Or ce qui est ainsi qualifié de “moral” ressortit en réalité au domaine de l’être. Il est par conséquent impossible de faire l’économie de l’ontologie si nous voulons déterminer quels sont nos devoirs envers les entités naturelles, même si bien d’autres considérations entrent en jeu, notamment quand nous nous demandons quelle est la valeur de la vie d’êtres humains diminués.

B. BAERTSCHI, The moral impact of the status of natural beings, RThPh 2003/IV, p. 329-344.
Since Hume, the point has been stressed that an “ought” cannot logically be deduced from an “is”. Yet each time we ask ourselves how we should behave towards a natural being, such as an animal or an embryo, we refer to what some authors cali its “moral status”. However, that which is qualified as “moral” belongs in fact to the realm of what “is”. Consequently, it is impossible to avoid ontology if we want to determine how we ought to treat natural beings, even if there are many other considerations, particularly when we ask about the value of the life of human beings whose existence is much diminished.

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RThPh 2003/IV, p. 313-327.

Marc DUMAS
Expérience religieuse et foi chrétienne chez Wolfhart Pannenberg

Résumé
L’auteur cherche à évaluer le concept d’expérience religieuse chez Wolfhart Pannenberg. Le concept d’expérience est compris comme un élément structurel d’appréhension de la réalité. L’expérience proprement religieuse renvoie à une conscience du fondement de la réalité. La foi chrétienne est
finalement présentée dans cet horizon comme correctif d’une représentation non thématique de Dieu.

M. DUMAS, Religious experience and Christian faith in the works of Wolfhart Pannenberg, RThPh 2003/IV, p. 313-327.
The author evaluates the concept of religious experience in the works of Wolfart Pannenberg. The concept of experience is understood as the structural element of the apprehension of reality. Religious experience in particular refers to a consciousness of the underpinning of reality. Christian faith, finally, is presented in this scope as the correction of a non-thematic representation of God.

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RThPh 2003/IV, p. 299-312.

Benjamin GROSS
Langage et discours religieux dans l’œuvre d’Emmanuel Levinas

Résumé
Dans le but de cerner les implications profondes de la pensée d’Emmanuel Levinas et de préciser le rapport entre les versants philosophique et hébraïque de son oeuvre, cet article se propose d’établir quel est le statut de la parole dans la communication et dans quel sens la transcendance ne peut se comprendre qu’à partir du langage. Il soumet à un examen critique la tentative paradoxale de Levinas, juif lituanien qui écrit en français pour traduire l’hébreu en grec, dans un monde attaché à la fois aux philosophes et aux prophètes.

B. GROSS, Language and religious discourse in the works of Emmanuel Levinas, RThPh 2003/IV, p. 299-312.
With the aim of defining deep implications for the thought of Emmanuel Levinas and of clarifying the relation between the philosophical and the Hebraic sides of his work, this article seeks to establish the importance of speech in communication and the sense in which transcendence can only be understood on the basis of language. It subjects to a critical test the paradoxical attempt of Levinas, a Lithuanian Jew who writes in French in order to translate Hebrew into Greek, in a world attached to both philosophers and prophets.

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RThPh 2003/III, p. 253-256.

Cardinal Joseph RATZINGER
Réponse à la lettre ouverte d’Olivier Bauer

Résumé
En réponse à la lettre ouverte d’Olivier Bauer, consacrée à son livre L’esprit de la liturgie, l’auteur redéfinit l’intention fondamentale de ce dernier et répond à certaines des remarques critiques d’O. Bauer, en particulier concernant la prière en direction de l’Orient, la signification de l’espace cultuel, la musique sacrée, la genèse de la pratique eucharistique dans le christianisme primitif et la nature de l’effet suscité chez le croyant par la transsubstantiation eucharistique.

CARDINAL J. RATZINGER, Response to an Open Letter from Olivier Bauer, RThPh 2003/III, p. 253-256.
In answer to an open letter from Olivier Bauer on the subject of the author’s book The Spirit of Liturgy, he redefines the basic intention of this book and responds to certain critical remarks by O. Bauer, concerning, in particular, the practice of facing east when praying, the importance of liturgical space, sacred music, the origin of eucharistic practice in primitive Christianity, and the nature of the effect of eucharistic transubstantiation on the believer.

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RThPh 2003/III, p. 241-251.

ÉTUDE CRITIQUE

Olivier BAUER
Lettre ouverte à propos de L’esprit de la liturgie, ouvrage du cardinal Joseph Ratzinger

Résumé
Dans le débat oecuménique provoqué par la publication de la lettre encyclique de Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, Olivier Bauer propose une lecture critique de l’ouvrage que le cardinal Joseph Ratzinger a consacré à L’esprit de la liturgie. En théologien pratique, il montre comment le Président de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi conçoit la messe et démonte sa prétention à définir ainsi le véritable culte chrétien.

O. BAUER, Open letter concerning The spirit of liturgy by Cardinal Joseph Ratzinger, RThPh 2003/III,
p. 241-251.
In the context of the ecumenical debate stirred up by the publication of John Paul II’s encyclical, Ecclesia de Eucharistia, Olivier Bauer proposes a critical reading of the work Joseph Ratzinger contributes to The spirit of liturgy. In terms of practical theology, he shows how the President of the Congregationfor the Doctrine of the Faith envisions mass and takes apart his pretension to define true Christian worship.

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RThPh 2003/III, p. 223-239.

Philippe GROSOS
L’irréversible excès
Sur la phénoménologie de Jean-Louis Chrétien

Résumé
L’œuvre de Jean-Louis Chrétien, bien que riche de l’ensemble de la tradition philosophique, participe essentiellement de la phénoménologie contemporaine. En ce sens, l’apport de Heidegger lui est essentiel. Et pourtant, elle n’en constitue nullement un simple prolongement. Tirant profit d’une part des
ambiguïtés heideggeriennes, rappelant d’autre part cette pensée à la conséquence historique de la Révélation, cette philosophie, chrétienne, a su trouver sa voie singulière: une voie tout entière répondant à l’excès fondateur d’un appel qui la destine à elle-même.

P. GROSOS, The irreversible excess. On the phenomenology of J.-L. Chrétien, RThPh 2003/III, p. 223-239.
The work of Jean-Louis Chrétien, although well endowed by all of the philosophic tradition, belongs essentially to contemporary phenomenology. Thus Heidegger’s influence on him is important. However, it is not just a prolongation. Taking advantage, on the one hand, of ambiguities in Heidegger, and, on the other, recalling to that line of thought the historic consequence of revelation, this Christian philosophy has found for itself a unique path: a whole way to respond to the basic excess of a call to itself.

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RThPh 2003/III, p.205-222.

Robert THEIS
Kant et l’ésperance
Dans les limites de la simple raison

Résumé
La question de l’espérance chez Kant est abordée à partir de trois angles complémentaires. Après en avoir situé le lieu dans le cadr,e même du discours kantien, on s’interroge d’abord sur le contenu de l’esperance, son objet, à savoir la béatitude proportionnée à la moralité. En second lieu, on se demande à quelle condition l’espérance est possible pour un être faillible voire mauvais par nature. Enfin, on analyse les “traces” visibles qui permettent d’espérer, cela tant au niveau individuel que collectif.

R. THEIS, Kant and Hope within the limits of pure reason, RThPh 2003/III, p.205-222.
The question of hope in the works of Kant is approached from three complementary angles. After situating hope in the framework of Kantian thought, we investigate the content of hope, its object, that being beatitude in proportion to morality. Then we ask in what condition hope is possible for a fallible, even evil creature by nature. Finally, we analyse the visible “tracks” which permit hope, for the individual as well as for society.

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RThPh 2003/III, p. 193-204.

Jean-Pierre LEYVRAZ
L’étrange Dieu de Monsieur Descartes

Résumé
À partir d’une description du Dieu de Descartes, de sa nature inconnaissable et de son pouvoir arbitraire, le texte envisage l’ombre de ce Dieu absent: l’angoisse moderne devant une puissance sans nom et l’isolement de l’humanité sur la Terre. Enfin, une tentative est faite de montrer une sortie possible de
cet isolement et donc une façon de se libérer du Dieu de Descartes et de son ombre moderne.

J.-P. LEYVRAZ, The strange God of Mister Descartes, RThPh 2003/III, p. 193-204.
Based on a description of Descartes’ God, his unknowable character and his arbitrary power, the text considers the shadow of this absent God: the modern anguish before a nameless power and the loneliness of humanity on Earth. Finally, an attempt is made to show a way out of this loneliness and thereby a means to liberate us from Descartes’ God and his modern shadow.

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RThPh 2003/II, p. 161-177.

Pierre BÜHLER
Offres fictives d’identité narrative
Quelques personnages des récits de la Passion en transcription littéraire

Résumé
En travaillant sur quelques reprises littéraires des récits de la Passion du Christ, l’article tente de montrer comment la relecture littéraire permet de redécouvrir la manière dont les textes bibliques interpellent leurs lectrices et lecteurs. En particulier, il s’attache à faire apparaître comment certains
personnages de ces récits, par la transposition littéraire, deviennent des offres fictives d’identité narrative. Pour ce faire, l’auteur se laisse guider par la théorie de la narrativité de Paul Ricœur et la conception de l’acte de lecture de Wolfgang Iser.

P. BÜHLER, Invitations to reader identification in fiction. Characters of the Passion narratives in literary transcriptions, RThPh 2003/II, p. 161-177.
Using literary renditions of the Passion narratives, this article tries to show how literary rereadings allow us to discover the way biblical texts interpellate the reader. ln particular, it seeks to bring out the way certain characters, in the literary transposition of these stories, become fictive overtures of narrative identity. The author is inspired by Paul Ricœur’s theory of narrativity and Wolfgang lser’s idea of the act of reading.

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RThPh 2003/II, p. 137-159.

Lorenzo MENOUD
Qu’est-ce qu’un personnage de fiction

Résumé
Au cours de cet article, je vais examiner principalement le statut sémantique du personnage de fiction, notamment la façon singulière dont fonctionne son nom, qu’il soit inventé ou identique à celui d’une personne existante - comme le Marco Polo d’Italo Calvino, par exemple. J’analyserai également l’incomplétude inhérente aux personnages de fiction, autrement dit le fait qu’ils manquent d’un nombre incalculable de propriétés. Ainsi, nous serions bien incapables de dire si Emma Bovary a ou non un grain de beauté sur l’épaule gauche, si l’auteur ne le précise pas. Je tenterai alors de voir quelles sont les inférences valides que nous pouvons tirer de ce que raconte le texte.

L. MENOUD, What is a fictional character?, RThPh 2003/II, p. 137-159.
ln this article, I mainly examine the semantic status of fictional characters, in particular the singular function of names, whether these be invented or not, as Marco Polo in ltalo Calvino, for example. I will also analyse the inherent incompleteness of literary characters, the fact that they miss countless properties. We would be incapable to say, for instance, if Emma Bovary has or has not a mole on her left shoulder, unless the author gives this detail. I will then try to determine which valid inferences we can
extract from the text.

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RThPh 2003/II, p. 115-135.

Gérald HESS
Métaphore, science, philosophie

Résumé
En se servant de la métaphore comme fil conducteur, le présent article ambitionne d’explorer l’un ou l’autre rapport que l’on peut déceler entre le discours de la science et celui du philosophe. Mais au lieu d’opérer empiriquement, l’analyse s’efforce de se situer sur un plan méta-conceptuel. Pour cela, elle se fonde sur une présentation des deux perspectives théoriques essentielles suivant lesquelles est conçue la métaphore: la perspective extensionnelle et la perspective intensionnelle. Alors que l’usage conventionnel et référentiel de la métaphore s’accorde avec la première perspective, l’usage
innovant s’accorde plutôt avec la seconde. Envisagée comme une connaissance sans objet, la philosophie s’accommode parfaitement du modèle intensionnel de la métaphore. Celui-ci rend compte, en effet, non seulement des métaphores avérées mais aussi des concepts philosophiques eux-mêmes. En revanche, le modèle extensionnel convient apparemment mieux au discours scientifique qui
porte en principe sur un objet. Il soulève néanmoins des difficultés importantes qui conduisent à réviser une approche par trop rationnelle de la science.

G. HESS, Metaphor, Science, Philosophy, RThPh 2003/II, p. 115-135.
Taking the metaphor as a vital lead, this article explores the various links between scientific and philosophical discourse. But rather than be empirical, this analysis is situated on a meta-conceptual level. As such, it offers two essential theoretical perspectives of the metaphor : the extensional and the intensional. While the usual and referential convention of the metaphor agrees with the first perspective, innovative use agrees rather with the second. As non-objective knowledge, philosophy peifectly accommodates the intensional model of metaphor, which, in effect, takes into account not only proven metaphors but also philosophcial concepts themselves. On the other hand, the extensional model is better suited to scientific discourse, which, in principle, is objective. The article nevertheless points out important difficulties that call for a revision of a too rational approach to science.

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RThPh 2003/II, p. 99-114.

Lorenzo BONOLI
La lecture du texte ethnographique : Entre fiction et connaissance

Résumé
Cet article propose une réflexion sur les problèmes épistémologiques que pose la lecture des textes en sciences humaines. En se concentrant sur le cas du texte ethnographique, il s’agira de penser la lecture de ce genre de texte de façon à ce que ses prétentions épistémologiques soient respectées. Un
détour par les théories de la réception des textes littéraires ouvrira la voie à la définition de ce qu’on peut qualifier de “pacte de lecture ethnographique”, pacte qui précise un type de lecture particulier susceptible de déployer au mieux les potentialités cognitives de ces textes.

L. BONOLI, Reading an ethnographic text: between fiction and knowledge, RThPh 2003/II, p. 99-114.
This article reflects upon the epistemological problems of reading texts in humanities. Concentrating on the case of ethnographical texts, we must think of reading this type of text as a lesson that its epistemological pretentions must be respected. By way of a detour through the theories of the reception of literary texts, we find a definition of a “pact of ethnographic reading”, that is a particular type of reading susceptible to the best use of the cognitive potentialities of these texts.

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RThPh 2003/I, p.47-57.

ÉTUDE CRITIQUE

Philippe GUILLAUME
L’historiographie deutéronomiste : no future!

Résumé
Les articles d’un recueil récent consacré à l’hypothèse de l’Historiographie Deutéronomiste sont passés en revue. La tendance générale qui se dégage de l’ensemble est nettement défavorable aux partisans de l’HD de Martin Noth. La seconde partie présente une analyse historique retraçant les conditions
d’apparition de l’historiographie biblique à Alexandrie.

P. GUILLAUME, Deuteronomist historiography: No future!, RThPh 2003/I, p.47-57.
This is a revue of a recent collection of articles on Deuteronomist historiography. The general tendency is clearly unfavourable to the followers of the theories of Martin Noth. The second part is an historical analysis retracing the conditions which led to the appearance of the Biblical historiography of Alexandria.

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RThPh 2003/I, p. 35-46.

François DERMANGE
La capacité ricœurienne : Entre Aristote et la tradition biblique

Résumé
Certains travaux récents de Paul Ricœur montrent un déplacement d’accent: au lieu d’une interrogation sur la fragilité humaine comme dans la Philosophie de la volonté, Ricœur se préoccupe davantage aujourd’hui de la vie, de la natalité, du désir d’accomplissement. Cette dette aristotélicienne trahit-elle
l’inspiration que le philosophe avait trouvée dans la tradition biblique ? Même si certains thèmes s’articulent de manière inédite, cet article souligne que la thèse reste inchangée: c’est bien le sujet qu’il faut parvenir à saisir, à la fois dans sa capacité et dans sa fragilité. La référence à Aristote invite alors à jeter un nouveau pont entre la philosophie et la théologie.

F. DERMANGE, Ricœur and capacity: between Aristotle and Biblical tradition, RThPh 2003/I, p. 35-46.
Certain recent works of Paul Ricœur show a transition: in the place of human frailty, as in the philosophy of will, Ricœur is more and more occupied today by life, birth, and the desire of accomplishment. Does this Aristotelian debt betray an inspiration that the philosopher had found in Biblical tradition? Even if certain themes are articulated in a new way, the article shows that the same thesis remains: it is still the subject which one must grasp, both in its capacity as in its frailty. So the reference to Aristotle is an
invitation to see a new bridge between philosophy and theology.

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RThPh 2003/I, p. 1-12.

Roberta DE MONTICELLI
“Amore, Salute Lucente”
Essai sur l’amour

Résumé
L’article présente une analyse de plusieurs traits structurels de l’amour personnel, comme voie privilégiée de connaissance spirituelle et personnelle. Une Aventure Majeure est décrite sous la forme d’une interprétation de la Vita nuova de Dante ; une Aventure Mineure ou Quotidienne est prise en considération ensuite, avec l’esquisse d’une théorie de l’amour personnel comme seul accomplissement cognitif (Erfüllung) de notre croyance habituelle dans l’unicité des personnes, ou dans des Individualités essentielles.

R. DE MONTICELLI, “Amore, Salute lucente”. Essay on love, RThPh 2003/I, p. 1-12.
This article analyses several structural traits of personal love as the best way of spiritual and personal knowledge. A Major Adventure is described by way of an interpretation of Dante’s Vita nuova; a Minor or Daily Adventure is considered through the theoretical sketch of personal love as the only cognitive accomplishment (Erfüllung) of our normal belief in the uniqueness of persons, or in the essential Individual.

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RThPh 2002/IV, p. 353-368.

Norbert CAMPAGNA
Réconciliation ou Justice?
Le problème de l’amnistie

Résumé
La transition vers l’État de droit et la démocratie qui a eu lieu dans de nombreux pays (Argentine, Chili, Afrique du Sud, Haïti, pour n’en citer que quelques-uns) au cours de ces dernières décennies a remis à l’ordre du jour le problème de l’amnistie. Doit-on, au nom de la réconciliation et de la paix civile, renoncer à traduire en justice les anciens bourreaux? Ou bien doit-on, au nom de la justice due aux victimes, les traduire en justice? Poser la question de cette façon, c’est suggérer qu’il existe une opposition absolue entre
l’amnistie et la justice. Dans notre contribution, nous voudrions montrer que cette opposition n’est pas aussi absolue qu’on le pense et que l’amnistie peut aussi parfois être nécessaire pour préserver ou réinstaurer les conditions de possibilité de la justice.

N. CAMPAGNA, Reconciliation or Justice. The problem of amnisty, RThPh 2002/IV, p. 353-368.
The transition towards a state of law and democracy which has taken place in many countries in the last decades (Argentina, Chili, South Africa, Haïti, to mention just a few) brings up again the problem of amnisty. In the name of reconciliation and civil peace, should former torturers and hangmen be released from justice? Or, to do justice to victims, should they be brought to trial? Put that way, the question suggests an
absolute opposition between amnisty and justice. In this article we want to show that this opposition is not so absolute as one might think and that amnisty is sometimes necessary to preserve or to re-instate the condititions for the possibility of justice.

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RThPh 2002/IV, p. 341-352.

Simone ROMAGNOLI
La Décomposition de la “sensation transformée”
Maine de Biran lecteur de Condillac

Résumé
Dans cet article, il s’agira pour nous de mettre en évidence la richesse de la pensée de Maine de Biran et l’originalité qui le rend encore de nos jours d’une grande actualité. Cela par le biais de la critique de la notion de “sensation transformée”, que Maine de Biran amorce dans son Mémoire sur la décomposition de la pensée. L’étude de cette critique présente un double intérêt: elle montre, d’une part, que le “biranisme” prendforme à l’intérieur de la doctrine de Condillac, d’autre part, que la décomposition de la notion de sensation marque la rupture de Maine de Biran d’avec l’Idéologie.

S. ROMAGNOLI, The decomposition of “transformed sensation”. Maine de Biran, a reader of Condillac, RThPh 2002/IV, p. 341-352.
In this article we want to present the rich thought of Maine de Biran and its originality which renders it still very pertinent in our time. The study of a critique of the notion of “transformed sensation”, which Maine de Biran initiated in his esssay “Decomposition of thought”, has a twofold interest: to show, first of all, that “biranism” takes form within the doctrines of Condillac; and secondly, that the decomposition of the notion of sensation marks the separation of Maine de Biran with that ideology.

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RThPh 2002/IV, p. 327-340.

Denis MÜLLER
La Bioéthique au péril de dieu
Pour une critique de théologique de la maîtrise éthique sur le vivant

Résumé
Contrairement à certains préjugés laïcistes radicaux, la question de Dieu est au coeur de l’éthique. Or les débats actuels de la bioéthique ne permettent pas toujours d’identifier clairement la pertinence de cette question. Afin de parvenir à une reformulation crédible de la contribution de l’éthique théologique à la discussion publique, il importe d’interroger les différentes manières de comprendre la relation entre les catégories d’immanence et de transcendance. En dialogue critique avec H. Tristram Engelhardt, l’auteur balise les conditions fondamentales d’accès à une interprétation de Dieu comme mystère du monde et de l’existence et donc aussi comme horizon indépassable de toute éthique.

D. MÜLLER, Bioethics at the risk of God. For a critical theology of the ethical control of life, RThPh 2002/IV, p. 327-340.
Contrary to certain radicallay prejudices, the question of God is at the heart of ethics. Yet current debates on bioethics do not always help to clearly identify the pertinence of the question. To reformulate the contribution of theological ethics to public discussion in a credible way, we must examine the different ways of understanding the relationship between immanence and transcendance. In critical dialogue with H. Tristram Engelhardt, the author marks out the basic conditions to access an interpretation of God as mystery of the world and of existance, thus also as the impassable horizon of all ethics.

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RThPh 2002/IV, p. 309-325.

David ENGELI
Une existence théologique
Dans l’Allemagne du XXe Siècle: Helmut Gollwitzer (1908-1993)

Résumé
Dans cet article, l’A. offre un aperçu global de la pensée d’Helmut Gollwitzer (1908-1993), théologien allemand marqué à la fois par Karl Barth (et son pamphlet Theologische Existenz heute! de 1933) et par la Lutherrenaissance du début du XX” siècle. À travers le thème de l’«existence théologique», l’A. montre comment Gollwitzer articulait un engagement politique «de gauche» à une conception conservatrice de la théologie, d’abord lors de la montée du nazisme, puis pendant la Seconde Guerre mondiale et enfin après
celle-ci, radicalisant progressivement ses positions et participant notamment à la fondation du parti écologique allemand (Die Grünen) puis soutenant les mouvements estudiantins de 1968.

D. ENGELI, A Theological Existance in 20th c. Germany : Helmut Gollwitzer (1908-1993), RThPh 2002/IV, p. 309-325.
This article gives an overall view of the thought of German theologian Helmut Gollwitzer (1908-1993), who was inspired by Karl Barth (his pamphlet Theologische Existez heute! 1933) and by the Luther - renaissance of the early 20th century. Taking up the theme of “theological existance”, the author shows how Gollwitzer combined a leftist political commitment with a conservative idea of theology. First, with the rise of Nazism, then during the Second World War, and finally after it, his positions became progressively more radical, as, notably, he helped found the German ecology party (Die Grünen) and later supported the student movements of 1968.

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RThPh 2002/II-III, p. 235-246.

Joël JANIAUD
La croyance en un dieu qui se contredit?

Résumé
La conception kierkegaardienne de la croyance religieuse met en valeur le contraste entre foi et rationalité. En relisant l’épisode biblique du sacrifice d’Isaac, tel qu’il est interprété par Kierkegaard dans Crainte et tremblement, on peut comprendre comment le refus de douter de Dieu, alors même qu’il
semblerait logiquement et moralement normal de douter, porte ce contraste à un très haut point. Il s’agit alors d’évaluer les conséquences philosophiques de ce jeu avec la contradiction et l’absurde, dont Kierkegaard se sert pour souligner le relief temporel et existentiel de la foi.

1. JANIAUD, Kierkegaard, Belief in a God who contradicts himself ?, RThPh 2002/II-III, p. 235-246.
The Kierkegaardian idea of religious belief brings out the contrast between faith and reason. Reading the biblical episode of the sacrifice of Isaac, as interpreted by Kierkegaard in Fear and Trembling, one can understand how the refusal to doubt God, even when it would seem logical and morally normal to doubt, exposes this contrast to a high degree. So what’s left is to evaluate the philosophical consequencs of this test between contradiction and absurdity, which Kierkegaard uses to underline the temporel and existential contours of faith.

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RThPh 2002/II-III, p. 217-234.

Richard GLAUSER
Shaftesbury: Enthousiasme et expérience religieuse

Résumé
Nous étudions la dimension religieuse de l’enthousiasme chez Shaftesbury. Après avoir distingué un sens négatif et un sens positif du terme, il convient de distinguer deux formes positives de l’enthousiasme. La première renvoie à une expérience religieuse de Dieu, la seconde concerne l’expérience religieuse du monde. Nous étudions les rapports entre les deux sortes d’expériences religieuses, ainsi qu’entre celles-ci et l’expérience esthétique. Nous tentons d’articuler la connexion profonde entre expérience esthétique et religion dans la philosophie de Shaftesbury.

R. GLAUSER, Shaftesbury: enthusiasm and religious experience, RThPh 2002/II-III, p. 217-234.
This is a study of the religious dimension of enthusiasm in Shaftesbury. After distinguishing between a negative and a positive sense of the term, one should distinguish between two positive forms of enthusiasm. The first is based on a religious experience of God, the second concerns the religious experience of the world. We study the relationships between the two, as well as between these two and aesthetic experience,
drawing out the underlying connection between aesthetic experience and religion in the philosophy of Shaftesbury.

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RThPh 2002/I, p. 49-71.

Pierre-Yves BRANDT
Un visage m’appelle

Résumé
Cet article discute l’hypothèse d’un lien entre l’émergence du thème du visage dans des textes ou des productions iconographiques provenant de diverses traditions religieuses et une expérience primordiale de contemplation d’un visage face à face. Pour dire la quête du transcendant, de ce qui n’est pas immédiatement accessible, l’être humain puiserait ainsi dans l’expérience d’une des premières grandes quêtes de tout humain: la recherche du face à face entre le nourrisson et sa mère qui se met peu à peu en place entre la naissance et l’âge de trois mois. C’est cette expérience qui serait élaborée par les textes parlant du désir de voir Dieu face à face et par les productions iconographiques représentant le visage de figures divines. Loin de répondre à un penchant régressif, cette reprise d’une des premières expériences enfantines serait l’expression d’un mouvement progressif: la référence à une victoire
durement acquise durant les premiers mois de la vie pour parler d’un désir actuel de dépassement. Les pages qui suivent examinent successivement différents aspects de cette question.

P-Y. BRANDT, A face calls me, RThPh 2002/I, p. 49-71.
This article discusses the hypothesis of a link between the surfacing of the visage theme in texts or iconographic productions of various religious traditions and a primordial experience of the contemplation of a visage face ta face. In order to state the transcendent, the not immediately accessible, humans have recourse to the experience of one of the first great quests of every person: the face to face relationship between the newborn and its mother. This would then be the experience elaborated by texts which speak of the desire to see God face to face and by iconographical productions which represent the visage of divine figures. Far from responding to a regressive penchant, this use of an early childhood experience would be the expression of a progressive movement: the reference to a victory achieved with difficulty during the first months of life in order to express an actual desire for the beyond. These pages successively examine different aspects of the question.

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RThPh 2002/I, p. 15-28.

Jacquelin LAGRÉE
Théologie et Tolérance
Louis Meyer et Spinoza

Résumé
Spinoza est généralement considéré comme un penseur de la tolérance parce qu’il a fermement défendu la liberté de penser dans le Traité théologico-politique.
Un commentateur récent (F. Mignini) a inversement soutenu que Spinoza se situait plutôt «au-delà de la tolérance». Pour réexaminer cette question, l’étude se propose de comparer les positions de Louis Meyer et de Spinoza sur la question des passions religieuses et sur la lecture de l’Écriture sainte. À la lecture frileuse d’un Meyer qui, confondant sens et vérité dans le cas de l’Écriture sainte, interdit toute interprétation scripturaire éloignée de la vérité de la science de la nature, on peut opposer la générosité herméneutique de Spinoza. Non seulement ce dernier admet une pluralité de sens recevables, à condition qu’ils facilitent la pratique de la justice et de la charité, mais il montre comment les générations successives de lecteurs s’adaptent à un texte lui-même adapté à la compréhension du plus grand nombre. Cela permet enfin de distinguer des niveaux et des lieux de pertinence de la tolérance.

J. LAGRÉE, Theology and tolerance: Louis Meyer and Spinoza, RThPh 2002/I, p. 15-28.
From Plato to Kant, philosophy hardly ever questions the subject of writing and sees it as a simple means of expression. The work of Nietzsche marks a turning point: by both a philological and philosophical consideration of the «art of style», it questions the act of writing itself, and then the act of reading. A genealogical study of certain paradigmatic texts concerning the Eternel Return might elucidate the implications of Nietzsche’s writing which transgresses unconditional readability and comprehensibility. Spinoza is generally considered as a thinker of tolerance because in his Tractatus
Theologico-Politicus he firmly defends freedom of thought. A recent commentator (F. Mignini), has placed Spinoza, on the contrary, «beyond tolerance». To re-examine the question, this study compares the positions of Louis Meyer and of Spinoza on religious passions and the reading of Holy Scripture. The hermeneutical generosity of Spinoza can be seen as against the over-senstive reading of Meyer, who, confusing meaning and truth in the case of Scripture, disallows any interpretation that is removed from the truth of natural science. Not only does Spinoza admit a plurality of acceptable meanings, so long as they facilitate the practice of justice and charity, he also shows how successive generations of readers adapt to a text, itself adapted to meet the understanding of the greatest number. This permits us, finally, to distinguish between levels and pertinent places of tolerance.

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RThPh 2002/II-III, p. 161-173.
Roger POUIVET
Croyance religieuse, crédulité et vertu

Résumé
Les croyances religieuses sont souvent acquises dans la petite enfance et de façon fondamentalement non critique. Elles sont régies par ce que Thomas Reid appelle le «principe de crédulité». L’article s’efforce de montrer qu’entretenir des croyances religieuses sur la base de la confiance qu’on a dans ses éducateurs ne constitue en rien une faute épistémique, injustifiable par une éthique de la croyance. Il conteste l’emprise dans la philosophie moderne d’un modèle épistémologique dans lequel une croyance n’est rationnelle qu’à l’issue d’un examen critique. Il soutient la thèse de la valeur épistémique de la crédulité.

R. Pouivet, Religious belief, credulity and virtue, RThPh 2002/II-III, p. 161-173.
Religious beliefs are often acquired in early childhood and in a basically uncritical way. They are governed by what Thomas Reid calls the “Principle of credulity”. The article tries to show that to hold religious beliefs on the basis of confidence in one’s educators is in no way an epistemic error, unjustifiable by an ethic of belief. It contests the influence in modern philosophy of an epistemological model in which a belief is not rational unless based on critical examination. It upholds the idea of the epistemic value of credulity

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RThPh 2002/II-III, p. 145-149.
Paul CLAVIER
La théologie naturelle, source de normes pour la croyance religieuse

Résumé
La théologie naturelle, i.e. l’enquête sur l’existence et les attributs de Dieu qui ne s’appuie pas sur un donné révélé, peut fournir des normes pour la croyance religieuse, sans se substituer pour autant à l’acte de foi ou à toute forme d’expérience religieuse. Elle considère que le donné révélé est toujours coordonnable avec la raison naturelle, et invite à réexaminer la thèse selon laquelle le monde est créé, c’est-à-dire tient son existence d’une cause distincte de lui, la suspiscion dans laquelle on la tient n’étant pas un argument suffisant contre elle.

P. Clavier, Natural Theology, the source of norms for religious belief, RThPh 2002/II-III, p. 145-149.
Natural theology, i.e. the inquiry of the existance and attributes of God not based on revelation, can provide norms for religious belief without, however, taking the place of the act of faith or of any other form of religious experience. It claims that what is revealed can always be coordinated with natural reason, and calls for a reexamination of the theory of a created world, holding its existance from a cause separate from itself, the suspicion in which this theory is held not being a sufficient argument against it.

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2002 RThPh 2002/II-III, p. 131-143.
Cyrille MICHON
«Les préambules de la foi»

Résumé
Je propose une révision de la notion traditionnelle (thomiste) de préambules de la foi : ni préalables à l’acte de foi, ni incompatibles avec lui, ils sont conçus ici comme l’ensemble des raisons pouvant servir de cadre de justification à ce qui est proposé à croire par une Révélation. Je défends l’idée que tout ce qui peut être objet de foi, au sens d’une adhésion mue par une cause surnaturelle, doit pouvoir être objet de croyance au sens naturel, et donc objet de raisons justifiant cette croyance.

C. Michon, The preambles to faith, RThPh 2002/II-III, p. 131-143.
I consider the traditional (Thomist) notion of preambles to faith not as preliminary to the act of faith, neither as incompatible with it, but as the whole reasoning which serves as a framework to justify what revelation proposes. I defend the idea that everything that can be an object of faith, in the sense of adherence motivated by a supernatural cause, should be believable in the natural sense, and so be the object of reasons justifying such a belief.

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RThPh 2005/III, p. 245-260.

Anthony J. STEINBOCK
Pour une phénoménologie de l’espoir

Résumé
Suivant la terminologie de la phénoménologie husserlienne, lʼespoir est un acte intentionnel, cʼest-à-dire une des multiples façons que nous avons de nous rapporter au monde, comme la perception, le souvenir ou la volonté. La clarification de lʼexpérience proposée par la méthode phénoménologique consiste à prendre les actes intentionnels comme objet de description afin de mettre en évidence leurs caractéristiques structurelles. Il sʼagit d sʼinterroger sur la manière dont les choses se donnent à notre expérience, leur mode de donation. Lʼauteur propose une telle description de lʼacte dʼespérer et, corrélativement, de son objet, la chose espérée. Il montre en quoi il se distingue dʼautres actes qui peuvent lui paraître proches comme le désir, la nostalgie ou lʼexpectative. Finalement, des conséquences importantes en découlent qui concernent lʼexpérience humaine de manière globale, en particulier relatives à la temporalité et à la dimension religieuse de lʼexistence.

A. Steinbock, In favour of a phenomenology of hope, RThPh 2005/III, p. 245-260.
In Husserlʼs terms of phenomenology, hope is an intentional act, that is to say, one of
the multiple ways, such as perception, memory or will, in which we relate to the world.
The explanation of experience proposed by the phenomenological method consists
in taking intentional acts as objects of description in order to show their structural
characteristics. That means studying the manner or the mode in which things present
themselves to our experience. The author proposes just such a description of the act of
hope and, correlatively, of its object, the thing hoped for. He shows how it is different
from other acts which appear to be similar, such as desire, nostalgia or expectation.
Finally, some important consequences are brought out, concerning human experience
globally, in particular temporality and the religious dimension of existence.

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RThPh 2005/III, p. 227-244.

Adèle THORENS
La philosopphie du vivant de Maurice Merleau-Ponty :
La vie comme puissance créatrice de mondes

Résumé
Lʼarticle sʼattache à dégager la compréhension du vivant chez Merleau- Ponty, en particulier dans son enseignement sur La nature en 1957-1958 au Collège de France. Pour en faire ressortir les accents spécifiques, lʼauteur compare ce point de vue à celui de Martin Heidegger dans son cours de 1929-
1930 sur Les concepts fondamentaux de la métaphysique. Cela le conduit à confronter la notion heideggérienne dʼUmring à celle dʼUmwelt chez Merleau- Ponty, pour découvrir dans cette dernière la vie comme une puissance créatrice de mondes.

A. THORENS, The philosophy of life of Maurice Merleau-Ponty: life as a creative power of lifeworlds, RThPh 2005/III, p. 227-244.
This article is an attempt to draw out the understanding of life according to Merleau- Ponty, particularly in his teaching on Nature, 1957-1958, at the Collège de France. In order to bring out specific points, the writer compares this point of view with that of Martin Heidegger in his course of 1929-1930, What is metaphysics. This leads her to confront the heideggerian notion of “Umring” with Merleau-Pontyʼs “Umwelt”, and there to discover life as a creative power of lifeworlds.

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RThPh 2005/III, p. 211-226.

Jérémie GRIARD
Le bon juriste leibnizien et l’harmonie des sources de droit

Résumé
Les projets leibniziens de remise en ordre du droit nous conduisent à nous interroger sur les sources de ce dernier. En effet, si la diversité des sources du droit peut être tenue en partie responsable de sa confusion, comment rendre compatibles entre elles ces différentes sources que sont le nomothète, la jurisprudence et les traités internationaux ? Cʼest là la question que se pose le juriste et à laquelle cet article se propose de répondre.

J. Griard, The good leibnizian jurist and the harmonisation of the sources of law, RThPh 2005/III,
p. 211-226.
The leibnizian prospects of putting order into law require that we look deeply into the sources of law. As their diversity is considered to be responsible for the confusion of law, how can we harmonize the sources of law of the lawgiver, of jurisprudence, and of international treaties? This is the question posed by the jurist and to which this article hopes to respond.

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RThPh 2005/III, p. 193-209.

Wibren VAN DER BURG
Pour une éthique protestante libérale dans un mode changeant et pluriel

Résumé
Lʼarticle, écrit par un philosophe, sʼattache à définir un projet dʼéthique protestante dans le contexte des sociétés dʼEurope occidentale, qualifiées par quatre traits : leur caractère sécularisé et pluraliste, leur tendance à lʼindividualisation et le fait dʼêtre dans un processus de changement continu. Pour
aboutir à une articulation nuancée de lʼéthique et de la religion, lʼauteur sʼinspire de la tradition du protestantisme libéral hollandais, quʼil trouve dans lʼÉglise des Remonstrants, fondée en 1619 par les disciples dʼArminius, exclu de lʼÉglise réformée au Synode de Dordrecht. Lʼauteur adopte une position
résolument pragmatique qui lui permet dʼaffronter les enjeux éthiques des sociétés modernes de manière ouverte.

W. VAN DER BURG, In favour of a liberal protestant ethic for a changing, pluralistic world, RThPh 2005/III, p. 193-209.
In this article, the writer-philosopher defines a project for protestant ethics in the context of western European societies, with their 4 characteristics : secularism, pluralism; individualism, and constant change. To arrive at a qualified articulation between ethics and religion, the writer uses the protestant liberal tradition of Holland, that he finds in the Remonstrants Church, founded in 1619 by the disciples of Arminius and excluded from the Reformed Church at the Synod of Dordrecht. A decidedly pragmatic position permits the author to face the ethical issues of modern societies in an open way.

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RThPh 2010/II, p. 161-174.

Charles J.T. TALAR
Une passion partagée pour la vérité : Joseph Turmel et Alfred Loisy

Résumé
Tout au long de la période durant laquelle Alfred Loisy s’est efforcé de réformer le catholicisme, Joseph Turmel a travaillé à le subvertir. Malgré leurs projets différents, leurs efforts respectifs les ont rapprochés l’un de l’autre. Turmel a écrit pour la revue de Loisy, la Revue d’histoire et de littérature religieuses, tandis que, durant sa phase moderniste, les efforts réformistes de Loisy sont de plus en plus considérés comme une destruction du dogme catholique. En essayant de comprendre leurs relations mutuelles, on jette une lumière nouvelle sur la dynamique du mouvement moderniste.

Charles J. T. Talar, A Shared Passion for Truth : Joseph Turmel and Alfred Loiy, RThPh 2010/II,
p. 161-174.
Throughout much of the period during which Alfred Loisy sought to reform Catholicism, Joseph Turmel worked to subvert it. Despite their different agendas, their respective efforts brought them together. Turmel wrote for Loisy’s Revue d’histoire et de littérature religieuses, while during his modernist phase Loisy’s reformist efforts were increasingly viewed as destructive of catholic dogma. Understanding their mutual relationship sheds light on the dynamics of the modernist movement.

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RThPh 2010/II, p. 135-160.

Ghislain WATERLOT
Bergson et Loisy face à la mystique : deux inconciliables

Résumé
Bergson et Loisy ont entretenu longtemps des relations cordiales qui se sont gâtées dans les dernières années à propos de la question religieuse et morale. Loisy, dans des ouvrages parus de 1917 à 1936, défendait le pan-mysticisme de son ami Bremond et rapprochait étroitement sentiment religieux et mystique. La conception bergsonienne, au contraire, fait du mysticisme une expérience rare et sui generis, même si elle a des conséquences pour l’humanité entière. En outre Bergson articule la vie mystique à la capacité pour l’homme d’être en contact avec Dieu même, ce que Loisy exclut explicitement à partir d’une théorie de la connaissance de type néo-kantien. Cet article s’efforce de retracer la genèse de la dissension entre les deux auteurs et d’en expliquer les tenants et aboutissants.

G. Waterlot, Bergson and Loisy : Irreconcilable on mysticism, RThPh 2010/II, p. 135-160.
The longtime cordial relations between Bergson and Loisy were spoiled in the last years by questions of religion and morality. Loisy, in works published between 1917 and 1936, defended the pan-mysticism of his friend Bremond and closely related the religious and the mystic sentiment. Bergson’s conception of mysticism was, on the contrary, of a rare, sui generis experience, albeit having consequences for humanity in its entirety. Furthermore, Bergson articulates the mystical life with the capacity of humankind to be in contact with God himself, which Loisy explicitly excludes on the basis of a neo-Kantian type of theory of knowledge. This article tries to retrace the beginning of the dissension between the two writers and to explain its ins and outs.

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RThPh 2010/II, p. 123-134.

Frédéric AMSLER
Alfred Loisy et Maurice Goguel en Chassé-Croissé

Résumé
En 1932-1933, Maurice Goguel (Vie de Jésus) et Alfred Loisy (La naissance du christianisme), sans oublier Charles Guignebert (Jésus), produisent de volumineuses synthèses sur la question brûlante des origines du christianisme d’un point de vue historique. Les recensions que chaque auteur rédige sur les ouvrages de ses deux collègues permettent d’apprécier les points de conver¬gence et de divergence qu’ils discernent entre eux. Sous couvert de solennelles déclarations historiennes, chaque auteur n’en trahit pas moins des options théologiques, voire confessionnelles. D’une part Goguel semble surprendre Loisy en s’avérant plus proche de lui que ne l’est Guignebert sur l’idée d’une continuité entre Jésus et l’Eglise, ce qui avait été pourtant le principal point de divergence entre Harnack (L’essence du christianisme) et Loisy (L’Évangile et l’Église) au début du siècle. D’autre part, toute la distance qui sépare protestants et catholiques modernistes apparaît au grand jour dans l’interpré-tation profondément divergente que Loisy et Goguel développent du récit de la Passion et des épîtres pauliniennes.

F. Amsler, Comings and goings between Alfred Loisy and Maurice Goguel, RThPh 2010/II, p. 123-134.
In 1932-1933, Maurice Goguel (Vie de Jésus) and Alfred Loisy (La naissance du christianisme), not forgetting Charles Guignebert (Jésus), each produced voluminous syntheses on the passionate question from an historical perspective of the origins of Christianity. The reviews made by each one of the works of the other two show the points of convergence and divergence that they themselves discern between them. Under the cover of solemn, historical declarations, each author gives away his theological and even confessional preferences. Goguel seems to surprise Loisy by showing himself to be closer to him than is Guignebert on the idea of continuity between Jesus and the Church, which, however, at the beginning of the century, had been the main point of divergence between Harnack (The Essence of Christianity) and Loisy (L’Évangile et l’Église). Then again, the wide separation between Protestants and Catholic modernists is brought into broad daylight by the deeply diverging interpretations that Loisy and Goguel develop of the Passion story and the Pauline epistles.

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RThPh 2010/II, p. 105-122.

Pierre-Eugène LEROY

Loisy et le collège de France
Les conditions de l’élection, les circonstances de la leçon d’ouverture

Résumé
L’élection d’un nouveau professeur au Collège de France est un fait important dans la vie intellectuelle française (c’est toujours le cas aujourd’hui) et le premier cours public, un événement mondain très fréquenté. Les menaces qu’avaient proférées les milieux nationalistes et réactionnaires ont pesé lourdement sur le déroulement de cette matinée du 3 mai 1909, au cours de laquelle Alfred Loisy (1857-1940) prononça sa Leçon d’ouverture, et laissent entendre que le choix de l’exégète pour occuper la chaire d’histoire des religions du Collège, pourrait avoir un sens exclusivement politique. La réponse n’est pas aussi aisée qu’il paraît et cette communication énumère et analyse les conditions politiques mais aussi les rivalités de méthodes qui traversaient alors l’histoire des religions. Elle fait état aussi des soutiens amicaux comme des atouts personnels de Loisy, qui ont porté cette candidature. C’est donc, de notre point de vue, un faisceau de circons¬tances diverses qui rend compte de cette élection – difficilement acquise lors de l’assemblée des professeurs réunie au Collège de France le 31 janvier 1909 – à une chaire particulièrement «sensible», d’un prêtre catholique frappé, moins d’un an plus tôt, le 7 mars 1908, par le magistère romain, d’excommunication majeure.

P-E. Leroy, Loisy and the Collège de France. Conditions of his election and the circumstances of his opening lecture, RThPh 2010/II, p. 105-122.
The election of a new professor at the Collège de France is an important event in French intellectual life (even today) and the first public lesson, a well-attended social occasion. The threats of nationalist and reactionary groups weighed heavy on the ceremony the morning of 3 May 1909, when Alfred Loisy (1857-1940) pronounced his Opening Lecture and give the impression that the choice of the exegete for the chair of the history of religions at the Collège might have had a purely political basis. The truth is not as obvious as it seems and this study enumerates and analyses the political conditions as well as the methodological rivalries that the history of religions was going through at the time. It also mentions the support of friends who carried his candidature, much to Loisy’s personal advantage. Thus, from our point of view, it is a bundle of diverse circumstances that explain this election – gained with difficulty at the united assembly of professors of the Collège de France on 31 January 1909 – to a particularly sensitive chair of a Catholic priest excommunicated by a Roman magistery less than a year earlier, the 7th of March 1908.

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RThPh 2010/I, p. 67-80.

Denis MÜLLER
ÉTUDE CRITIQUE ENTRECROISÉE
Religion et vision de la personne
À propos de certains arguments de Joseph Weiler, Jean-Marc Ferry et Robert Spaemann au sujet du statut des catégories religieuses et éthiques dans l’espace public

Résumé
L’auteur interroge la thèse de Joseph Weiler, juriste juif américain, spécialiste de droit européen, en faveur de l’idée d’une Europe chrétienne et la met en corrélation avec la théorie éthique de Robert Spaemann, philosophe de conviction catholique, au sujet de la catégorie de personne. Il en résulte des questions critiques, dans le sens d’une éthique de la reconnaissance et de la reconstruction (Jean-Marc Ferry) et d’une plus grande valorisation du théolo-gique comme tel au sein de l’espace public.

D. Müller, Critical study at an intersection : Religion and the vision of personhood. On certain arguments of Joseph Weiler, Jean-Marc Ferry and Robert Spaemann concerning the status of religious and ethical categories in the public sphere, RThPh 2010/I, p. 67-80.
The author looks at the thesis of Joseph Weiler, a Jewish American jurist specializing in European law and favouring the idea of a Christian Europe, and juxtaposes it to the ethics theory of Robert Spaemann, a Catholic philosopher, with regards to the category of personhood. There result some critical questions in the direction of an ethics of recognition and reconstruction (Jean-Marc Ferry) and of greater value given to the theological as such in the public sphere.

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RThPh 2010/I, p. 55-66.

ÉTUDE CRITIQUE

Pierre GISEL
Dieu qui vient à l’homme

Résumé
Cette «étude critique» présente le travail magistral que Joseph Moingt consacre à la question de Dieu. Œuvre de «théologie fondamentale» d’abord, selon la double entrée d’une histoire de la modernité et d’une histoire du déploiement du christianisme (t. I). Œuvre située au plan de la doctrine ensuite (le t. II, en deux vol. II/1 et II/2). Où se reprennent tous les motifs classiques du christianisme, mais tout particulièrement – et c’est une question décisive, de toujours, mais notamment aujourd’hui en considération tant du socioculturel contemporain que de ce qui peut «arriver» ou non au christianisme – la question du rapport entre l’«économique» (le Christ, l’Esprit, l’Église) et Dieu en radicalité de terme. La méditation du «se faire chair», ici central, dans sa teneur et ses modalités, relance la réflexion sur la discontinuité que suppose et réclame un «venir» de Dieu à même le monde – tant à propos du Christ Jésus qu’à propos de l’humain – et sur ce qu’il faut entendre par «révélation».

P. Gisel, God who comes to humanity, RThPh 2010/I, p. 55-66.
This critical study presents the brilliant enquiry of Joseph Moingt into the question of God. First a work of “fundamental theology” with the double entry point of a history of modernity and a history of the manifestation of Christianity (Tome 1). Followed by a study of doctrine (Tome II, volumes 1 and 2), which reviews all the classic patterns of Christianity, but particularly – and this is as has always been, especially today considering both the social-cultural context and what might or might not “happen” to Christianity, a decisive question – the relationship between the “economy” (Christ, Spirit, Church) and God in the radical sense of the term. Meditation on the central concept here of “coming in the flesh,” in its imports and its modalities, causes reflexion upon the discontinuity supposed and called for by the “coming” of God into the world - concerning Jesus Christ as well as humanity - and upon the meaning of “revelation”.

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RThPh 2010/I, p. 39-54

Beat MICHEL
L’Âme entre corps et esprit
Le concept husserlien de soubassement à la lumière de la phénoménologie matérielle de Michel Henry

Résumé
L’œuvre de Michel Henry aura été de «recueillir» et développer le côté affectif de la phénoménologie, que Husserl, dans un passage clé de ses Idées directrices, a délaissé au profit du côté intentionnel de la subjectivité – tout comme trois siècles plus tôt Descartes avait «recueilli» la subjectivité écartée par Galilée. Le texte qui suit compare le concept de soubassement, ou âme, chez Husserl avec celui de chair chez Michel Henry. On verra que les deux philosophes parlent d’une couche sensible, qu’on peut d’une certaine manière situer entre corps et esprit, de deux points de vue diamétralement opposés. Au-delà de l’opposition entre les deux philosophies, cette recherche mène à une interprétation topologique du rapport entre corps, âme et esprit, tel que suggéré par le terme husserlien de soubassement, et propose un éclairage différent de la notion henryenne d’auto-affection.

B. Michel, The soul between body and spirit, RThPh 2010/I, p. 39-54
Michel Henry’s objective was to “pick up” and develop the emotional side of phenomenology, which Husserl, in a key passage in Ideas, left aside in favour of the intentional side of subjectivity – just as Descartes, three centuries earlier, “picked up” subjectivity left aside by Galileo. In this article, we compare the concept of the sub-basement, or soul, for Husserl, with that of the body for Michel Henry. We will see that both philosophers speak of a sensitive layer that can be situated in a certain manner between body and spirit, from two diametrically opposite points of view. Beyond the opposition of the two philosophies, this research leads to a topological interpretation of the relation between body, soul and spirit, as suggested by Husserl’s term sub-basement, and proposes a different light on Henry’s notion of self-affection.

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RThPh 2010/I, p. 21-38.

Thierry MÉNISSIER
Généalogie, critique de la responsabilité morale et constitution et de la subjectivité selon Nietzsche

Résumé
Dans cet article, on s’attache à restituer la critique nietzschéenne de la notion de responsabilité morale, à partir d’une lecture des thèses de la Généalogie de la morale. Cette critique met en relief le style de l’entreprise généalo-gique ; elle révèle en quoi la subjectivité, dans l’optique nietzschéenne, repose sur la structure de la dette et permet de comprendre ce que toute construction de responsabilité doit à la mauvaise conscience. La critique de la responsa¬bilité jette de plus un éclairage saisissant sur les mécanismes de dressage qui constituent la culture. Il s’agit ensuite de s’interroger sur la portée des consé¬quences de la critique nietzschéenne, en réfléchissant au profil des subjectivités débarrassées de la culpabilité telles que les appelle l’auteur de la Généalogie de la morale (mutation ou abolition de la notion de responsabilité ?).

T. Ménissier, Genealogy, Critic of moral responsibility and the structure of subjectivity according to Nietzsche, RThPh 2010/I, p. 21-38.
This article seeks to restore Nietzsche’s critique of the notion of moral responsibility, according to the theses in his Genealogy of Morals. This critique brings out the style of genealogy ; it shows how subjectivity, from the Nietzschean viewpoint, is based on debt and allows one to understand what any creation of responsibility owes to a bad conscience. The critique of responsibility also sheds an interesting light on the mechanisms of education constituted by culture. Afterwards, we look into the consequences of Nietzschean critique, by considering the profile of subjectivity once it has lost a sense of guilt, in the terms of the author of Genealogy of Morals (mutation or abolition of the notion of responsibility?)

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RThPh 2010/I, p. 1-20.

Jean-Pierre SONNET
La construction narrative de la figure de Moïse comme prophète dans le deuteronome

Résumé
Le Deutéronome se termine sur une déclaration qui confère à Moïse un statut prophétique sans égal dans l’histoire biblique (Dt 34,10). L’étude que voici caractérise la manière dont le récit du Deutéronome instruit le «dossier» de l’autorité prophétique de Moïse en tant que dispensateur de la Torah, enseignement «de seconde main», et non oracle «de première main». Le livre, montre-t-on, propose une «théorie narrative» de cette particularité. Et s’il loue en finale la grandeur de Moïse le prophète, ce n’est pas sans faire intervenir la figure du «prophète comme Moïse» annoncé en Dt 18.

J.-P. Sonnet, The narrative composition of the figure of Moses as prophet in Deuteronomy, RThPh 2010/I, p. 1-20.
Deuteronomy finishes with a declaration that confers on Moses the status of a prophet with no equal in biblical history (34:10). This study demonstrates the manner in which the Deuteronomist story prepares the “case” for the prophet-authority of Moses as the dispenser of the Torah, “second-hand” teaching and not “first-hand” oracles. We show that the book proposes a “narrative theory” of this particularity. And if at the end, it praises the greatness of Moses the prophet, it does so by also bringing in the figure of the “prophet like Moses” announced in chapter 18.

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RThPh 2009/IV, p. 377-389.

Christophe PERRIN
L’Épreuve au miroir

Résumé
Si nous autres êtres humains ne sommes pas «à l’épreuve des épreuves», les philosophes, pourtant, peinent à faire en pensée l’épreuve de l’épreuve, peu s’étant efforcés de conceptualiser ce vécu déchirant. Aussi est-ce l’ambition de ces pages que d’éclairer cette réalité et de clarifier son idée en perçant à jour l’un de ses paradoxes constitutifs : l’épreuve n’étant réellement ce qu’elle est que pour qui ignore qu’elle est ce qu’il vit, sans quoi s’amoindrit son caractère proprement éprouvant, penser l’épreuve semble revenir à saisir sur le vif l’écorché vif qu’est l’éprouvé, en faisant fi de l’objection qui demanderait quelle connaissance prendre de celle-ci auprès de lui si lui-même la méconnaît comme ce qu’elle est. Ainsi l’épreuve ne se voit-elle qu’au miroir de l’éprouvé.

C. Perrin, Testing in the mirror, RThPh 2009/IV, p. 377-389.
If we other common mortals are not beyond testing, philosophers have real difficulty to put into thought the testing of hardship, as they have little forced themselves to conceptualize such heart-rending experience. So it is the ambition of this study to expose this reality and to clarify the idea by bringing to light one of its characteristic paradoxes: an ordeal only being what it is for the person who ignores that he/she is going through it, otherwise its trying quality would be reduced, to think the ordeal seems to mean seizing immediately the hyper-sensibility that is the ordeal, while not caring about the objection that no knowledge can be made of the ordeal by the person experiencing it if he or she herself is unaware of what it really is. In other words, hardship only sees itself in the mirror of hardship.

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RThPh 2009/IV, p. 363-375.

Éric JUNOD
Du danger d’écrire

Résumé
Au début de la préface du premier ouvrage qu’il a publié, Origène signale qu’il s’est longtemps refusé à écrire «sachant le danger qu’il y a, dans les choses saintes, non seulement à parler, mais bien plus encore à écrire et à laisser ces écrits à la postérité». Après une brève enquête sur ce qu’écrire et publier pouvait signifier au IIIe siècle, l’attention se porte sur les raisons possibles du danger dénoncé. Cinq hypothèses sont envisagées : le coût en temps, les falsifications exercées sur les documents, l’éventualité que le message transmis soit lu par d’autres que ses destinataires, l’inertie de l’écriture, l’introduction d’écrits à côté de l’Écriture.

E. Junod, On the danger of writing, RThPh 2009/IV, p. 363-375.
In the beginning of the preface to his first published work, Origen says that for a long time he refused to write, “knowing the danger, in holy matters, not only of speaking, but even more of writing and leaving written works to posterity.” After a brief research on what it might have meant to write and publish in the 3rd c., attention is given here to the possible dangers he suggests. Five hypotheses are proposed : the cost in time, falsifications of documents, the eventuality that the message would be read by others than those for whom it was intended, the inertia of the act of writing, the introduction of writings besides Holy Writ.

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RThPh 2009/IV, p. 347-362.

Mathieu RODUIT
L’illusion de l’enseignement par les mots : un commentaire du De Magistro

Résumé
Le De Magistro d’Augustin d’Hippone est, sans aucun doute, l’un des plus importants traités de sémiologie de l’Antiquité et de la première moitié du Moyen Âge. Toutefois, la réflexion sur le signe ne s’y avère fondamentale que dans la perspective d’une approche cognitive, par laquelle Augustin entreprend la synthèse de la gnoséologie païenne et du mystère de la révélation chrétienne. À aucun moment la langue ne le préoccupe comme telle. Plus qu’un dédain, c’est un véritable mépris dont Augustin fait preuve à son sujet.

M. Roduit, The illusion of teaching by words: a commentary on De Magistro, RThPh 2009/IV, p. 347-362.
Augustine of Hippo’s De Magistro is without doubt one of the most important treatments of semiotics in antiquity and the early middle ages. However, his reflection on signs really only appears in the perspective of a cognitive approach by which he goes about summarizing pagan gnosiology with the mystery of Christian revelation. Language never interests him as such. More than disdain, he treats it with real contempt.

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RThPh 2009/IV, p. 321-346.

Thomas RÖMER
Le dossier biblique sur la statue de YHWH dans le prenier temple de Jérusalem
Enquêtes scripturaires à travers la Bible hébraïque

Résumé
Cette étude porte sur les différents indices qui, dans la Bible hébraïque, suggèrent l’existence de représentations concrètes du Dieu d’Israël (Yhwh), notamment dans le contexte du culte. Il est généralement admis aujourd’hui que l’interdit des représentations de Yhwh (aniconisme) constitue en réalité un développement tardif, vraisemblablement postérieur à l’exil babylonien. Même si les scribes judéens qui ont transmis le texte de la Bible hébraïque se sont efforcés d’adapter les traditions plus anciennes dont ils ont hérité pour les conformer aux représentations de la divinité qui s’imposeront progressivement dans le judaïsme du second temple, il demeure néanmoins plusieurs indices importants dans ces textes qui suggèrent effectivement l’existence de formes de vénération iconiques du Dieu d’Israël.

T. Römer, The biblical file on the statue of JHWH in the first temple of Jerusalem. A scriptural survey of the Hebrew Bible, RThPh 2009/IV, p. 321-346.
This is a study of the different clues in the Hebrew Bible that suggest the existence of concrete representations of the God of Israel (YHWH), notably in the context of worship. It is generally accepted today that the interdict of representing YHWH (aniconism) is in fact a late, likely post-exilic development. Even though the Judean scribes, in transmitting the text of the Hebrew Bible, strove to adapt the more ancient, inherited traditions so as to conform them to the representations of the divinity which would establish themselves in Second temple Judaism, there remain nevertheless several important textual indications effectively suggesting the existence of forms of iconic veneration of the God of Israel.

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RThPh 2009/III, p. 273-292.

Hans-Christoph ASKANI
Hölderlin et la théologie

Résumé
Le sujet de cette étude est l’ex-centricité, l’éclatement du cercle. La question fondamentale est de savoir s’il y a une échappatoire à cette forme, à l’accomplissement, au retour à soi-même.

H.-C. Askani, Hölderlin and Theology, RThPh 2009/III, p. 273-292.
The subject of this study is ex-centricity, the shattering of the circle. The fundamental question is the possibility of a way out of this form, from accomplishment, from the return to oneself.

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RThPh 2009/III, p. 261-272.

Cinzia ARUZZA
Le refus du bonheur
Négligence et chute dans la pensée d’Origène

Résumé
Comme cela a déjà été mis en lumière, c’est probablement dans la négligence (μέλεια) qu’il faut voir la cause première de la chute des créatures rationnelles qui a donné lieu à la vie dans le monde sensible et dont Origène parle diffusément dans le De principiis. Cet article a pour but d’examiner la notion de négligence, en analysant ses sources bibliques et philosophiques, notamment Philon d’Alexandrie, ainsi que le sens qu’il faut lui attribuer à la lumière de la théodicée élaborée plus en général par Origène.

C. Arruzza, The refusal of happiness. Negligence and Fall in the thought of Origen, RThPh 2009/III, p. 261-272.
As has already been shown, it is likely in negligence (μέλεια) that must be seen the first cause of the fall of rational creatures producing life in the world of sensitivity, of which Origen vaguely speaks in De principiis. This article seeks to examine the notion of negligence, by analysing biblical and philosophical sources, notably Philo of Alexandria, as well as the meaning that must be attributed to it in the light of the theodicy elaborated by Origen in more general terms.

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RThPh 2009/III, p. 253-259.

Jean-Pierre VAN ELSLANDE
Que philosopher, c’est être enfant : Montaigne pédagogue

Résumé
Cet article a pour objet la façon dont Montaigne envisage la philosophie comme une forme de pédagogie. Si l’on connaît bien les développements des Essais qui, inspirés par le néo-stoïcisme, font de la réflexion sur la finitude de l’existence un apprentissage philosophique, les développements consacrés à l’apprentissage ne sont généralement envisagés que dans la perspective d’une histoire de l’éducation. Or ils amènent Montaigne à s’intéresser au processus d’éclosion de l’esprit critique plutôt qu’à ses fins ultimes, et permettent par conséquent d’enrichir l’idée que nous nous faisons des rapports de l’essayiste
au savoir philosophique. Leur originalité débouche notamment sur une redéfinition de l’écriture comme source de connaissance, ainsi que sur une conception du plaisir littéraire entendu comme une expérience de pensée et de vie fondatrice.

J.-P. Van Elslande, To philosophy is to be a child. Montaigne as pedagogue, RThPh 2009/III, p. 253-259.
This article treats the way Montaigne sees philosophy as a form of pedagogy. While, in the Essays, those developments are well known which, inspired by neo-stoicism, make of the finiteness of existence a lesson in philosophy, the developments dedicated to learning are generally only considered within the perspective of the history of education. Yet they bring Montaigne to an interest in how the critical spirit blossoms rather than in its ultimate ends ; in consequence, they enrich our idea of the essay writer’s relation to philosophical knowledge. Their originality, notably, leads to a redefinition of writing as
a source of knowledge and a conception of literary pleasure as an experience of thought and of re-invigorating life.

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RThPh 2009/III, p. 243-252.

Philippe GROSOS
Montaigne et Pyrénées
L’écriture de soi dans les Essais

Résumé
Loin de ne relever que d’une tentation narcissique, comme ont pu le lui reprocher les moralistes du XVIIe siècle, l’écriture de soi chez Montaigne est le lieu par excellence où faire l’épreuve de l’instabilité du monde. Aussi, en allant jusqu’à se nommer en son écriture, Montaigne a su atteindre, tout en disant ne parler que de lui, une paradoxale humilité autant qu’une grande honnêteté.

P. Grosos, Montaigne and the Pyrenees. Self-portrayal in the Essays, RThPh 2009/III, p. 243-252.
Far from a purely narcissist temptation, for which he was reproached by 17th c. moralists, the self-portrayal of Montaigne was the perfect place for testing the instability of the world. By thus going so far as to name himself in his writing, while saying he was only speaking of himself, Montaigne reached a degree of paradoxical humility and great honesty.

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RThPh 2009/III, p. 237-242.

Charles GAGNEBIN
La figure de Socrate dans les essais de Montaigne

Résumé
Cet inédit, prévu apparemment pour une conférence, présente plusieurs traits caractéristiques du travail de Charles Gagnebin sur Montaigne : intérêt pour les «figures exemplaires» dans les Essais, mise en œuvre d’une méthode attentive au texte et à ses différents états, prise en compte de diverses lectures,
interrogation sur le «scepticisme» de Montaigne et sur son «naturalisme».

C. Gagnebin, The figure of Socrates in Montaigne’s Essays, RThPh 2009/III, p. 237-242.
This unpublished work, apparently prepared in view of a conference, presents several characteristic traits of C. Gagnebin’s work on Montaigne: his interest for «exemplary figures» in the Essays, the use of a method that is attentive to the text and its different stages, consideration for various interpretations, the questioning of the «scepticism» and the «naturalism» of Montaigne.

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RThPh 2009/III, p. 227-236.

ÉTUDE CRITIQUE

Sylvie BONZON
La philosophie critique de Montaigne

Résumé
Le livre de Charles Gagnebin présenté ici, œuvre d’ une vie, s’attache à inscrire la pensée de Montaigne dans le courant des philosophies critiques. La polymorphie des cheminements «critiques» repérés chez son auteur par Gagnebin laissera peut-être son lecteur dubitatif quant au sens même du terme, ici. Mais l’essentiel n’est pas là : l’essentiel, pour Gagnebin, c’est de défendre la pensée de Montaigne contre toute accusation de scepticisme, en lisant et relisant les Essais avec une attention passionnée.

S. Bonzon, Montaigne’s critical philosophy, RThPh 2009/III, p. 227-236.
Charles Gagnebin’s life-work presented here seeks to inscribe the thought of Montaigne in the line of critical philosophy. The polymorphic nature of the critical paths that Gagnebin finds in Montaigne might leave the reader doubtful about the very meaning of the term, here. But the essential lies elsewhere: for Gagnebin, it is to defend the thought of Montaigne against any accusation of scepticism, by reading and re-reading the Essays with a passion.

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RThPh 2009/II, p. 193-208.

Frank HALDEMANN
Penser la justice traditionnelle : pour une reconnaissance collective des victime

Résumé
Quelle réponse donner au «mal radical», inimaginable et indicible, que le XXe siècle a produit, un mal associé à des lieux comme Auschwitz et Srebrenica ? Comment rendre justice face à de tels crimes qui, par leur violence extrême, s’avèrent impardonnables et impunissables ? Ces questions constituent à la fois le défi et le paradoxe de ce que l’on appelle aujourd’hui la justice transitionnelle (Transitional Justice). Dans les réflexions qui suivent, nous envisageons de construire le discours de la justice transitionnelle – ce discours d’une justice inévitablement imparfaite et fragile – en termes de reconnaissance: reconnaissance des victimes et de leurs souffrances face au mépris de la collectivité. Dans cette perspective, nous tâchons de mettre en lumière la dimension collective d’un discours de la reconnaissance qui pense la justice transitionnelle «à partir de» et «avec» ceux qui ont subi des violations massives de leurs droits humains.

F. Haldemann, «Transitional Justice : for a collective recognition of victims», RThPh 2009/II, p. 193-208.
What response can be made to the «radical evil», unimaginable and inexpressible, that the 20th c. produced, evil associated with places such as Auschwitz and Srebrenica? How can justice be rendered in the face of such crimes which, by their extreme violence, prove to be both unpardonable and un-punishable? These questions form at the same time the challenge and the paradox of what today is called Transitional Justice. In the following reflections, we hope to construct the discourse of Transitional Justice – meaning a justice inevitably imperfect and fragile – in terms of recognition: recognition of the victims and their sufferings in the face of the scorn of society. In this perspective, we try to show the collective dimension of the discourse of recognition, which considers Transitional Justice “on the basis of” and “with” those who have suffered the massive violations of their human rights.

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RThPh 2009/II, p. 179-192.

André KUHN
Peut on se passer de la peine pénale?
Un abolitionnisme à la hauteur des défis contemporains

Résumé
Un rapide aperçu des diverses fonctions de la peine permet de constater que les sanctions pénales n’ont pas les moyens de répondre aux attentes dont on les assortit généralement. Notre justice du glaive, qui cherche à trancher le conflit entre des intérêts individuels et à placer ceux-ci sur une balance en tentant de rétablir l’équilibre, doit donc être repensée et, à terme, probablement remplacée par une justice de l’aiguille qui, telle une couturière, tentera de recoudre les fibres du tissu social déchiré par l’infraction pénale. Le droit pénal actuel est ainsi destiné à se réformer en profondeur, voire à disparaître au profit de règlements plus amiables des conflits, tels que la médiation.

A. Kuhn, «Can we do without penal punishment? An abolitionism to meet contemporary challenges», RThPh 2009/II, p. 179-192.
A rapid glance at the diverse functions of punishment permit us to see that penal sanctions do not respond to the expectations that we generally apply to them. Thus our justice of the sword, by which we seek to resolve a conflict between individual interests and place them on a scale to re-establish a balance must be rethought and, ultimately, probably replaced by a justice of the needle which, like a tailor, works to repair the social fabric torn by a breach of the law. Contemporary penal law is also destined to be deeply reformed, even to disappear, in favour of more amiable solutions to conflicts, such as mediation.

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RThPh 2009/II, p. 157-178.

Francesca DE VECCHI
Préméditation : Quelques remarques du point de vue philosophique, éthique et juridique

Résumé
Dans cet article, j’aborde quelques-uns des aspects problématiques impliqués par le concept controversé de préméditation à partir de l’analyse élaborée par le phénoménologue et philosophe du droit Adolf Reinach. Comme en témoignent les différents rôles attribués à la préméditation par les principaux codes pénaux occidentaux, il est difficile de saisir de façon univoque la signification de cette figure juridique. Il s’agit d’un problème philosophique et éthique touchant à la définition des actes intentionnels et volontaires, et du rapport entre ces actes et la personne de l’agent. Il s’agit également d’un problème juridique concernant la justesse et l’équité de la peine.

F. De Vecchi, «Premeditation : some remarks from a philosophic, ethic and juridical viewpoint», RThPh 2009/II, p. 157-178.
In this article, I approach some problematic aspects of the controversial concept of premeditation, on the basis of the analysis elaborated by the phenomenologist and law philosopher Adolf Reinach. As shown by the different roles attributed to premeditation in principal Western penal codes, it is difficult to grasp in a univocal manner the significance of this juridical figure. It presents a philosophic and ethical problem touching upon the definition of intentional and voluntary acts and the relationship between acts and agents, as well as a juridical problem concerning justice and the fairness of punishment.

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RThPh 2009/II, p. 141-156.

Stefano BIANCU
La peine, le symbole, l’autorité

Résumé
À partir de l’hypothèse que les racines de l’actuelle crise de la sanction pénale et de l’actuelle crise de l’autorité sont (en partie) communes, ce texte tente une lecture commune des deux phénomènes. La thèse est que, ayant perdu toute ressource symbolique ultérieure (qui fasse autorité), dans nos sociétés libérales et modernes, le droit s’est transformé en un fondement ultime audelà duquel rien n’existe. Un fondement exclusivement formel, qui se révèle incapable de faire autorité. Ce texte va ainsi à la recherche de la possibilité d’une réponse au crime capable de faire autorité, possibilité qu’il trouve dans un nouveau rôle attribué aux victimes. La conclusion est que la (nécessaire) réponse au crime ne doit pas avoir nécessairement la forme de la sanction pénale.

S. Biancu, «Punishment, symbol, authority», RThPh 2009/II, p. 141-156.
On the basis that the current crisis of penal sanction and the current crisis of authority have (partly) common roots, this text attempts a common reading of the two. The theory is that, having lost all symbolic ulterior resource (having authority), in our modern, liberal societies, law has become the ultimate foundation beyond which nothing else exists. A purely formal foundation, turning out to be incapable of authority. Thus this article seeks the possibility of a response to crime which can have authority, a possibility found in the new role attributed to victims. The conclusion is that the (necessary) response to crime does not necessarily involve penal sanction.

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RThPh 2009/II, p. 127-140.

Norbert CAMPAGNA
L’État a-t-il un devoir catégorique de punir?

Résumé
Après s’être penchée longuement sur la question du droit de punir, la philosophie du droit devrait maintenant s’interroger de manière plus précise sur celle du devoir de punir. C’est à une telle interrogation que procède cette contribution, son but étant d’identifier des instances vis-à-vis desquelles l’État serait obligé de punir une personne coupable. Il s’agira de montrer que pour aucune de ces instances, il n’est possible d’établir, au-delà de tout doute, un devoir catégorique de punir. Tout au plus pourra-t-on établir l’existence d’un devoir de punir fondé sur une décision de la société. L’actualité de ces réflexions sur la question d’un éventuel devoir étatique de punir devrait sauter aux yeux de quiconque a suivi l’histoire de ces nombreux pays qui, au cours de ces dernières décennies, sont passés de régimes politiques foncièrement injustes à des régimes politiques plus justes moyennant une politique d’amnistie pénale.

N. Campagna, “Does the State have a categorical duty to punish?”, RThPh 2009/II, p. 127-140.
After long considering the right to punish, the philosophy of law should now more precisely question the duty to punish. This is the aim of the present contribution, in identifying the proceedings in which the State would have the duty to punish the guilty person. It will be shown that for not one of these proceedings, is it possible to establish, beyond doubt, a categorical duty to punish. At most, one might be able to establish the existence of a duty to punish upon the decision of society. The current importance of these reflections on the question of eventual state punishment should be obvious for anyone who has followed the history of numerous countries that have passed, in recent decades, from basically unjust political regimes to more just ones through a policy of penal amnesty.

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RThPh 2009/II, p. 115-126.

Alberto BONDOLFI
La peine : un thème à redécouvrir en Éthique et en droit

Résumé
Dans la réflexion contemporaine, le thème de la sanction pénale et de sa justification de principe a suivi, en partie, les différentes phases du renouveau de la philosophie morale et de la philosophie du droit en général, en les intégrant plus ou moins explicitement en son sein. En même temps la philosophie pénale a suivi ses voies propres, influencées par des facteurs externes à la philosophie morale, comme par exemple les mouvements sociaux liés aux phénomènes de la marginalité. La situation de la réflexion pénale dans la littérature scientifique de langue française se révèle assez différente, car elle semble ignorer les sujets et les développements qu’on vient d’évoquer. Pendant ces dernières années, on peut toutefois constater un certain regain d’intérêt aussi en francophonie. Les contributions réunies ici aimeraient s’insérer dans cette mouvance, en l’encourageant et en l’alimentant par l’approfondissement d’aspects particuliers.

A. Bondolfi, «Punishment : a subject to rediscover in ethics and law, RThPh 2009/II, p. 115-126.
In contemporary thought, the subject of penal sanction and its assumed justification has partly followed the different phases of the renewal of moral philosophy and of philosophy of law in general by its more or less explicit integration. At the same time, penal philosophy has taken its own paths, influenced by factors external to moral philosophy, as, for example, the social movements linked to the phenomena of marginality. In scientific literature of the French language, the situation of penal thought appears to differ, as it seems to ignore these subjects and developments. In the last years, however, one can find new interest, even in the French speaking countries. It is hoped that the following contributions might be taken into this movement by encouraging it and nourishing it by going deeper into some specific aspects.

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RThPh 2009/I, p. 47-62.

Annette DISSELKAMP
Existe-t-il une justice chrétienne ?
Quelques réflexions sur les Doctrines sociales d’Ernst Troeltsch

Résumé
L’ouvrage Les doctrines sociales des Églises et groupes chrétiens (1911) d’Ernst Troeltsch recèle des réflexions sur la justice distributive qui sont de nature à alimenter nos questions et incertitudes plutôt que de fournir des réponses et de nous rassurer. Le problème se présente sous la forme d’une interrogation relative aux inégalités entre les êtres humains, et l’auteur fait voir que les principales doctrines théologiques exacerbent la difficulté alors même qu’elles tentent de la concevoir et de la rendre intelligible. Nous invite-t-il à baisser les bras ? Et si au contraire, les limites d’un concept nous encourageaient à faire face aux situations les plus scandaleuses ?

A. Disselkamp, Is there such a thing as Christian justice? Reflections on Social Doctrines by Ernst Troeltsch, RThPh 2009/I, p. 47-62.
The Social Doctrines of Christian Churches and Groups (1911) by Ernst Troeltsch contains suggestions of distributive justice that are more prone to feed our questions and doubts than to furnish answers and reassure us. The problem appears in the form of an examination regarding the inequalities between humans; and the author shows that principal theological doctrines exacerbate the difficulty at the same time as they try to conceive it and render it intelligible. Does he invite us to give up? And what if, on the contrary, the limits of a conception encourage us to look face to face at the most scandalous of situations?

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RThPh 2009/I, p. 63-72

ÉTUDE CHRITIQUE

Pierre GISEL
Le christianisme comme style

Résumé
Cette «étude critique» présente la très remarquable synthèse que propose Christoph Theobald, à la fois contribution à la compréhension de ce qu’est le christianisme et à la fois mise en place de son histoire récente, depuis le XIXe siècle. On y trouve en même temps une série de typologisations des manières de faire œuvre de théologie, qui répondent à chaque fois à des défis précis, socioculturels, que Theobald cerne avec beaucoup d’acuité. Après un passage en revue de la synthèse proposée, s’efforçant d’en dire les axes directeurs, l’article ouvre, sur fond d’accords assez largement partagés, quelques questions qui peuvent valoir comme démarcation ou comme relance. Elles touchent principalement à une asymétrie, ici requise, entre transcendance et monde, et à une validation à trouver des particularités, résistant à ce qui pourrait être trop l’évanouissement d’un geste pur, spirituel, un «style» d’existence à même les différences du monde.

P. Gisel, Critical Study. Christianity as style, RThPh 2009/I, p. 63-72
This critical study presents the remarkable synthes proposed by Christoph Theobald, which is both a contribution to the understanding of Christianity and an organising of its recent history since the 19th c. One also finds a series of precisely defined, socio-cultural categorisations of the ways of making words of theology, delimited by Theobald with much acuteness. After reviewing this synthesis and trying to state its main directions, the article opens some questions, on the basis of largely shared agreement, that may serve as limitations or as trampolines. They mainly concern a necessary asymmetry here between transcendence and the world, and a validation to be found for particulars which resist what could be too much the fading of a pure, spiritual act, a “style” of existence like other mundane differences.

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RThPh 2009/I, p. 29-46.

Stefan KRISTENSEN
Foucault et la phénoménologie
Le problème de l’unité du sujet

Résumé
Michel Foucault serait, selon Dreyfus et Rabinow, «le dernier phénoménologue». Mais cela ne signifie pas, comme les commentateurs le laissent entendre, qu’il soit son liquidateur. En mettant Foucault en dialogue avec Maurice Merleau-Ponty, on s’aperçoit que cette appellation n’est pas si absurde qu’il paraît. L’un des enjeux de ce rapprochement est de développer une conception de la subjectivité échappant à l’opposition entre le substantialisme de l’égologie husserlienne et la dilution du sujet dans les replis de la structure. L’époque actuelle est propice en effet à des tentatives d’articulation du sujet et de son monde, que ce soit au plan de la corporéité, de la socialité ou du politique.

S. Kristensen, Foucault and Phenomenology. The problem of the unity of the subject, RThPh 2009/I, p. 29-46.
Michel Foucault would be, according to Dreyfus and Rabinow, «the last phenomenologist». But this does not mean, as commentators give the impression, that he liquidated it. By putting Foucault into dialogue with Maurice Merleau-Ponty, one realizes that this designation is not as absurd as it seems. One point at stake in this comparison is the development of an idea of subjectivity that escapes the opposition between substantialism of Husserl’s egology and the dilution of the subject in the innermost recesses of structure. In fact, it is currently propitious to attempt an articulation of the subject and his world, whether on the bodily plan, the social or the political.

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RThPh 2009/I, p. 1-28.

Jean-Marie BEYSSADE
En quête d’une ontologie cartésienne : sur trois formules à corriger
(Lettre à un inconnu, 1642 ou 1643, AT V 545-546)

Résumé
Après les Meditationes qui ont fait connaître les racines de sa métaphysique, avant les Principia qui vont développer sa physique, Descartes met au point avec un interlocuteur ami et inconnu les «façons de parler», les formules techniques les mieux adaptées à la nouvelle philosophie dans son intégralité. Pour Dieu, l’être suprême, sa liberté est indifférence mais non pas pouvoir de choisir entre des contraires. Et sa causalité, comme causa sui, cause de soi, est entièrement positive, mais elle est causalité formelle et non pas efficiente. Quant aux choses matérielles dont l’ensemble constitue le monde, la causalité est strictement mécanique, tant de Dieu à la machine du monde qu’il crée, comme cause efficiente et totale, d’une seule et même matière, qu’entre ces corps et leurs mouvements qui sont causes secondes les uns des autres. L’ensemble de ces formules corrigées fait signe vers ce qui s’appellera, d’un terme encore
absent chez Descartes, mais qui se généralisera après lui, une sorte d’ontologie. Nous nous proposons de le montrer en commentant une importante lettre de Descartes (AT V 545-546).

J.-M. Beyssade, In search of a Cartesian ontology : three correctable formulas (letter to an unknown recipient, 1642 or 1643, AT V45-546), RThPh 2009/I, p. 1-28.
After the Meditationes, which made known the bases of his metaphysics, and before the Principia, in which he would develop his physics, Descartes, with an unknown friend and interlocutor, worked out the «ways of speaking» the best adapted to the new philosophy in its totality. The liberty of God, the Supreme Being, is indifference but not the power to choose between opposites. And his causality, as causa sui, is entirely positive, but it is formal causality and not efficient. As to the material things which constitute the world, their causality is strictly mechanical, as much from God to the world machine that he creates, as total and efficient cause from one and the same unique matter, as between bodies and their movements which are secondary causes one of another. The ensemble of these corrected formulas point to what would be called a sort of ontology, though the term is still absent in Descartes and would be generalized after his time. We propose to show this in commenting upon one of Descartes’ important letters (AT V 545-546).

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RThPh 2008/IV, p.351-363.

Pierre BÜHLER
La théologie est-elle encore de la théologie ?
Un contrepoint

Résumé
Comme son sous-titre l’indique, cet article a pour but de développer un contrepoint au livre de Pierre Gisel qui fait l’objet du débat présenté dans ce numéro. En dialogue critique avec cet ouvrage, il tente de formuler une autre manière de concevoir la théologie aujourd’hui. Après avoir explicité les conditions et la base d’accord de ce dialogue, il reprend successivement la question de la définition de la théologie, le problème des rapports entre théologie et sciences des religions et les difficultés liées à la relecture des héritages, pour se terminer par une évaluation globale du projet de Pierre Gisel.

P. BÜHLER, La Théologie, is it still theology? An objection, RThPh 2008/IV, p.351-363.
As indicated by its subtitle, this article develops an objection to the book of Pierre Gisel, subject of the debate in the present edition. In critical dialogue, it tries to formulate a different way of conceiving theology today. After exposing the conditions and basis for agreement in this debate, it takes up in succession the question of the definition of theology, the problem of the relationships between theology and the science of religions and the difficulties linked to the re-reading of traditions, finishing with a global evaluation of the project of Pierre Gisel.

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PIERRE GISEL
Conclusion : d’un déplacement plus radical

Résumé
Cette conclusion reprend de façon synthétique et prospective la question de ce qui est attaché au théologique. Cela conduit à remettre en perspective, de façon plus accusée, l’histoire occidentale ; à repenser les lieux et les modes de travail sur le religieux aujourd’hui, en lien avec ce qui se modifie de nos sociétés ; à repréciser enfin les conditions institutionnelles de ce travail dans l’Université publique.

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JEAN KAEMPFER, PHILIPPE BORGEAUD, PHILIPPE GROSOS, GHISLAIN WATERLOT

Résumé
Chacun des quatre auteurs revient ici, successivement, sur les réponses données par Pierre Gisel. Jean Kaempfer pour s’accorder au mixte entre adhésion impliquée et distance savante, tout en soulignant qu’en littérature le caractère de fiction est reconnu, et pour se demander si la théologie le peut sans se perdre comme théologie. Philippe Borgeaud pour souligner à nouveau la nécessité du décentrage et de la comparaison, avant de bien marquer la particularité heureuse de la discipline et des pratiques qui sont celles de l’historien des religions. Philippe Grosos redit ensuite la difficulté à lier anthropologie et
pratiques socio-culturelles d’une part, le croire inscrit au coeur des croyances de l’autre. Ghislain Waterlot revient enfin sur la théologie en ce qu’elle serait un champ propre et poursuit le dialogue à propos d’universalité et particularité.

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RThPH 2008/IV, 331-335

Pierre GISEL
Réponse à Ghislain Waterlot

Résumé
Le texte reprend ce que Ghislain Waterlot dit de La théologie, indiquant quelques inflexions symptomatiques, sur le christianisme comme récapitulation, sur le rapport à l’absolu, fondamental ou non, sur la révélation, le nécessaire et le contingent. Il renoue ensuite avec le débat, passant en revue la relation entre théologie fondamentale et traditions particulières, la question de savoir si la théologie, ici, devient philosophie ou non, la question enfin de la particularité et de l’universalité et, surtout, de leurs rapports, avant de s’interroger sur la tâche, pour la théologie, d’être ou non force de proposition.

P. Gisel, Response to Ghislain Waterlot, RThPH 2008/IV, 331-335
This response picks up on what Ghislain Waterlot says of La théologie, giving some
symptomatic inflections on Christianity as recapitulation, on relation to the absolute, fundamental or not, on revelation, on necessity and on contingence. Continuing the debate, it reviews the relationship between fundamental theology and particular traditions; the question whether or not theology, here, becomes philosophy; the question, finally, of particularity and universality, especially the relationship between them, before asking if theology has or not the task to be a propositional force.

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RThPh 2008/IV, p. 325-329

Ghislain WATERLOT
Une lecture et ses questions

Résumé
Il s’agit dans ce texte de mettre en évidence ce qui nous apparaît comme les «lignes de force» du livre de Pierre Gisel. Quatre lignes principales sont ainsi dégagées, puis quatre points de discussion avec l’auteur sont brièvement développés.

G. Waterlot, A reading and some questions, RThPh 2008/IV, p. 325-329
In this essay, we bring out what appears to us to be the main thrusts of Pierre Gisel’s book. Four principal threads are picked up and then four points of discussion with the author are briefly developed.

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RThPh 2008/IV, p. 319-324.

Pierre GISEL
Réponse à Philippe Grosos

Résumé
La réponse reprend sur le fond ce qu’il en est, en christianisme, de la révélation, un thème qui, en modernité, a fait l’objet d’un assez net tournant au cœur du XXe siècle. Elle se poursuit par l’examen de la question de ce qui se tiendrait au cœur de la théologie et la définirait comme discipline : un type
de rapport à l’objet.

P. Gisel, Response to Philippe Grosos, RThPh 2008/IV, p. 319-324.
This response basically picks up the theme of revelation as it now stands in Christianity, after its having been the subject of a major shift in the 20th c. It goes on by examining the question of what is at the heart of theology and what would define it as a discipline: a sort of relation to the object.

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RThPh 2008/IV, p. 313-318.

Philippe GROSOS
La théologie en question

Résumé
Le livre de Pierre Gisel se propose de penser la théologie comme une «anthropologie du croire». Or cela suppose de renoncer à une lecture de type confessionnel et donc à l’idée même de révélation. Mais, privée de révélation, une telle théologie peut-elle devenir autre chose qu’une anthropologie ?

P. Grosos, Questioning theology, RThPh 2008/IV, p. 313-318.
Pierre Gisel proposes to think theology as an “anthropology of believe”. That presupposes the abandoning of denominational reading and also of revelation. But, without revelation, is it possible for theology to be anything else besides anthropology?

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RThPh 2008/IV, p. 307-312.

Pierre GISEL
Réponse à Philippe Borgeaud

Résumé
La réponse souligne la nécessité d’une vision comparative pour comprendre ce qu’est une religion donnée. Elle se poursuit par des éclaircissements touchant une perspective dite généalogique, avant de reprendre la question du réflexif, du problématisant et du théorique.

P. Gisel, Response to Philippe Borgeaud, RThPh 2008/IV, p. 307-312.
This response underlines the need for a comparative vision in order to understand any given religion. It goes on with some clarifications of the so-called genealogical perspective, before taking up the question of the reflexive, the problematic and the theoretical.

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RThPh 2008/IV, p. 301-306.

Philippe BOURGEAUD
Généalogie et comparatisme sous le regard de la théologie

Résumé
Pierre Gisel propose d’arracher la théologie à ce qu’elle est dans un regard traditionnel, pour en faire une histoire des interrogations que la modernité porte sur elle-même, dans une relation à l’«absolu». Cela revient à vouloir travailler sur des structures inconscientes (sur des élaborations idéologiques),
en abordant les réalités religieuses selon une théorie du religieux et de ce qui s’y construit. Une telle théorie de la religion restera fondamentalement une théorie du christianisme, même si elle suppose un décentrement relatif, un regard décalé adressé aux instances internes de l’altérité et, dans une moindre
mesure, aux «autres» de l’extérieur.

P. Borgeaud, Genealogy and comparativism in the view of theology, RThPh 2008/IV, p. 301-306.
Pierre Gisel proposes to remove theology from its traditional definition, to thus make of it a history of the questioning of modernity in its relation to «the absolute». This means working on subconscious structures (ideological elaborations) at the same time as religious realities within a theory of the religious and its constructs. Such a theory of religion will remain fundamentally a theory of Christianity, even with a relative decentration, a shifted view of the internal authorities of alterity and, subsequently, of «others» from the outside.

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RThPh 2008/IV, p. 295-300.

Pieer GISEL
Réponse à Jean Kaempfer

Résumé
Cette réponse commence par reprendre le soupçon de réduction anthropologique, pour en situer la problématique dans une histoire large. Elle se poursuit par un réexamen, problématisant, des différences entre théologie et sciences des religions. Elle continue avec la question de l’agonistique et de la neutralité, avant de conclure sur une proximité avec la littérature.

P. Gisel, In response to J. Kaempfer, RThPh 2008/IV, p. 295-300.
This response starts by picking up the suspicion of anthropological reduction in order to situate the problem in a large history. This is followed by a problematic re-examination of the differences between theology and the science of religions. We continue with the question of agonistics and of neutrality, before concluding on the proximity to literature.

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RThPh 2008/IV, p. 291-294.

Jean KAEMPFER
Une théologie polémique et militante

Résumé
La théologie, à lire Pierre Gisel, ne se résume pas à un corps d’affirmations sur Dieu, la création, l’économie du salut, etc., mais inclut une réflexion plus générale sur l’humain et son rapport à la croyance. Cette volonté d’élargissement est ici interrogée quant à sa dimension combative (elle se présente en effet comme un engagement contre l’«idéologisation») et quant à sa volonté généralisante : ne rejoint-elle pas ainsi un propos qui est aussi, fondamentalement, celui de la littérature ?

J. Kaempfer, A polemical and militant theology, RThPh 2008/IV, p. 291-294.
Theology, according to Pierre Gisel, is not just a body of affirmations about God, creation, salvation, etc., but includes more general reflection on humankind and relation to faith. Such a wish to widen theology is questioned here in its combative dimension (as presented as engaged against «idealisation») and in its generalizing aim: does it not then fall back into a propos which is, fundamentally, that also of literature?

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RThPh 2008/II-III, p. 255-280.

Ruwen OGIEN
Commentaires sur les Essais

Résumé
Les interrogations sur l’éthique minimale sont de trois ordres. Il y a d’abord des divergences dans l’interprétation des grands auteurs de référence, en particulier de Kant et de John Stuart Mill. Il y a ensuite des objections conceptuelles à la critique minimaliste des devoirs moraux envers soi-même.
Il y a, enfin, des oppositions aux engagements libéraux de l’éthique minimaleen matière de bioéthique entre autres. Les commentaires visent essentiellement à écarter certains malentendus et à évaluer les modifications qu’il faudrait apporter à l’éthique minimale pour qu’elle soulève moins d’objections

R. Ogien, Commentaries on these essays, RThPh 2008/II-III, p. 255-280.
The questions put to minimalist ethics are of three types. First there are divergences in the interpretation of the authors of reference, notably of Kant and John Stuart Mill. Then there are conceptual objections to the minimalist criticism of moral obligations to oneself. Finally, there is opposition to the liberal commitments of minimalist ethics to, amongst others matters, bioethics. These comments aim essentially to eliminate certain misunderstandings and to evaluate the necessary modifications so that minimalist ethics would raise fewer objections.

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RThPh 2008/II-III, p. 247-254.

Alberto BONDOLFI
Quelques remarques au sujet des rapports entre éthique minimale et bioéthique : une réaction aux propos de Ruwen Ogien

Résumé
Dans cet article, on essaie de montrer que les thèses défendues par R. Ogien dans son livre L’éthique aujourd’hui sont difficilement applicables aux conflits moraux et juridiques qui affectent la sphère de la recherche et de la pratique biomédicales. En effet, sans un minimum de confiance réciproque, aucune pratique médicale ne peut avoir lieu. Tout en reconnaissant que le plaidoyer anti-paternaliste de Ogien est pertinent en principe, il faut éviter toute forme de monisme argumentatif en éthique appliquée.

A. Bondolfi, Remarks on minimal ethics and bioethics : a reaction to Ruwen Ogien, RThPh 2008/II-III, p. 247-254.
In this article we try to show that the theses of R. Ogien in his book L’éthique aujourd’hui cannot easily be applied to the moral and juridical conflicts which affect the sphere of biomedical research and practice. Without a minimum of reciprocal confidence, there can be no medical practice. While recognizing that Ogien’s anti-paternal plea is in principle pertinent, all forms of argumentative monism must be avoided in applied ethics.

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RThPh 2008/II-III, p. 233-246.

Samia HURST
Exigences et ébauches d’une éthique minimaliste dans la pratique clinique

Résumé
L’éthique clinique semble être une parfaite candidate pour une version de l’éthique maximaliste, du moins selon l’usage courant du terme. Cet article a pour but d’éclairer les implications, et parfois surtout l’absence d’implications, de l’éthique «minimaliste» de Ruwen Ogien si elle devait être appliquée aux difficultés éthiques survenant dans la pratique clinique. Les craintes que pourrait susciter à première vue une telle application sont infondées. De plus, par certains aspects, l’application de l’éthique de Ruwen Ogien représenterait une exigence forte – tout sauf minimaliste au sens courant du terme. Si ces aspects sont minoritaires c’est que L’éthique aujourd’hui n’aborde simplement pas, ou alors sous forme d’ébauches uniquement, les noeuds des difficultés éthiques rencontrées dans la pratique clinique.

S. Hurst, Requirements and outlines of mininalist ethics in clinical practice, RThPh 2008/II-III, p. 233-246.
Clinical ethics would seem to be the perfect candidate for some version of maximalism, at least according to the standard use of the term. This article tries to throw light on the implications, sometimes rather the lack of implications, of Ruwen Ogien’s “minimalistic ethics”, should it be applied to the ethical difficulties met with in clinical practice. The fears such an application might cause at first glance are unfounded. Moreover, in some aspects, to apply Ruwen Ogien’s ethics would entail strong requirements - everything except minimalist, as it is generally understood. If these aspects are in a minority, that is because “L’éthique aujourd’hui” simply does not approach, or only so in outline, the knots of ethical difficulties current in clinical practice.

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RThPh 2008/II-III , 219-232.

Nicola STRICKER
Regards protestants sur l’Assistance Médicale à la Procréation : entre la «panique morale» et le tragique éthique

Résumé
Afin de réévaluer les implications éthiques et théologiques de l’assistance médicale à la procréation, l’article part de la pluralité des positions protestantes en éthique biomédicale et examine dans quelle mesure elles prêtent le flanc à la critique de Ruwen Ogien. La réflexion tourne autour de trois problèmes fondamentaux : quel est le statut de l’embryon ? Que faut-il faire des embryons surnuméraires issus de l’assistance médicale à la procréation ? Quelle entité sociale accueille l’enfant ainsi conçu ? L’argumentation éthique et théologique de l’auteur plaide pour une législation qui défendrait le droit de l’enfant projeté et réglerait de manière plus libérale la question du droit à l’enfant.

N. Stricker, Protestant views of medically assisted procreation: between «moral panic» and ethic tragedy, RThPh 2008/II-III , 219-232.
To re-evaluate the ethical and theological implications of medically assisted procreation, this article takes as its basis the plurality of protestant positions in biomedical ethics and examines the extent to which they lay themselves open to the criticism of Ruwen Ogien. This reflection concentrates on three fundamental problems: the status of the embryo; what should be done with surplus embryos from medically assisted procreation; the social entity which welcomes the child thus conceived. The ethical and theological argumentation of the author pleads for legislation which would defend the right of the desired child and solve in a more liberal way the question of the right to have children.

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RThPh 2008/II-III, p. 205-218.

Ghislain WATERLOT
Le souci de soi comme condition éthique minimale de l’humanisation du sujet

Résumé
Aux yeux de Ruwen Ogien, l’humain en chacun de nous est une donnée fixe qu’il faut laisser, autant que possible, s’exprimer librement. Nous affirmons au contraire, avec Aristote et Bergson, que notre humanité est toujours en train de se faire (ou de se défaire) selon l’attention que nous portons sur
nous-mêmes. Bref, notre humanité serait une réalité en devenir. Dans cette perspective, le souci de soi nous paraît essentiel ; d’autant plus que certains actes, ne concernant apparemment que nous-mêmes, ont en fait des conséquences éthiques inattendues ou indirectes sur autrui et sur la vie sociale. Nous nous efforçons de le montrer à partir des exemples que Ruwen Ogien analyse volontiers dans ses ouvrages, à savoir la masturbation et les pratiques sadomasochistes.

G. Waterlot, Self-concern as the minimal ethic condition of the humanisation of the subject, RThPh 2008/II-III, p. 205-218.
In the view of Ruwen Ogien, what is human in each one of us is a fixed given which must be left, as much as possible, to free self-expression. We affirm, on the contrary, with Aristotle and Bergson, that our humanity is always in the process of being made (or unmade) according to the attention we give ourselves. Briefly, we are constantly becoming human. In this perspective, self-concern is essential ; all the more so when certain actions, seeming to concern only ourselves, have, in fact, unexpected or indirect ethical consequences on others and on social life. In this article we try to show this on the basis of examples that Ruwen Ogien gladly analyses in his work, notably masturbation and sado-masochisme.

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RThPh 2008/II-III, p. 193-204.

Sabine CIMASONI
Éthique minimale et authenticité de l’agent

Résumé
Lorsqu’il expose son éthique minimale, Ruwen Ogien se démarque explicitement de toute théorie de l’agent, et particulièrement de l’authenticité. Dans cet article, j’examine une des théories de l’authenticité, celle de Sartre. Je décris ensuite ma compréhension de l’éthique d’Ogien. Je conclus que, loin de s’opposer, ces deux théories présentent des points de contact, notamment l’importance de reconnaître la dimension personnelle de la responsabilité.

S. Cimasoni, RThPh 2008/II-III, p. 193-204.
Ruwen Ogien keeps his minimalist ethics explicitly aloof from any theory of the agent, in particular from authenticity. In this paper, I examine one of the theories of authenticity, namely that of Jean-Paul Sartre. I then describe my understanding of Ogien’s ethics. I conclude that, far from being opposite, both theories meet, especially on the importance of recognizing the personal extension of responsibility.

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RThPh 2008/II-III, p. 185-192.

Denis MÜLLER
Jusqu’à quel point l’étique minimale est-elle substantielle?
Questions et suggestions au sujet des modèles d’Ogien et de Walzer

Résumé
L’auteur se demande si la question de l’éthique minimale n’est qu’une question procédurale ou si elle ne présuppose pas une décision en faveur d’un minimum de vérité substantielle. Il en appelle en ce sens à une éthique optimale, empruntant d’avantage à l’optique de Michael Walzer qu’à celle de Ruwen Ogien. Une telle éthique optimale, outre son orientation proprement philosophique, entretient des liens spécifiques avec une certaine conception de la théologie publique et de sa contribution au débat philosophique et politique.

D. Müller, To what point is minimal ethics substantial? Questions and suggestions concerning the models of Ogien and Walzer, RThPh 2008/II-III, p. 185-192.
The author asks if the question of minimal ethics is only a procedural one or if such a question does not presuppose a decision in favour of a minimum of substantial truth. He calls rather for a so-called optimal ethics, with Walzer and against Ogien. Such optimal ethics, besides having a truly philosophical orientation, maintains specific links with public theology and its contribution to philosophical and political debate.

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RThPh 2008/II-III, p. 171-184.

Nathalie MAILLARD ROMAGNOLI
Le perfectionnisme de J. S. Mill, en discussion avec L’éthique aujourd’hui de Ruwen Ogien

Résumé
Dans son ouvrage L’éthique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes, Ruwen Ogien limite le champ de la morale aux injustices commises à l’égard d’autrui, ce que nous nous faisons à nous-mêmes étant moralement indifférent. Cette position s’inspire explicitement de la conception sociale de la moralité défendue par John Stuart Mill dans l’essai De la liberté. Or, s’il existe bien, chez Mill une restriction du domaine moral aux torts commis envers autrui, nous voulons montrer cependant que, chez l’auteur anglo-saxon, le rapport à soi n’est pas, comme c’est le cas chez Ogien, «moralement» indifférent. Mais le «souci de soi» s’exprime toutefois dans un registre différent – celui de la «vie bonne» – de celui qui concerne le rapport à autrui.

N. Maillard Romagnoli, The perfectionism of J. S. Mill and Ruwen Ogien’s L’Ethique aujourd’hui, RThPh 2008/II-III, p. 171-184.
In his L’Ethique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes, R. Ogien limits the moral field to injustices committed against others, what we do to ourselves being morally indifferent. His point of view is explicitly inspired by the social conception of morality defended by J. S. Mill in his essay On Liberty. We wish to show, however, that, if there is in Mill a restriction of the moral domain to wrongs committed against others, for him, the relation to oneself is not, as in the case of Ogien, “morally” indifferent. The Anglo-Saxon philosopher situates care for oneself in rather a different register - that of the “good life” - from what concerns relations to others.

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RThPh 2008/II-III, p. 161-170.

Olivier ABEL
Éthique minimale, ou éthique plurielle ?

Résumé
L’auteur se propose de passer l’éthique de Ricœur au crible du rasoir d’Ogien, afin d’examiner si la pluralité des points de vue éthiques auxquels Ricœur ne cesse d’emprunter ne viserait pas à rendre compte des limites de toute éthique. Les points de convergence possibles entre les deux auteurs n’occultent nullement ceux de leur divergence : pour Ricoeur, si le sujet moral n’est jamais fixe, ce n’est pas au prix d’une morale éclectique, mais parce que la sagesse n’est jamais accessible hors d’une faiblesse constitutive du sujet, sans cesse exposé aux effets pervers de ses propres choix. Le pluralisme éthique s’en trouve ainsi légitimé.

O. Abel, Minimal ethics or plural ethics, RThPh 2008/II-III, p. 161-170.
The author goes over the ethical theory of Ricœur with the fine-tooth comb of Ogien’s minimalist approach, showing where they agree and where they diverge. Ricœur’s anthropology leads to the vision of a vulnerable subject, always exposed to the perverse effects of his own moral choices. Moral pluralism finds here its deepest justification.

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RThPh 2008/II-III, p. 145-160.

Christophe PISTEUR
L’éthique minimale de Ruwen Ogien : de l’éthique à l’esthétique ?

Résumé
L’éthique aujourd’hui de Ruwen Ogien se présente comme une invitation à penser la morale autrement, dans la perspective de l’opposition entre un maximalisme et un minimalisme moraux. Le présent article tente de montrer que le remède fondamental au maximalisme moral n’est pas seulement un minimalisme moral, mais, en quelque sorte, une «sortie» de la morale. Les trois principes moraux de Ruwen Ogien semblent en effet être au service d’une intuition fondamentale plus proche d’un niveau esthétique que moral, à savoir : nous sommes uniques, incomparables – comme les œuvres d’art – et c’est cette singularité qu’il s’agit de préserver. Ce faisant, Ruwen Ogien modifie profondément le sens du discours moral, ainsi que les prétentions de la raison, y compris dans son usage pratique.

C. Pisteur, From ethics to esthetics?, RThPh 2008/II-III, p. 145-160.
Ruwen Ogien’s L’éthique aujourd’hui is an invitation to think morals in a new way, through the opposition between a maximalist and a minimalist morality. This paper aims to show that the fundamental remedy to moral maximalism is not just moral minimalism, but a sort of “exit” from moralism. Ruwen Ogien’s three moral principles seem to serve a fundamental intuition to be found more on an aesthetic level than on a moral one; to wit, we are unique, incomparable – like works of art – and this singularity must be protected. Thus, Ruwen Ogien deeply modifies the meaning of moral discourse – also in its practical function – as well as the pretensions of reason.

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RThPh 2008/II-III, p. 131-144.

Aurore DUMONT
Questions de méthode

Résumé
Dans son traitement de l’éthique, Ruwen Ogien combine de manière neuve ce qu’il est souvent convenu d’opposer : l’éthique normative, l’éthique appliquée et la méta-éthique. Son point de départ, analytique, le pousse à se méfier des expressions pompeuses. En même temps, l’attention méthodologique
qu’il porte aux différentes formulations possibles des principes substantiels de l’éthique minimale le conduit à réinterroger les liens entre le Bien et le Juste et donc aussi les rapports entre l’éthique et la politique.

A. Dumont, Questions of method, RThPh 2008/II-III, p. 131-144.
In his approach to ethics, Ogien does something new in combining what we usually oppose: normative ethics, applied ethics and meta-ethics. His analytical starting-point leads him to distrust pretentious expressions. At the same time, his methodological attention to various possible formulations of the substantial principles of minimalist ethics leads him to question anew the links between Good and Right and therefore also the relationship between ethics and politics.

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RThPh 2008/ II-III, p. 119-130.

François DERMANGE
L’éthique minimale est-elle le meilleur garant de la liberté?

Résumé
Alors qu’il défend une extension du libéralisme politique au champ de la morale, Ruwen Ogien plaide pour la liberté. Mais l’assimilation de la liberté au consentement appauvrit le sens de la liberté, tout comme la supposée transparence du sujet à lui-même. En ce sens, le libéralisme politique comme structure formelle tourne à vide, s’il ne peut compter sur une mise en débat de perspectives plus substantielles de la liberté, des visions du monde, des éthiques et des convictions.

F. Dermange, Is minimal ethics the best guarantee of freedom?, RThPh 2008/ II-III, p. 119-130.
In defending an extention of political liberalism to the field of morals, Ruwen Ogien makes a plea for freedom. But the assimilation of liberty to consent impoverishes the meaning of liberty, as does the supposed transparence of the subject to oneself. In this way, political liberalism as a formal structure runs in neutral, if it cannot depend on a debate concerning more substantial perspectives of liberty, of world visions, of ethics and convictions.

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RThPh 2008/II-III, p. 99-106

O. ABEL, F. DERMANGE, N. MAILLARD ROMAGNOLI, D. MÜLLER, C. PISTEUR
L’Éthique minimale en discussion
Liminaire

Résumé
Dans cette brève introduction, L’éthique aujourd’hui, de Ruwen Ogien, est d’abord située dans l’ensemble de l’œuvre du philosophe ; la contribution des principaux intervenants du colloque est ensuite résumée ; enfin, quelques considérations sont émises au sujet de la réception théologique et philosophique de l’éthique minimale.

In this short introduction we 1) situate Ogien’s book L’éthique aujourd’hui within the general context of his philosophical work; 2) summarize the contribution of each participant ; and 3) indicate some issues regarding the theological and philosophical reception of Ogien’s minimalist ethics.

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RThPh 2008/II-III, p. 107-118.
Ruwen OGIEN
Qu’est-ce que l’Étique minimale?

Résumé
L’éthique minimale affirme l’asymétrie morale entre le rapport de soi à soi et le rapport de soi à autrui. D’après elle, nous avons des devoirs moraux à l’égard des autres, mais pas de nous-mêmes et les vertus personnelles n’ont pas de valeur morale en elles-mêmes. En excluant du domaine de l’éthique le rapport à soi-même, qu’il soit impératif ou non impératif, l’éthique minimaliste va à l’encontre d’une longue tradition en philosophie morale, inspirée de Kant et d’Aristote. Elle soulève de très nombreuses objections, auxquelles quelques réponses sont proposées.

R. Ogien, What is minimal ethics?, RThPh 2008/II-III, p. 107-118.
Minimal ethics affirms an asymmetric morality between the relation with oneself and relations with others. It affirms that we have moral obligations to others but not to ourselves, and that personal virtues have no moral value in themselves. By excluding self-relation from the domain of ethics, whether imperative or not, minimalist ethics goes against the long tradition of moral philosophy inspired by Kant and Aristotle. It raises many objections, to which some responses are proposed here.

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RThPh 2008/I, p. 51-60.

ÉTUDE CRITIQUE

Henry MOTTU
William E.B. Du Bois :Les âmes du peuple noir

Résumé
William E. B. Du Bois, sans doute le plus grand intellectuel noir américain du début du XXe siècle, publia en 1903 un livre devenu classique, intitulé Les âmes du peuple noir. La présente étude s’efforce d’en montrer les grands axes, selon une traduction française récente, ainsi que l’originalité, dans la mesure où Du Bois fut cet auteur qui tenta de joindre à une analyse raciale du «problème noir» une analyse sociologique, inspirée du marxisme. Il espérait pouvoir dépasser le racisme par la science, idéal que ne partagent pas tous les Noirs américains.

H. Mottu, William E. B. Du Bois : The souls of black folk, RThPh 2008/I, p. 51-60.
William E. B. Du Bois, no doubt the greatest black American intellectual of the beginning of the 20th c., published a book in 1903 which became a classic, entitled The souls of black folk. In this study, we try to show its main lines, according to a recent French translation, as well as its originality, in that Du Bois, inspired by Marxism, tried to join a sociological analysis to the racial analysis of the «black problem». He hoped to be able to bypass racism by the means of science, an ideal which was not shared by all American Blacks.

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RThPh 2008/I, p. 31-49.

Pascal ENGEL
Les normes de la pensée, esquisse d’une généalogie

Résumé
Cet article esquisse une généalogie de la notion de norme de la pensée, dans le style de Bernard Williams (Vérité et véracité, 2006), de Locke à Peirce. On montre comment l’idée de norme fut introduite dans le contexte kantien en passant de l’idée de norme éthique et juridique à celle de norme logique, reprise par les néo-kantiens et élaborée dans le cadre de l’éthique de la croyance de James.

P. Engel, Norms of thought, a genealogical sketch, RThPh 2008/I, p. 31-49.
This article draws up a genealogy of the notion of norms of thought, in the style of Bernard Williams (Truth and Truthfulness, 2002), from Locke to Peirce. It is shown how the idea of a norm was introduced into the Kantian context, going from the idea of ethical and juridical norms to that of norms of logic, which was taken up by the neo-Kantians and elaborated in the framework of James’ ethics of belief.

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RThPh 2008/I, p. 13-30.

Laurent CESALLI
«Faire sens»
La sémantique pragmatique d’Anton Marty

Résumé
Que veut dire ‘signifier’ pour Marty ? À travers une analyse des aspects descriptif et pragmatique du processus de signification des expressions linguistiques tel que le conçoit Marty, cette étude suggère que le philosophe suisse anticipe certaines «découvertes» de la pragmatique contemporaine. Selon Marty en effet, la pragmatique n’est pas une dimension du langage à côté de la syntaxe et de la sémantique, mais constitue l’essence même du langage. Par conséquent, la pragmatique ne concerne pas un certain type de phrases ou une certaine dimension des phrases, mais toute forme d’expression linguistique, simple ou complexe, dès lors qu’elle est pourvue d’une signification. Signifier, pour Marty, c’est littéralement «faire sens».

L. Cesalli, «Make sense»: The pragmatic semantics of Anton Marty, RThPh 2008/I, p. 13-30.
What does «signify» mean for Marty? This study suggests that his conception of significance anticipates certain «discoveries» of contemporary pragmatics. In fact, according to Marty, pragmatics is not a dimension of language alongside syntax and semantics, but the very essence of language. Consequently, pragmatics does not concern a certain type or dimension of phrases, but any form of linguistic expression, be it simple or complex, so long as it has signification. To signify means literally to «make sense».

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RThPh 2008/I, p. 1-12.

Anne STAQUET
La modernité de Bossuet

Résumé
Il s’agit dans cet article d’analyser le Traité du libre arbitre de Bossuet en le replaçant dans son contexte, c’est-à-dire en le positionnant par rapport aux principales positions théologiques et philosophiques sur la question. L’analyse porte non seulement sur le contenu même – les positions critiquées ou défendues – mais également sur la forme : type d’argumentation, vocabulaire et style en général. Le complément de ces deux approches permet de défendre l’idée de la proximité du texte de Bossuet avec la pensée cartésienne. On peut voir alors comment les fortunes et infortunes du cartésianisme permettent d’expliquer tant la rédaction du traité que sa non-publication.

A. Staquet, The modernity of Bossuet, RThPh 2008/I, p. 1-12.
This article is a contextual analysis of Bossuet’s Traité du libre arbitre, that is to say, with respect to the principal theological and philosophical stances on the question. We look not only at content – the views which it criticises or defends – but also at form: types of argument, vocabulary and general style. Together, these two methods permit us to defend the idea that Bossuet is near to Cartesian thinking. Then we can see how the fortunes and misfortunes of Cartesian thought give some explanation of both the writing of the treatise and the fact that it was not published.

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RThPh 2007/IV, 385-402 p.

Francesco GREGORIO
Transits, lieux et formes du discours philosophique grec

Résumé
Lire les œuvres de philosophie grecque revient la plupart du temps à lire un corpus limité de textes érigés en «classiques» déconnectés de leurs sites. Pour désenclaver cette sélection, on propose ici d’ouvrir le canon des textes philosophiques grecs moyennant une prise en compte des voyages de ces textes en Occident, de leur forme ainsi que de leur lieu de production. L’article décrit d’une part deux formes de transit des textes philosophiques grecs : le transit homogène philologico-humaniste, le transit hétérogène des médiations entre nous et l’antiquité. D’autre part, on présente trois formes situées dans l’espace grec : le logos du temple de Parménide, le dialogos du théâtre de Platon et la dialogê du Lycée d’Aristote.

F. Gregorio, Transits, places and forms of Greek philosophical discourse, RThPh 2007/IV, 385-402 p.
Reading the works of Greek philosophy means largely reading a limited body of texts constructed as «classics», de-connected from their situation. To free-up this selection, we propose here to open the canon of Greek philosophical texts by taking into account their circulation in the Western world, their form, as well as their origin. The article describes, firstly, two ways Greek philosophical texts have spread: the homogenous, philological-humanist way and the heterogeneous way of mediation between us and antiquity; and secondly, three forms situated in Greek terrain: the logos of Parmenides’ temple, the dialogue of Platonist theatre and the dialogite of Aristotle’s lyceum.

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RThPh 2007/IV, 369-384 p.

Fabian Javier LUDUENA ROMANDINI
La jouissance de l’incorporel
Interpretatio christiana des Anciens chez Marsile Ficin (1433-1499)

Résumé
Cette étude présente le problème des rapports entre la philosophie platonicienne de l’amour et la théologie chrétienne dans la pensée de Marsile Ficin à travers l’étude du Nachleben, au temps des Médicis, de l’érotique des garçons comme paradigme de toute relation philosophique. Au fondement des théorisations ficiniennes sur l’amour se trouve le problème de l’illégitimité des relations charnelles entre mâles, clairement établie par la théologie morale de la scolastique médiévale. Ficin reprendra donc le texte du Banquet platonicien, afin de le commenter sous l’angle d’une nouvelle «fantasmatique des images amoureuses», qui définit la nature astrologique des rapports entre les amants et peut finalement conduire à la mélancolie amoureuse. Chez Ficin, le recours aux Anciens est multiple, surtout dans le domaine de la théorie de l’amour, mais leur philosophie est reçue et réinterprétée, bien que d’une manière conflictuelle, dans le cadre de la théologie chrétienne traditionnelle.

F. J. Ludueña Romandini, Enjoyment of the incorporeal. Interpretatio christiana of the ancients according to Marsile Ficin (1433-1499), RThPh 2007/IV, 369-384 p.
This study presents the problem of the relationship between Platonist philosophy of love and Christian theology in the thinking of Marsile Ficin, using the Nachleben, of the Medicis’ time, of boyish eroticism as the paradigm of all philosophical relations. At the basis of Ficinian theorisations of love, there is the problem of the illegitimacy of physical relations between males, as clearly established by the moral theology of mediaeval scholasticism. Ficin takes up the text of Plato’s Banquet to comment upon it in the light of a new «fantasia of amorous imagery», which defines the astrological nature of relations between lovers sometimes leading finally to amorous melancholy. Ficin has frequent recourse to the ancients, especially in the domain of the theory of love, but he receives and reinterprets their philosophy, though in a conflictual manner, in the framework of traditional Christian theology.

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RThPh 2007/IV, 353- 368 p.

Catherine KÖNIG-PRALONG
Le discours scolastique médiéval

Résumé
Les penseurs de la Renaissance puis les «classiques» ont dénigré le discours scolastique médiéval. Pour lui contester l’avantage de la philosophie, ils l’ont caractérisé par son dogmatisme théologique et surtout par ses lourdeurs et étrangetés formelles. À plusieurs égards, ce constat est exact. Il constitue une invitation à visiter et étudier cette différence du discours médiéval et des pratiques scolastiques, à reconstruire cette conscience autre de la pratique «philosophique» et, peut-être, à reporter sur nos propres pratiques le constat de dogmatisme.

C. König-Pralong, Mediaeval scholastic discourse, RThPh 2007/IV, 353- 368 p.
Renaissance thinkers and, later on, the «classics» ran down mediaeval scholastic discourse. To set against it the advantages of philosophy, they characterized it by its theological dogmatism and especially by its heaviness and strange formality. From many points of view, their observation was correct. It invites us to revisit and study this difference of mediaeval discourse and scholastic practice, to reconstruct this other consciousness of «philosophical» practice and, perhaps, to question our own practices as to the charge of dogmatism.

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RThPh 2007/IV, 329-352 p.

Adina SECRETAN
Siger de Brabant : une réponse grammaticale au problème de l’être et de l’essence

Résumé
L’entrée de la Métaphysique d’Aristote en Europe occidentale a provoqué fascination et embarras. Les lectures nouvelles d’Aristote entrèrent souvent en confrontation avec les exégèses bibliques ; des problématiques spécifiquement médiévales, comme celle de l’être et de l’essence, sont alors apparues. Nous proposons ici la traduction d’une Question appartenant à un cours sur la Métaphysique donné à la fin du XIIIe siècle par Siger de Brabant, maître à la Faculté des arts de l’Université de Paris. La Question 7 propose une solution originale au problème de l’être et de l’essence : le débat est détourné de sa
perspective ontologico-théologique et resitué dans le contexte linguistique.

A. Secretan, Siger of Brabant : a grammatical solution to the problem of being and essence, RThPh 2007/IV, 329-352 p.
The appearance of Aristotle’s Metaphysics in Western Europe provoked both fascination and embarrassment. The new readings of Aristotle confronted biblical exegesis, giving rise to some specifically mediaeval debates, notably on being and essence. We propose here the translation of a Question belonging to a course on the Metaphysics given towards the end of the 13th c. by Siger of Brabant, master of the Faculty of Arts of the University of Paris. Question 7 proposes an original solution to the problem of being and essence by turning the debate away from the ontologicaltheological perspective and resituating it in the context of linguistics.

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RThPh 2007/IV, 311-324 p.

Irene ZAVATTERO
Le bonheur parfait dans les premiers commentaires latins de l’Éthique à Nicomaque

Résumé
Au début du XIIIe siècle, les maîtres de la Faculté des arts de l’Université de Paris furent les premiers à commenter les trois premiers livres de l’Ethique à Nicomaque d’Aristote, qui venaient d’être traduits en latin par Burgundio de Pise. Ils y rencontraient des conceptions diamétralement opposées à celles de
la doctrine chrétienne dont leur culture était imprégnée. Alors que la théorie aristotélicienne du bonheur (eudaimonia) attribue à l’homme un rôle décisif dans la réalisation de son bonheur, les maîtres ès arts de cette époque préfèrent insister sur la perfection du bonheur transcendant et incréé. Pour commenter
l’Éthique à Nicomaque, ils puisent aux sources néoplatoniciennes et dans le fonds théologique chrétien.

I. Zavattero, Perfect happiness in the first Latin commentaries of the Nicomachean Ethics, RThPh 2007/IV, 311-324 p.
At the beginning of the 13th century, the masters of the Faculty of Arts at the University of Paris were the first to comment on the first three books of Aristotle’s Nicomachean Ethics, which had been recently translated into Latin by Burgundio of Pisa. It presented ideas to them which were diametrically opposed to the Christian doctrine with which their own culture was imbued. While Aristotle’s theory of happiness (eudaimonia) gave humankind a decisive role in the achievement of happiness, these 13th century masters of arts preferred the perfection of a transcendental and intrinsic happiness. To comment on the Nicomachean Ethics, they relied upon Neoplatonic and Christian sources.

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RThPh 2007/IV, 295-310 p.

Pierluigi PIOVANELLI
Rewritten Bible ou Bible in progress ?
La réécriture des traditions mémoriales bibliques dans le judaïsme et le christianisme anciens

Résumé
Dans les traditions juives et chrétiennes, on trouve, à côté d’un ensemble d’écrits canoniques (ensemble dont la définition précise varie d’ailleurs selon les communautés), toute une littérature «deutéro-canonique» (ou «apocryphe») et pseudépigraphe. Depuis longtemps, les spécialistes – en particulier dans le monde anglo-saxon – ont pris l’habitude d’analyser cette littérature sous l’angle de la «réécriture» des traditions bibliques. Cette approche soulève toutefois plusieurs difficultés, en particulier parce qu’elle tient pour acquise la fixation des traditions bibliques au moment où se constitue ce qui deviendra la littérature «apocryphe». Au contraire, en dialogue avec plusieurs travaux récents, l’étude suivante défend et illustre l’idée qu’il convient d’approcher le problème du point de vue de la mise en place progressive de «traditions mémoriales» dans le judaïsme et le christianisme anciens. Dans ce processus complexe, le phénomène de la réécriture ne reflète pas nécessairement la soumission à un original considéré comme «autoritaire» ou normatif, mais témoigne bien plutôt de la très grande fluidité des traditions «scripturaires» recueillies par les communautés à cette époque.

P. Piovanelli, Rewritten Bible or Bible in progress? The re-writing of memorial biblical traditions in ancient Judaism and Christianity, RThPh 2007/IV, 295-310 p.
In both Jewish and Christian traditions, alongside the collection of canonical scriptures (the definition of which varies according to the different communities), there exists a whole domain of apocryphal and pseudepigraphic literature. For a long time, specialists, especially in the Anglo-Saxon world, had the habit of analysing this literature as «re-writings» of biblical traditions. This approach presents several difficulties, however, notably because it takes for granted the fixing of biblical traditions before the formation of the literature which would become «apocryphal». In dialog with several recent studies, the present article defends and illustrates the idea that, to the contrary, it would be better to approach the problem from the point of view of a progressive fixing of «memorial traditions» in ancient Judaism and Christianity. In this complex process, the phenomenon of re-writing would not necessarily reflect submission to an original text considered as «authoritarian» or normative, but show rather the great fluidity of scriptural traditions gathered by the communities of that era.

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RThPh 2007/III, 249-257 p.

Denis MÜLLER
Scolastique néo-barthienne, audace interprétative et nouvelles tâches de la théologie et de l’éthique

Résumé
En réponse aux questions de Philippe Cardon, et indépendamment de remarques de détail, brièvement discutées, l’auteur se réjouit de se voir décerner un certificat de non barthisme. Il s’étonne par contre de la grande naïveté de Philippe Cardon, dont le projet théologique lui semble s’apparenter à un retour massif à Barth, traité de manière littérale et orthodoxe. L’auteur demeure attaché, au contraire, à une reconstruction critique non seulement de la pensée de Barth, mais de l’ensemble de la théologie contemporaine, d’où quelques observations sur les débats actuels au sujet de l’avenir de la théologie académique.

D. Müller, Neo-Barthian scholastics. Interpretive audacity and new tasks for theology and ethics, RThPh 2007/III, 249-257 p.
Responding to Philippe Cardon, and apart from some detailed remarks briefly discussed, the author is happy to be discerned a certificate of non-Barthianism. However, the great naivety of Philippe Cardon, whose theological project seems like a massive return to Barth, literal and orthodox, surprises him. On the contrary, the author remains attached to a critical reconstruction not only to the thought of Barth, but to the whole of contemporary theology, whence some observations on current debates about the future of academic theology.

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RThPh 2007/III, 227-247 p.

Philippe CARDON

Débat : Lire Karl Barth aujourd’hui
L’audace de la théologie : peut-on encore être théologien après Karl Barth ?
À propos du livre de Denis Müller, Karl Barth

Étude critique suivie de quelques réflexions impertinentes à propos de la théologie considérée comme une aporie de la pensée

Résumé
La parution aux éditions du Cerf d’une nouvelle introduction à la théologie de Barth, due à la plume éminente de Denis Müller, nous fournit l’occasion d’une réflexion sur les caractéristiques nécessaires d’un ouvrage de la sorte et sur les difficultés du genre. En effet, il semble a priori inutile d’ajouter
quelques feuilles supplémentaires à l’immense production consacrée à Barth, spécialement s’il s’agit d’introduire une fois encore globalement à une pensée mille fois exposée. Denis Müller prend le risque, poussé par la conviction que le temps est venu d’une lecture plus distanciée, plus sereine, qui permettra
de faire taire les fausses querelles et les mauvais procès. Mais bien qu’il y parvienne en grande partie, le problème majeur de son ouvrage semble le refus inconscient d’une lecture vraiment radicale de Barth qui permettrait de le situer véritablement à sa juste place sur l’horizon de la théologie du XXe
siècle, comme le théologien qui rend impossible la théologie, dans la ligne d’Overbeck et à l’image de l’entreprise heideggérienne en philosophie.

P. Cardon, The Audacity Of Theology: Can One Still Be A Theologian After Karl Barth?, RThPh 2007/III, 227-247 p.
The publication by Cerf of a new introduction to the theology of Barth, eminently penned by Denis Müller, gives us the occasion to reflect upon the necessary characteristics and the difficulties of such a work. A priori, it does not seem useful to add a few supplementary pages to the already immense yield of books dedicated to Barth, especially in the case of yet another global introduction to his thinking, which has already been done a thousand times. Moved by the conviction that the time has come for a more distant, more serene reading, to permit a cessation of false quarrels and bad proceedings, Denis Müller takes the risk. However, though he does largely succeed, the main problem of his book is an unconscious refusal to read Barth in a really radical way, which would truly situate him in his rightful place on the horizon of the theology of the 20th c., as the theologian who makes theology impossible, like Overbeck or what Heidegger did in philosophy.

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RThPh 2007/III, 193-204 p.

François FÉLIX
La voie éthique et l’apophasie du philosophe
La religion chez Schopenhauer

Résumé
Beaucoup plus abondante et variée que ne le laisse croire sa réputation, la référence religieuse joue chez Schopenhauer un rôle d’importance : alors que sa philosophie entend ramener les religions à leur pertinence authentique – c’est-à-dire morale, selon lui –, l’exemplarité religieuse et le discours mystique viennent en effet prendre le relais de l’exposition conceptuelle, à laquelle échappe la réalité toute pratique de la voie du renoncement qu’il entend comme l’aboutissement réel du parcours de sa pensée, ainsi que l’altération qui s’ensuit d’une telle abnégation de l’essence.

F. Félix, The ethical path and apophasis of the philosopher. Religion in Schopenhauer, RThPh 2007/III, 193-204 p.
Much more abundant and varied than his reputation leads one to believe, religious references play an important role in Schopenhauer’s writing. While his philosophy seeks to bring religions back to their authentic pertinence – for him, moral – religious exemplarity and mystical discourse, in fact, take over in conceptual exposition, which all practical reality of the path of renouncement, the real end of the trajectory of his thought, as well as the alteration which results from such an abnegation of essence, escapes.

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RThPh 2007/II, p. 167-181.

Enrico NORELLI
Que pouvons-nous reconstituer du Syntagma contre les hérésies de Justin ?
Un exemple

Résumé
Cet article s’insère dans une recherche en cours sur l’ouvrage perdu de Justin Martyr contre Marcion et toutes les hérésies. Des remarques sur les œuvres conservées de Justin (Apologies, Dialogue avec Tryphon) et des comparaisons avec d’autres auteurs qui ont écrit contre les hérésies peu après lui, en premier lieu Irénée de Lyon et Tertullien, permettent d’identifier des sections de texte qui semblent bien remonter au Syntagma de Justin. En particulier, le présent article dégage une ligne argumentative qui, en réfutant les objections marcionites contre la prescience du Créateur, développait le thème du libre arbitre des humains et des anges, ainsi que celui de la chute des anges rebelles, leur activité dans l’histoire du monde et leur châtiment final.

E. Norelli, What can we restore of Justin’s Syntagma against heresies ? An example, RThPh 2007/II, p. 167-181.
This article is part of a piece of research on the lost works of Justin Martyr against Marcion and all heresies. Observations on the available works of Justin (Apologies, Dialog with Tryphon) and comparisons with other writers against heresies just after him, first of all Irenaeus of Lyon and Tertullian, permit us to identify sections of text which may very well come from the Syntagma of Justin. In particular, the present article draws out an argumentative line which, in refuting Marcion’s objections to the foreknowledge of the Creator, developed the themes of the free will of humans and angels, and the fall of the rebellious angels, their activity in the history of the world and their final punishment.

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RThPh 2007/II, p. 143-165.

Emmanuel LUHUMBU SHODU
Les formules de foi chrétienne chez Justin Martyr

Résumé
Dans les œuvres de Justin Martyr, plusieurs énoncés similaires, et parfois complexes, se présentent comme un résumé de la vie du Christ tel qu’il peut apparaître dans le Symbole des Apôtres. Ils englobent non seulement les péripéties de la vie terrestre du Christ mais aussi la mission des Apôtres, la conversion des gentils, la deuxième parousie du Christ, le règne millénaire, etc. (cf. 1 Apo. 31,7). L’Apologiste attire ainsi l’attention de ses destinataires sur la Révélation accomplie, à la suite des prophéties, par le Christ et en même temps définit l’identité du chrétien orthodoxe face au christianisme diversifié de son époque, vu comme un conglomérat de sectes. Il faut dès lors souligner la nature, le sens, l’efficacité et la spécificité de telles formules d’une part et d’autre part les occasions de leur profession.

E. Luhumbu Shodu, Justin Martyr’s statements of Christian faith, RThPh 2007/
II, p. 143-165.
In the works of Justin Martyr, several similar and sometimes complex statements present a summary of the life of Christ as it appears in the Apostles’ Creed. They include not only the events of the earthly life of Christ but also the mission of the Apostles, the conversion of the Gentiles, the Second coming of Christ, the millennium reign, etc. (cf. 1 Apo. 31,7). Thus the apologist attracts the attention of his readers to the accomplishment of the revelation by Christ, according to prophesy, while defining the identity of the orthodox Christian in the face of the diversified Christianity of his times, emerging in a conglomeration of sects. Once this is said, it remains to underline on the one hand the nature, the meaning, the efficaciousness and the specificity of such statements, and on the other, the occasions for confessing them.

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RThPh 2007/ II, p. 127-141.

Gabriella ARAGIONE
Justin de Naplouse devient Justin Martyr (1 Apologie 2,4)

Résumé
Dans son Apologie, Justin structure son discours selon un double plan: il se prononce en faveur des chrétiens injustement haïs, mais aussi, de manière plus personnelle, comme quelqu’un qui pressent l’approche de sa condamnation et s’y prépare en assumant le rôle du sage qui, sur le point de mourir,
fustige l’autorité politique, sans en craindre les conséquences. En recourant à un topos littéraire très connu dans l’Antiquité, Justin se «construit» une image de mort honorable au sein de sa communauté.

G. Aragione, Justin of Ceasarea becomes Justin Martyr (1 Apologie 2,4), RThPh 2007/ II, p. 127-141.
Justin’s Apology has a double structure: on one level, he is supporting the Christians who are unjustly hated; on a more personal level, he is foreboding his own condemnation and is preparing to assume his role as the sage who, near death, denounces political authority with no fear of the consequences. In the style of a literary topos widely used in Antiquity, Justin builds up for himself an image of death to be honoured in his community.

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RThPh 2007/II, p. 101-126.
Philippe BOBICHON
Comment Justin a-t-il acquis sa connaissance exceptionnelle des exégèses juives ?

Résumé
Dans son Dialogue avec Tryphon, Justin mentionne de nombreuses exégèses, croyances et pratiques juives explicitement présentées comme contemporaines. L’hypothèse généralement admise selon laquelle il aurait tiré ces informations d’un ou plusieurs écrit(s) antérieur(s) ne résiste pas à l’examen : la comparaison avec différentes sources anciennes – littérature judéo-hellénistique, écrits intertestamentaires et écrits de Qumrân, Nouveau Testament et littérature chrétienne des premiers siècles – fait ressortir la spécificité de Justin en ce domaine. Les rapprochements avec la littérature rabbinique montrent en revanche que ce que Justin rapporte est presque toujours attribué, dans le Talmud et le Midrash, à des rabbins palestiniens des IIe et IIIe siècles. Il y a donc tout lieu de croire que l’information de l’apologiste est de première main.

Philippe Bobichon, How did Justin acquire his exceptional knowledge of Jewish exegesis?, RThPh 2007/II, p. 101-126.
In his Dialog with Tryphon, Justin mentions numerous Jewish exegeses, beliefs and practices explicitly mentioned as being contemporary. The general assumption, according to which he would have taken his information from one or several earlier writings, does not stand up to proof: comparison with different ancient sources – Judeo-hellenistic literature, inter-testamental and Qumran texts, New Testament and Christian literature of the first centuries – underlines the specificity of Justin in this domain. Comparison with rabbinic literature, on the other hand, shows that what Justin says is almost always attributed, in
the Talmud and the Midrash, to Palestinian rabbis of the 2nd and 3rd centuries. There is therefore full reason to believe that the information of the apologist is firsthand.

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RThPh 2007/1, p. 65-77.

Pol VANDEVELDE
Le pardon communautaire est-il possible ?
La contribution du roman Disgrâce de J. M. Coetzee

Résumé
Dans cette étude je poursuis deux objectifs : d’une part, je tente d’établir d’un point de vue théorique les tenants et aboutissants de la question de savoir si le pardon entre deux communautés est possible ; d’autre part, j’examine les obstacles et les dangers d’un tel pardon. En ce qui concerne le premier objectif, je fais appel à Hannah Arendt qui nous a donné dans La condition de l’homme moderne une définition du pardon que j’applique aux relations entre communautés. Afin d’examiner les problèmes d’un pardon inter-communautaire, je fais usage du roman de J. M. Coetzee, Disgrâce, qui offre à mon sens une illustration de ce qu’un tel pardon entraînerait. La situation que décrit Coetzee, et à laquelle je me réfère egalement, est celle de l’Afrique du Sud après l’apartheid.

P. VANDEVELDE, Is community pardon possible? The contribution of J. M. Coetzee’s novel Disgrace, RThPh 2007/1, p. 65-77.
In this study, I have two aims: one, from a theoretical viewpoint, I try to establish the ins and outs of the question whether pardon between two communities is possible; secondly, I examine the obstacles and dangers of such a pardon. For the first, I refer to Hannah Arendt, who gives us, in The Human Condition, a definition of pardon, which I apply to the relations between communities. In order to examine the problems of intercommunal pardon, I use the novel by J.M Coetzee, Disgrace, which offers, according to me, an illustration of what such a pardon entails. The situation described by Coetzee, and to which I also refer, is that of South Africa after apartheid.

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JEAN-PHILIPPE PIERRON
Éthique et sexualité
Herméneutique de l’être sexué et de ses imaginaires

Résumé
L’homme déchiffre l’énigme de sa sexualité dans des cadres herméneutiques qui la qualifient ou à la disqualifient. La domination du cadre technoscientifique sert aujourd’hui à qualifier la sexualité dans les mots de l’efficacité (la performance), de la réduction biomédicale (précaution et contagion) et de
l’évaluation légale et judiciaire (la déviance). Face à ce premier cadre, peut-on faire valoir ce qui, dans notre culture, initie et invente une interprétation plus riche et plus complexe, susceptible de raconter et de se représenter la sexualité ? Ne néglige-t-on pas souvent l’importance d’une poétique et d’une herméneutique des images servant une augmentation iconique de la sexualité ?

Jean-Philippe Pierron, Ethics and sexuality. Hermeneutics of sexual being and the imaginary, RThPh 2007/I, 49-64.
Humans decipher the enigma of their sexuality in hermeneutical frameworks that qualify or disqualify it. The dominance of the techno-scientific framework serves today to qualify sexuality in words of efficiency (performance), bio-medical reduction (precaution and contagion) and legal and juridical evaluation (deviance). In the face of this first framework, can we give value to what, in our culture, initiates and invents a richer and more complex interpretation, susceptible to the telling and representing of sexuality? Do we not often neglect the importance of the poetical and hermeneutical of images serving an iconic augmentation of sexuality?

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RThPh 2007/I, 37-48.

Denis MÜLLER
Critique de la raison sourde et écoute de l’autre et du monde

Résumé
Suite à une question initiale du théologien catholique Adrian Holderegger, l’auteur s’interroge sur la question du rôle de la raison en théologie et en éthique théologique. Il présente et discute la critique de la raison sourde proposée par Maurice Bellet. Les relations entre la rationalité athétique,athématique et amodale conduisent à se demander si une conception négative et critique de la rationalité ne serait pas la condition d’un redéploiement positif de la raison de l’être humain singulier comme capacité d’écoute attentive de l’autre, du monde et de Dieu.

D. Müller, Critique of blind reason and listening to others and the world, RThPh 2007/I, 37-48.
Following up an initial question raised by the Catholic theologian Adrian Holderegger, the author questions the role of reason in theology and in theological ethics. He presents and discusses the critique of blind reason proposed by Maurice Bellet. The interactions between a-thetic, a-thematic and a-modal rationality leads one to wonder if a negative and critical conception of rationality might not be the condition for a positive redeployment of a single human being’s reason as capacity for attentive listening to others, to the world and to God.

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RThPh 2006/IV, p. 355-368.

Emmanuelle LÉVY
Le statut du texte biblique à la lumière de l’herméneutique de Ricœur

Résumé
Cet article s’attèle à montrer comment les notions principales de 1′herméneutique de Ricœur (monde du texte/monde du lecteur, distanciation - appropriation, compréhension de soi, trois mimèsis) ont permis de penser de façon systématique la question du statut du texte biblique et de sa traduction dans un mémoire de licence de la Faculté de théologie de Neuchâtel, réalisé en 2006. Après une présentation du mémoire et de son contexte, les apports de la pensée de Ricœur sont énumérés en quatrepoints: la théorie de la traduction, la notion de lecture non utilisatrice, la notion de canon et celle de «texte inspiré».

E. Levy, The status of biblical text in the light of Ricœurian hermeneutics, RThPh 2006/IV, p. 355-368.
This article sets out to show how the principal notions of Ricœur’s hermeneutics (the textual world /the reader’s world, distantiation - appropriation, self-comprehension, three mimesis) made possible a systematic exposition of the question of the status of biblical text and its translation in a licentiate thesis at the Faculty of Theology of Neuchâtel, in 2006. Once the thesis and its context are presented, the contributions of Ricoeur’s ideas are enumerated in four points: translation theory, the notions of nonuser
readings, of canonicity, and of «inspired text».

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RThPh 2007/I, 21-36.

Morgan GAULIN
Schleiermacher : l’esthétique et la critique de Schelling

Résumé
Dans ses écrits sur l’esthétique, Friedrich Schleiermacher s’est attaché à formuler une critique de la philosophie de l’art de son contemporain Schelling. Schleiermacher en ressort comme un penseur du savoir-faire artistique, à la fois opposé à l’idéalisme schellingien pour lequel l’art demeure un organe de
l’absolu placé sous le signe du génie, et engagé dans une définition de l’œuvre d’art comme manière de former le monde à l’aide du sentiment de la raison (Vernunftgefühl).

M. Gaulin, Schleiermacher : Aesthetics and the Schelling-Critique, RThPh 2007/I, 21-36.
In his writings on aesthetics, Friedrich Schleiermacher proposed a critique of Schelling’s philosophy of art. In light of that critique, Schleiermacher appears as a thinker of artistic savoir-faire, at one and the same time opposed to Schelling’s idealism for which art is an organ of the absolute depending on the faculty of genius and engaged in a definition of art as a way of forming the world using one’s rational feeling (Vernunftgefühl).

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RThPh 2007/I, p. 1-20.

Gilda BOUCHAT
L’esthétique de l’analogon rationis. Une introduction à la philosophie d’Alexander Gottlieb Baumgarten

Résumé
Les multiples histoires des idées qui retracent la constitution, relativement récente, de la discipline appelée «esthétique», mentionnent souvent le nom d’Alexander Gottlieb Baumgarten (1714-1762) en lui attribuant l’«invention» du néologisme «æsthetica». Très rapidement, ce terme latin, traduit en allemand, entre dans l’usage courant. De nos jours, il désigne un ensemble de discours souvent très hétérogènes sur les beaux-arts. Mais le sens originaire d’æsthetica, c’est-à-dire le contenu de l’ouvrage éponyme de 1750, demeure largement méconnu. Le présent article souhaite contribuer à souligner l’importance du geste inaugural de Baumgarten, dont l’intérêt n’est pas seulement historiographique. Car ce philosophe instaure de manière durable un nouveau rapport à l’œuvre d’art. Nous insisterons tout particulièrement sur l’inscription métaphysique de son projet.

G. Bouchat, The aesthetics of the analogon rationis, RThPh 2007/I, p. 1-20.
The many histories of thought that retrace the relatively recent formation of the discipline called “aesthetics” often mention the name of Alexander Gottlieb Baumgarten (1714-1762), crediting him with the “invention” of the neologism “aesthetica”. Very quickly, this Latin term, translated into German, came into current usage. In our day, it designates a body of often very heterogeneous treatises on the fine arts. Yet the original meaning of aesthetics, that is to say the original contents of the eponymous work of 1750, remains largely unknown. The intention of the present article is to help underline the importance of this seminal work by Baumgarten, which is of more than historiographical interest. For this philosopher initiated a long-lasting new relation to the work of art. Particular attention is given to its metaphysical aspect.

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RThPh 2006/IV, p. 369-371.

Paul RICŒUR
Les vierges folles avaient raison !
Propos recueillis par Gabriel DE MONTMOLLIN

Résumé
Dans cet entretien, donné à Neuchâtel en automne 1986 à l’occasion dela remise du doctorat honoris causa en théologie, Paul Ricœur commente ses travaux sur la narration et développe leurs implications du point de vue de la lecture des récits bibliques.

P. Ricœur, The foolish virgins were right! Comments by P. Ricoeur as noted by G. de Montmollin, RThPh 2006/IV, p. 369-371.
In this interview, which took place at the bestowing of an honoris causa in Neuchâtel in the autumn of 1986, Paul Ricoeur comments on his work on narration and develops its implications for the reading of biblical stories.

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RThPh 2006/IV, p. 343-354.

Claude CALAME
Identité et sujet de discours : soi-même comme les autres

Résumé
Pour décrire les moyens dont dispose l’individu pour se constituer en personne (partagée entre l’identité du caractère, l’idem, et le soi plus personnel et moral de l’ipse), Paul Ricœur, dans Soi-même comme un autre (Paris, Seuil 1990), emprunte aux linguistes deux ensembles conceptuels : les références identifiantes (noms propres) et les actes d’autodésignation du je. Mais, par ce double biais, la pragmatique linguistique conduirait, selon lui, à une impasse, éludant finalement la question du qui? C’est oublier que, dans l’énonciation, le je lui-même acquiert une certaine épaisseur sémantique. Une poésie mimétique d’action comme la poésie lyrique grecque montre le rôle que peut jouer dans la constitution du moi une identité énonciative collective, qui inscrit d’emblée la dialectique entre l’idem et l’ipse dans le rapport avec les autres, sans référence ni métaphysique ni théologique.

C. Calame, Identity and the subject of discourse : oneself as another, RThPh 2006/IV, p. 343-354.
To describe the means the individual has for establishing personhood (between character identity, the idem, and the more personnel and moral self of the ipse), Paul Ricœur, in Oneself as Another (English translation 1992), borrows two conceptual ensembles from linguistics: the identifying references (proper nouns) and the selfdesignating acts of the self. But, according to him, by taking this double bias, linguistic pragmatics leads to an impasse by finally eluding the question “who”. This is to forget that in enunciation, the very self acquires a certain semantic depth. A mimetic poetry of action, like Greek lyrical poetry, shows the role that can be played in the constitution of the self by a collectively enunciated identity, which automatically sets the dialectic between the idem and the ipse in relation to others, without metaphysical or theological reference.

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RThPh 2006/IV, p. 329-341.

Muriel GILBERT
Pour une critique psychanalytique de l’identité narrative

Résumé
L’herméneutique du soi proposée par Paul Ricœur dans les années quatre vingt-dix fait une large place au récit autobiographique. Elle place ainsi au coeur de la constitution de l’identité personnelle la capacité de faire retour sur soi en termes narratifs. Abordée sous l’angle non seulement de la permanence d’un noyau substantiel – la mêmeté – mais également de celle impliquée dans l’acte de tenir parole – l’ipséité – l’identité est ici conçue comme étant narrative. Seul un sujet capable de se raconter serait ainsi capable du maintien de soi dans la parole donnée. Or, confrontée à l’hypothèse de l’inconscient, cette conception narrative de l’identité fait problème : que ce soit au niveau anthropologique et métapsychologique d’une part, ou au niveau de la méthode et de la clinique psychanalytique d’autre part, le récit autobiographique ne saurait rendre compte de la dimension inconsciente de l’expérience. Elle ne peut en ce sens constituer un concept directeur dans le champ théorico-clinique ouvert par Freud.

M. Gilbert, A psychoanalytical critique of narrative identity, RThPh 2006/IV, p. 329-341.
The hermeneutics of the self proposed by Paul Ricœur in the 1990’s gives a large place to autobiographical narrative. At the heart of what constitutes personal identity, then, is the capacity to reflect on oneself in narrative terms. Seen not only from the angle of the permanence of a substantial core – selfsameness – but also from that implied in the act of discourse – ipseity – identity is conceived of as being narrative. Only a subject capable of telling about itself can maintain the self in what is told. However, when confronted with the hypothesis of the subconscious, this narrative conception of identity is problematic: whether at an anthropological or a meta-psychological level on the one hand, or on the level of method and of clinical psychoanalysis on the other, autobiographical narrative cannot render an account of the unconscious dimension of experience. It cannot in this sense be a directive concept in the clinical theory field opened by Freud.

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RThPh 2006/IV, p. 319-327.
Pierre BÜHLER
Ricœur et Kierkegaard

Résumé
Partant des deux textes parus en 1963 dans la Revue de Théologie et de Philosophie, dans lesquels Ricœur rend compte de sa lecture de Kierkegaard et de l’héritage qu’il estime y trouver, cet article entreprend d’éclairer le rapport entre ces deux philosophes. Alors même que Ricœur souligne à plusieurs reprises l’importance de son ancêtre danois, il est frappant de voir que, mis à part les deux textes de 1963, ce dernier n’occupe qu’une place très discrète dans l’oeuvre de son «héritier». L’article se donne pour but d’explorer les raisons possibles de cette ambivalence manifeste de Ricœur à l’égard de Kierkegaard.

P. Bühler, Ricœur and Kierkegaard, RThPh 2006/IV, p. 319-327.
Starting with two articles published in the Revue de Théologie et de Philosophie in 1963, in which Ricœur renders an account of his study of Kierkegaard and of the heritage he claims to find there, this article seeks to throw light on the relationship between the two philosophers. While several times Ricœur underlines the importance of his Danish forebear, strikingly, apart from these two articles of 1963, he only gives him a very discreet place in his works.

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RThPh 2006/IV, p. 315-317.
Guy DE CHAMBRIER
Commentaire au texte de Ricœur

Résumé
Ce petit article explicite brièvement le contexte de l’article qui précède et en retrace le parcours en montrant comment le philosophe s’approche prudemment des notions clés de la théologie chrétienne.

G. De Chambrier, Commentary on the article by Ricœur, RThPh 2006/IV, p. 315-317.
This short essay briefly explains the context and traces the logic of the preceding article, while showing how the philosopher approaches the key notions of Christian theology with prudence.

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RThPh 2006/IV,p. 307-314.
Paul RICŒUR
Note sur l’existentialisme et la foi chrétienne

Résumé
L’auteur se donne pour but de montrer en quoi les philosophies existentialistes rappellent à la foi chrétienne les questions décisives auxquelles elle doit sans cesse se confronter. Il le fait en partant de thèmes concrets traités par les existentialistes de manière à interpeller la foi de manière radicale : les enjeux de la liberté, l’incarnation de l’être humain dans un corps et une histoire, et les difficultés de la communication avec autrui. Par là même l’existentialisme est à même de «nettoyerc» la foi chrétienne.

P. Ricœur, Notes on existentialism and the Christian faith, RThPh 2006/IV,p. 307-314.
The writer shows existentialist philosophies reminding the Christian faith of decisive questions it must continually ask itself. On the basis of such concrete themes treated by existentialists, he questions the faith in a radical way concerning the stakes of freedom, the incarnation of humankind in a body and in history, and the difficulties of interpersonal communication. Existentialism is thus in a position to «cleanse» the Christian faith.

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RThPh 2006/IV, p. 293-306.
Sylvie BONZON
Paul Ricœur en Suisse romande : rencontres, liens et héritage

Résumé
Dès l’immédiat après-guerre des relations se sont nouées entre Paul Ricœur et la Suisse romande ; elles seront durables, attestées par le double mouvement de ses fréquentes interventions ici et des nombreux passages d’étudiants romands dans ses cours, tant à Strasbourg qu’à Paris. Cet article repère quelques moments significatifs de ces échanges, dans leur diversité.

S. Bonzon, Paul Ricœur in French-speaking Switzerland: encounters, contacts and heritage, RThPh 2006/IV, p. 293-306.
In the immediate post-war years, lasting relationships grew between Paul Ricœur and French-speaking Switzerland, as seen in his frequent participation in events here and by the numerous French-speaking Swiss students who attended his courses both in Strasbourg and Paris. This article recalls various significant moments in these diverse exchanges.

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RThPh 2006/III, p. 227-244.

Christine CLAVIEN
L’éthique évolutionniste

Résumé
L’éthique évolutionniste est un courant qui cherche à introduire le point de vue de l’évolution dans la philosophie morale. Plus précisément, les tenants de cette approche s’inspirent de données issues de différentes sciences comme la biologie évolutive, la théorie des jeux, la neurobiologie, la psychologie évolutionniste, etc., pour aborder des questions traditionnellement traitées en philosophie morale. Évidemment, il y a bien des façons d’utiliser ce matériau et c’est ce que je me propose d’explorer dans cet article. Mon but est de saisir les limites et les possibilités d’une éthique évolutionniste. Je conclurai sur une note positive en faveur de ce courant philosophique.

C. Clavien, Evolutionary Ethics, RThPh 2006/III, p. 227-244.
The objective of evolutionary ethics is to bring the point of view of evolution into moral philosophy. More precisely, to consider data coming from different sciences such as progressive biology, game theory, neurobiology, evolutionary psychology, etc., in the approach to questions traditionally treated by moral philosophy. Obviously, there are many ways of using such material and this is what I explore in the present article. We want to grasp the limits and the possibilities of evolutionary ethics. I will conclude on a positive note in favour of this philosophical current.

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RThPh 2006/III, p. 209-225.

Corinne POUILLY
Gerda Walter

Résumé
Gerda Walther traite de l’expérience mystique comme d’une expérience qui fonde les différentes religions. Elle propose une vision de la mystique faisant écho à celle de Maître Eckhart à travers un vocabulaire phénoménologique hérité de Pfänder. Elle pense la personne à partir de l’expérience mystique. Son étude s’élargit jusqu’au thème de l’empathie. Elle discute le questionnement nietzschéen de la mort de Dieu et retravaille l’allégorie platonicienne de la caverne. L’expérience du divin est liée à la souffrance, à l’abandon et au problème de la certitude ultime.

C. Pouilly, Gerda Walther, RThPh 2006/III, p. 209-225.
Gerda Walther treats mystical experience as the foundation of the different religions. She proposes a vision of mystics which echoes that of Meister Eckhart in phenomenological vocabulary she inherited from Phänder. She considers personhood on the basis of mystical experience. Her study extends into the theme of empathy. Shediscusses Nietzsch’s question of the death of God and reworks Plato’s cave allegory. The experience of the divine is linked to suffering, abandonment and the question of ultimate certainty.

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RThPh 2006/III, p. 193-207.
Serge MARGEL
Religio/superstitio
La crise des institutions, de Cicéron à Augustin

Résumé
Il s’agira ici d’analyser le couple traditionnel religio/superstitio, dans la littérature latine, de Cicéron à Augustin. Mon intention, à vrai dire, n’est pas seulement de comparer les textes païens aux premières réflexions chrétiennes, mais d’abord et avant tout de montrer comment les chrétiens ont tenté d’établir
un nouveau statut des institutions sociales sur une critique de l’opposition païenne entre religion et superstition.

S. Margel, The institutional crisis, from Cicero to Augustine, RThPh 2006/III, p. 193-207.
This is an analysis of the traditional duo of religion and superstition in Latin literature from Cicero to Augustine. My aim is, in fact, not to just compare the pagan texts with early Christian thought, but rather to show how Christians tried to establish a new status for social institutions based on a critique of pagan opposition between religion and superstition.

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RThPh 2006/II, p. 147-163.
Peter GASSER
Tu ne te feras pas d’image
Max Frisch et la théologie

Résumé
Max Frisch, qui se dit agnostique, a très souvent recours à la Bible, tout au long de sa création artistique. Le présent article a pour but d’élucider ce paradoxe, d’analyser les différentes facettes et les étapes successives de l’interaction complexe et fructueuse entre théologie et littérature. La discussion abordera, au-delà des aspects théologiques, notamment des questions esthétiques que soulève l’intertexte biblique.

P. Gasser, Max Frisch and theology, RThPh 2006/II, p. 147-163.
Max Frisch, who called himself an agnostic, often had recourse, right through his long career as an artist, to the Bible. In this article we elucidate this paradox, analysing its different aspects and the successive stages of a complex interaction between theology and literature. Over and above theological aspects, the discussion will touch upon,notably, some aesthetic questions brought out by biblical intertext.

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RThPh 2006/II, p. 127-145.
Francis GUIBAL
Le sacrifice en suspens

Résumé
Le récit fameux de Gn 22 sert ici de toile de fond à un débat hautement significatif. Pour Jacques Rolland, la «ligature» d’Isaac doit être soustraite aux mésinterprétations sacrificielles et récuse à l’avance toute foi dans une mort rédemptrice (du Christ notamment). Pour Silvano Petrosino, cette mise à l’épreuve de l’Alliance se continue plutôt et culmine même dans la vie et la pâque du Fils «se faisant obéissant jusqu’à la mort de la Croix». Mais la fascination idolâtrique par le sacrifice reste une tentation dont la tradition chrétienne peine à se libérer.

F. Guibal, Sacrifice suspended, RThPh 2006/II, p. 127-145.
The well-known story in Genesis 22 serves here as a backdrop for a deeply meaningful debate. Jacques Rolland is of the opinion that the “ligature” of Isaac should be freed of its sacrificial misinterpretations. From the outset, he refuses all belief in a redeeming death (notably Christ’s). For Silvano Petrosino, this Covenantal testing rather continues and even reaches its climax in the life and suffering of the Son “obedient even unto death on the cross”. Nevertheless, the idolatrous fascination for sacrifice remains a temptation from which the Christian tradition has a hard time to free itself.

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RThPh 2006/II, p. 111-125.

Giacomo COSTA
Le point de vue philosophique de Jeanne Hersch sur les droits de l’homme

Résumé
Je me propose une évaluation du travail effectué par Jeanne Hersch sur les droits de l’homme. A-t-elle tenté de «fonder» les droits, c’est-a-dire, de développer des argumentations contraignantes qui en établissent la validité ? Elle dérive les droits d’une conception normative de la nature humaine, s’appuyant sur la volonté, qui doit être libre, plutôt que sur la raison. Ses «fondements» ne sont pas des argumentations, mais des présupposés anthropologiques. Elle tente d’expliquer les échecs des droits de l’homme par une analyse de leur tendance naturelle à se multiplier, se différencier, s’opposer l’un à l’autre.

G. Costa, Jeanne Hersch’s philosophical point of view on human rights, RThPh 2006/II, p. 111-125.
My purpose here is to give an appreciation of Jeanne Hersch’s work on human rights. Does she try to provide them with a rational foundation, i.e., to show compelling arguments for their validity ? She derives rights from a normative conception of human nature, stressing the freedom of will over reason. Her « foundations » turn out to be anthropological presuppositions rather than rational arguments. She tries to explain recurrent defeats of human rights causes as being a consequence of their inner tendency to multiply and differentiate between and oppose each another.

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RThPh 2006/II, p. 97-110.
Frédéric MOINAT
Catégories et analyse intentionnelle chez Husserl

Résumé
La notion de «catégorie» traverse de manière centrale l’histoire de la philosophie depuis sa première formulation par Aristote. Elle tient une place importante dans la logique développée par Husserl. Cet article a pour visée de montrer comment, au-delà d’une simple exposition d’ontologie formelle, les catégories relèvent de la constitution transcendantale. Comme tout objet, réel ou idéel, les catégories sont corrélées à un ensemble structuré d’actes intentionnels qui peut rendre compte de leur émergence et de leur thématisation explicite. Cela permettra de montrer que la problématique de la constitution
chez Husserl, que l’on situe à partir du tournant transcendantal de 1907, est déjà bien amorcée à l’époque des Recherches logiques.

F. Moinat, Categories and intentional analysis in Husserl, RThPh 2006/II, p. 97-110.
The notion of “category” runs right through the history of philosophy from its first formulation by Aristotle. It holds a central place in the logic developed by Husserl. Theaim of this article is to show, over and above a simple exposition of formal ontology, how categories belong to transcendental constitution. Like any real or ideal object, categories are related to a structured ensemble of intentional acts capable of taking into account their emergence and their explicit theme. This allows us to show that the problematic of constitution for Husserl, situated after the transcendental turn of 1907, already began at the time of Logische Untersuchungen.

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RThPh 2006/I, p. 29-37.

Timothy O’HAGAN
L’amour-propre est un instrument utile mais dangereux: Jean-Jacques Rousseau et Port-Royal

Résumé
Dans cet article je présente des réflexions sur l’amour-propre, un élément important de l’anthropologie philosophique de Jean-Jacques Rousseau. À la suite de cet exposé, j’examine brièvement des anticipations de ces idées de Rousseau dans les écrits de deux philosophes du siècle précédent, Blaise Pascal et Pierre Nicole.

T. O’Hagan, Jean-Jacques Rousseau and Port Royal, RThPh 2006/I, p. 29-37.
In this article I present some thoughts on self-esteem, an important element in the philosophical anthropology of Jean-Jacques Rousseau. Then I examine briefly some antecedents of these ideas of Rousseau in the writings of two philosophers of the previous century, Blaise Pascal and Pierre Nicole.

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RThPh 2006/I, p. 17-28.

Zoé ANTONOPOULOU-TRECHLI
«Fils de Dieu, Père des hommes» : la parenté en palindrome chez l’empereur byzantin

Résumé
Dans mon exposé je traite de la parenté imaginaire comme elle apparaît chez la persona de l’empereur byzantin. Il s’agit d’une parenté en palindrome, puisque, d’une part, l’empereur, au moment de son couronnement, devient Fils de Dieu par la grâce divine et, d’autre part, au même moment et de la même manière, il devient Père de son peuple. Le système impérial byzantin est donc calqué sur la relation «familiale» des trois personnes de la Trinité divine : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le fils imite son père. Les qualités paternelles existent chez le souverain terrestre : la justice, la piété, la prudence, l’absence de passions et surtout la philanthropie. Et ce sont ces qualités qui font du souverain un modèle pour ses sujets. L’empereur est absolument digne d’être imité par son peuple. C’est ainsi qu’à Byzance le modèle politique le plus ancien, celui de la parenté, survit au sein du nouveau modèle des hiérarchisations.

“Son of God, Father of Humans”: the palindromic family relations of the Byzantine Emperor, RThPh 2006/I, p. 17-28.
In this study I treat the imagined family relations of the persona of the Byzantine emperor. These are palindromic in that the emperor, at the moment of his coronation, becomes the Son of God by divine grace and, at the same time and in the same manner, the Father of his people. The Byzantine imperial system is thus modeled on the «family» relation of the three persons of the divine Trinity: Father, Son and Holy Spirit. The son imitates the father. The paternal qualities exist in the terrestrial sovereign: justice, piety,
prudence, the absence of passion and especially philanthropy. It is these qualities that make the sovereign a model for his subjects. The emperor is fully worthy to be imitated by his people. It was in this way that in Byzantium the most ancient political model, that of family relationship, survived within the mew model of hierarchies.

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RThPh 2006/I, p. 1-15.

Jérome JUNOD
Aristote, le rêve et l’éthique

Résumé
Au départ, un constat : la question de la «moralité» des rêves a été délaissée par la philosophie, tandis qu’elle a largement inspiré la littérature. Afin d’explorer la question, on recourt à Aristote, premier théoricien naturaliste du rêve et analyste de la psychologie morale. Bien qu’opposé à une «lecture éthique» du rêve (il privilégie les facteurs somatiques), Aristote fournit une échelle extrêmement fine de «demi-actions» (spontanées, désirées, regrettées, etc.) de la veille. La traque d’une hypothétique «action onirique» sera l’occasion d’un parcours tout au long de cette échelle éthique, et d’une étude plus générale du «diagnostic moral» dans la perspective d’Aristote.

J. Junod, Aristotle, dreams and ethics, RThPh 2006/I, p. 1-15.
To begin with, an observation: the question of “morality” in dreams has been neglected by philosophy, whereas it has been a great inspiration for literature. To explore the question, we go to Aristotle, the first naturalist theoretician of dreams and analyst of moral psychology. Although he opposed an “ethical reading” of dreams (giving preference to somatic factors), Aristotle provided a very discriminating scale for “half-actions” (spontaneous, desired, regretted, etc.) of wakefulness. The tracing of a hypothetical “dream action” will permit us to follow the whole length of this ethical scale and to make a more general study of a “moral diagnostic” according to the perspective of Aristotle.

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Vol. 141 - 2009/I

JEAN-MARIE BEYSSADE: En quête d’une ontologie cartésienne: sur trois formules à corriger (Lettre à un inconnu, 1642 ou 1643, AT V 545-546) (Résumé)
STEFAN KRISTENSEN: Foucault et la phénoménologie. Le problème de l’unité du sujet (Résumé)
ANNETTE DISSELKAMP: Existe-t-il une justice chrétienne? Quelques réflexions sur les Doctrine sociales d’Ernst Troeltsch (Résumé)

Étude critique
PIERRE GISEL: Le christianisme comme style (Résumé)

Vol. 141 - 2009/II

Y a-t-il une peine juste?

ALBERTO BONDOLFI: La peine: un thème à redécouvrir en éthique et en droit (Résumé)
NORBERT CAMPAGNA: L’État a-t-il un devoir catégorique de punir? (Résumé)
STEFANO BIANCU: La peine, le symbole, l’autorité (Résumé)
FRANCESCA DE VECCHI: Préméditation: quelques remarques du point de vue philosophique, éthique et juridique (Résumé)
ANDRE KUHN: Peut-on se passer de la peine pénale? Un abolitionnisme à la hauteur des défis contemporains (Résumé)
FRANK HALDEMANN: Penser la justice transitionnelle: pour une reconnaissance collective des victimes (Résumé)

Vol. 141 - 2009/III

La pensée de Montaigne - quatre études

PIERRE BÜHLER: Avant-propos

Étude critique
SYLVIE BONZON: La philosophie critique de Montaigne (Résumé)

CHARLES GAGNEBIN: La figure de Socrate dans les Essais de Montaigne (Résumé)
PHILIPPE GROSOS: Montaigne et Pyrénées. L’écriture de soi dans les Essais (Résumé)
JEAN-PIERRE VAN ELSLANDE: Que philosopher, c’est être enfant: Montaigne pédagogue (Résumé)

CINZIA ARRUZZA: Le refus du bonheur. Négligence et chute dans la pensée d’Origène (Résumé)
HANS-CHRISTOPH ASKANI: Hölderlin et la théologie (Résumé)

Vol. 141 - 2009/IV

Le Dossier biblique sur la statue de YHWH dans le premier temple de Jérusalem

THOMAS RÖMER: Enquêtes scripturaires à travers la Bible hébraïque (Résumé)
MATHIEU RODUIT: L’illusion de l’enseignement par les mots: un commentaire du De Magistro (Résumé)
ÉRIC JUNOD: Du danger d’écrire (Résumé)
CHRISTOPHE PERRIN: L’épreuve au miroir (Résumé)

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Vol. 140 - 2008/I

ANNE STAQUET: La modernité de Bossuet (Résumé)
LAURENT CESALLI: “Faire sens”: la pragmatique sémantique d’Anton Marty (Résumé)
PASCAL ENGEL: Les normes de la pensée, esquisse d’une généalogie (Résumé)

Étude critique
HENRY MOTTU: William E.B. Du Bois: les âmes du peuple noir (Résumé)

Vol. 140 - 2008/II-III

L‘Étique minimale
Dialogues philosophiques et théologiques avec Ruwen Ogien

OLIVIER ABEL, FRANÇOIS DERMANGE, NATHALIE MAILLARD ROMAGNOLI, DENIS MÜLLER, CHRISTOPHE PISTEUR: L’éthique minimale en discussion. Liminaire (Résumé)
RUWEN OGIEN: Qu’est-ce que l’éthique minimale? (Résumé)
FRANÇOIS DERMANGE: L’éthique minimale est-elle le meilleur garant de la liberté? (Résumé)
AURORE DUMONT: Questions de méthode (Résumé)
CHRISTOPHE PISTEUR: L’éthique minimale de Ruwen Ogien: de l’éthique à l’esthétique? (Résumé)
OLIVIER ABEL: Étique minimale, ou éthique plurielle? (Résumé)
NATHALIE MAILLARD ROMAGNOLI: Le perfectionnisme de J. S Mill, en discussion avec L’éthique aujourd’hui de Ruwen Ogien (Résumé)
DENIS MÜLLER: Jusqu’à quel point l’éthique minimale est-elle substantielle? Questions et suggestions au sujet des modèles d’Ogien et de Walzer (Résumé)
SABINE CIMASONI: Éthique minimale et authenticité de l’agent (Résumé)
GHISLAIN WATERLOT: Le souci de soi comme condition éthique minimale de l’humanisation du sujet (Résumé)
NICOLA STRICKER: Regards protestants sur l’assistance médicale à la procréation: entre la “panique morale” et le tragique éthique (Résumé)
SAMIA HURST: Exigences et ébauches d’une éthique minimaliste dans la pratique clinique (Résumé)
ALBERTO BONDOLFI: Quelques remarques au sujet des rapports entre éthique minimale et bioéthique: une réaction aux propos de Ruwen Ogien (Résumé)
RUWEN OGIEN: Commentaires sur les essais (Résumé)

Vol. 140 - 2008/IV

La théologie entre reprises différées, déplacements et ruptures

PIERRE BÜHLER ET FRANÇOIS FELIX: Introduction
JEAN KAEMPFER: Une théologie polémique et militante (Résumé)
PIERRE GISEL: Réponse à Jean Kaempfer (Résumé)
PHILIPPE BORGEAUD: Généalogie et comparatisme sous le regard de la théologie (Résumé)
PIERRE GISEL: Réponse à Philippe Borgeaud (Résumé)
PHILIPPE GROSOS: La théologie en question (Résumé)
PIERRE GISEL: Réponse à Philippe Grosos (Résumé)
GHISLAIN WATERLOT: Une lecture et ses questions (Résumé)
PIERRE GISEL: Réponse à Ghislain Waterlot (Résumé)
JEAN KAEMPFER, PHILIPPE BORGEAUD, PHILIPPE GROSOS ET GHISLAIN WATERLOT: Répliques (Résumé)
PIERRE GISEL: Conclusion: d’un déplacement plus radical
PIERRE BÜHLER: La théologie est-elle encore de la théologie? Un contrepoint (Résumé)
PIERRE GISEL: La théologie: un résumé


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Vol. 139 - 2007/I

GILDA BOUCHAT: L’esthétique de l’analogon rationis. Une introduction à la philosophie d’Alexander Gottlieb Baumgarten (Résumé)
MORGAN GAULIN: Schleiermacher: l’esthétique et la critique de Schelling (Résumé)
DENIS MÜLLER: Critique de la raison sourde et écoute de l’autre et du monde (Résumé)
JEAN-PHILIPPE PIERRON: Éthique et sexualité. Herméneutique de l’être sexué et de ses imaginaires (Résumé)
POL VANDEVELDE: Le pardon communautaire est-il possible? La contribution du roman Disgrâce de J.M. Coetzee (Résumé)

Vol. 139 - 2007/II

Justin Martyr. Nouvelles hypothèses. Journée du Groupe Suisse d’Études Patristiques

FLAVIO G. NUVOLONE: Justin Martyr: il était temps de le redécouvrir
PHILIPPE BOBICHON: Comment Justin a-t-il acquis sa connaissance exceptionnelle des exégèses juives? (Résumé)
GABRIELLA ARAGIONE: Justin de Naplouse devient Justin Martyr (1 Apologie 2,4) (Résumé)
EMMANUEL LUHUMBU SHODU: Les formules de foi chrétienne chez Justin Martyr (Résumé)
ENRICO NORELLI: Que pouvons-nous reconstituer du Syntagma contre les hérésies de Justin? Un exemple (Résumé)

Vol. 139 - 2007/III

FRANÇOIS FÉLIX: La voie éthique et l’apophasie du philosophe. Le religion chez Schopenhauer (Résumé)
JEAN MARCEL VINCENT: La figure de l’inversion dans le poème Tenebrae de Paul Celan (Résumé)

Débat: Lire Karl Barth aujourd’hui

PHILIPPE CARDON: L’audace de la théologie: peut-on encore être théologien après Karl Barth? À propos de livre de Denis Müller, Karl Barth (Résumé)
DENIS MÜLLER: Scolastique néobarthienne, audace interprétative et nouvelle tâches de la théologie et de l’étique (Résumé)

Vol. 139 - 2007/IV

Écrire en lisant  – lire en écrivant
Réception et transmission des classiques

PIERRE BÜHLER: Éditorial
PIERLUIGI PIOVANELLI: Rewritten Bible ou Bible in Progress? La réécriture des traditions mémoriales dans le judaïsme et le christianisme anciens (Résumé)
IRENE ZAVATTERO: Le bonheur parfait dans les premiers commentaires latins de l‘Étique à Nicomaque (Résumé)
ADINA SECRETAN: Siger de Brabant: une réponse grammaticale au problème de l’être et de l’essence (Résumé)
CATHERINE KÖNIG-PRALONG: Le discours scolastique médiéval (Résumé)
FABIÁN JAVIER LUDUEÑA ROMANDINI: La jouissance de l’incorporel. Interpretatio christiana des Anciens chez Marsile Ficin (1433–1499) (Résumé)
FRANCESCO GREGORIO: Le discours philosophique grec. Transits, lieux, formes (Résumé)

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LIRE MICHEL DE CERTEAU EN THÉOLOGIEN

PIERRE GISEL

Résumé
Lire Certeau en théologien, c’est consonner avec une articulation à l’histoire, vue dans ses discontinuités et comme lieu de productions, imaginaires et autres, et ainsi scène d’un désir et d’une exposition maximale au monde. On renvoie alors à un excès, jamais dit directement, mais en travail au cœur du présent et de l’immanence. Lire Certeau en théologien, c’est assumer ainsi une modernité signant la fin du rapport à un cosmos différentié et signifiant, pour entrer dans une passion de l’Unique, absent. Au creux d’une perte, d’un exil, d’une épreuve, qu’attestent les mystiques, eux qui disent un corps à corps avec le monde, une altération originaire, un avènement singulier. Et qui les écrivent. Or, la théologie est justement articulée à de la mémoire, textuelle et fictive, et aux jeux institutionnels à laquelle cette mémoire émarge, fût-ce sur mode d’écart ou de dissidence; et son travail passe par l’anthropologie d’un croire, de dimension radicalement humaine et irréductible en l’humain. S’y dit une subversion, non un dépassement, du monde.

P. GISEL, Reading Michel de Certeau as a theologian, RThPh 2004/IV, p. 399-415.
To read Certeau from the point of view of a theologian is to dovetail with history, seen in its discontinuities and as a place of creations of the mind, imaginary or not, and thus of desire as well as of maximum exposure to the world. An excess is referred to which, never directly stated, works nevertheless at the heart of presence and immanence. To read certeau as a theologian is to assume a modern hallmarking of the end of connectedness to a differentiated and meaningful cosmos and to become passionate about a Uniqueness, which is absent. In the hollowness of loss, exile, trials, the mystics testify to a hand-to-hand battle with the world, to an original alteration, to a singular approach. And they put it to writing. Theology, however, is linked precisely to memory, textual and fictive, and to the institutional set-up upon which this memory depends, even in the form of divergence or dissidence; and its work passes through an anthropology of belief, of radically human dimensions yet irreductible to the human. One might say a subversion rather than a surpassing of the world.

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La libre pensée est-elle une pensée libre?
Réflexions sur la lecture de Collins par Crousaz

SÉBASTIEN CHARLES

Résumé
L’examen détaillé par Crousaz du Discourse of free-thinking d’Anthony Collins est la seule enquête suivie proposée au siècle des Lumières de ce pamphlet en faveur de la liberté de pensée. La critique formulée par Crousaz porte moins contre la liberté de penser que contre une possible licence dans l’exercice d’un jugement qui ne serait contraint ni par les règles de la logique ni par le respect de la tradition et du sacré. Il en découle au final une opposition caractéristique des Lumières sur les prérogatives de la raison qui permet de se demander si, au fond, la libre pensée fut bien une pensée libre.

Summary

The detailed analysis of Anthony Collins’ Discourse of Free-Thinking provided by Crousaz is the only investigation of the Enlightenment on this pamphlet promoting the freedom of thinking. Crousaz’s criticism has to do less with freethinking than with the possible license in the exercise of judging, which would be constrained neither by the rules of logic nor by the respect of tradition and the sacred. As a consequence, the Enlightenment displays a characteristic opposition on the prerogatives of reason, and this prompts the question whether freethinking was really a free thought.

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La critique des fausses beautés de l’éloquence dans le Traité du beau

MARC ANDRÉ BERNIER

Résumé
Le Traité du beau de Jean-Pierre de Crousaz semble condamner avec énergie les « fausses beautés » de l’éloquence, assimilées à d’ « inutiles brillants » qui séduisent le sentiment pour mieux égarer le jugement. Pourtant, une fascination pour ces beautés éclatantes et surprenantes auxquelles s’attache le sentiment s’y fait également jour, annonçant ainsi l’éclatement d’un système du beau fondé sur une scission entre idées et sentiments au profit de démarches pour lesquelles le plaisir devra former le socle de toute esthétique future.

Summary
In his Traité du beau, Jean-Pierre de Crousaz appears to condemn energetically the « false beauties » of eloquence, which he compares to the « pointless wit » that seduces feelings and serves to cloud judgement. However, a fascination for these dazzling and surprising beauties to which feeling is drawn is also manifest, thereby forecasting the break-up of a system of the beautiful founded upon a schism between ideas and feelings in favour of proceedings which should have pleasure as the basis of all future aesthetics.

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RThPh 2005/IV, p. 297-310.

Bernhard WALDENFELS
L’Homme comme être des limites

Résumé
C’est à partir du concept d’ordre que l’auteur cherche à penser l’homme. Ce dernier ne se définit alors pas en vertu de telle ou telle de ses propriétés supposées qui le distingueraient de ce qui est non-humain, mais comme le lieu où les limites – constitutives de tout ordre – sont instituées, tracées et déplacées. C’est ainsi à chaque fois en réponse à un ordre que l’homme se donne à penser. Il n’est pas en propre ceci ou cela, se distinguant étanchement de ce qui lui est étranger, mais plutôt le lieu d’un retraçage constant des limites entre le propre et l’étranger. Loin de se définir simplement par une position dans un ordre, il est dérangé et décentré par l’étrangeté dont il se distingue à chaque fois. “L’homme comme être des limites” signifie dès lors aussi que l’homme se situe d’emblée à la limite.

B. WALDENFELS, Humankind as a being of limits. RThPh 2005/IV, p. 297-310.
It is from the concept of order that the author sets out to think humankind, defined not by such and such supposed properties that distinguish what is human from what is not, but as the place where limits – constitutional of all order – are instituted, marked out and shifted. Thus every time humans give themselves to thought, they are responding to an order. They do not have exclusive possession of this or that feature, distinguishing themselves imperviously from what is extraneous; rather here they are seen at the place of a continual tracking of limits between what is of themselves and what is not. Far from defining themselves as holding a certain position in an order, they are bothered and thrown off centre by the extraneous, from which they are forever distinguishing themselves. So “humankind as a being of limits” implies that humans are automatically situated at the limit.

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RThPh 2005/II, p. 149-156.
Virginie JATON
En articulations et rémanences, un espace de parole en suspens

Résumé
La parution de plus en plus fréquente d’ouvrages (souvent collectifs) consacrés aux figures et aux ailleurs de la pensée suggère la présente note de lecture. Pluralités indéterminées de régimes de “scientificité”, richesses épistémologiques d’une complexité et du paradoxe: entre attentes et ambiguïtés, autant de relations, voire de résurgences, circulant dans les espaces discursifs. Recherches d’expression ou recherches de pensée? Peut-on alors imaginer une actualité d’une parole entre philosophie et géographie?

V. JATON, Critical Study: Articulations and remanences, a space for words in suspension, RThPh 2005/II, p. 149-156.
These reading notes are motivated by the more and more frequent publications of (often collected) works on figures of thought and who knows what. Undetermined pluralities of “scientific” systems, epistemological riches of complexity and of paradox, between expectations and ambiguities, so many connections, even re-emerging, circulating in discursive space. The search for expression or for thought? Could one thus imagine the actuality of a word between philosophy and geography?

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RThPh 2005/II, p. 141-147.

ÉTUDE CRITIQUE

Christophe UEHLINGER
L’Europe et ses Juifs?

Résumé
Dans un premier temps, l’auteur s’attache à présenter les principales contributions de l’ouvrage collectif L’Europe et les Juifs, issu d’un colloque tenu à Lausanne. Dans un second temps, l’auteur formule quelques questions critiques, en dégageant les enjeux chronologiques, géographiques et topiques des options méthodologiques de l’ouvrage. En particulier, il relève l’absence problématique de l’islam.

C. UEHLINGER, Critical study: Europe and her Jews?, RThPh 2005/II, p. 141-147.
The author first presents the main contributions to a collective work “Europe and the Jews”, produced from a symposium held in Lausanne. Then, bringeng out the chronological, geographical and topical risks of its methodological options, he formulates some critical questions. In particular, he underlines the problematic absence of Islam.

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RThPh 2005/II, p. 129-139.

Domenico JERVOLINO
Pierre Thévenaz (1913-1955) et la condition humaine de la raison

Résumé
Le projet de Pierre THévenaz d’une “philosophie sans absolu” est le fruit de la rencontre entre la raison philosophique et l’expérience-choc de l’annonce chrétienne, qui restitue à l’humain sa dimension uniquement et radicalement humaine. Le monde d’ici-bas devient ainsi le lieu de l’homme dans son historicité. La méthode de cette conversion à l’en deça est celle d’une radicalisation de la philosophie réflexive. Si désormais “la raison c’est l’homme”, la tâche d’une “philosophie sans absolu” devient l’herméneutique de la condition humaine.

D. JERVOLINO, Pierre Thévenaz (1913-1955) and the human condition of reason, RThPh 2005/II, p. 129-139.
P. Thévenaz’ project for a “philosophy without an absolute” is the fruit of the meeting of philosophical Reason with the shock-experience of the Christian message which restored to humankind its unique and radically human dimension. The earthly world thus becomes the place of humankind in its historicity. The method of converting to this side is a radicalisation of reflexive philosophy. If henceforth “reason is mankind”, then the work of a “philosophy without an absolute” becomes the hermeneutics of the human condition.

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RThPh 2005/II, p. 115-128.

Jean-Michel RIETSCH
Paracelse critique d’Érasme : des belles lettres comme obstacle à la compréhension de l’Œuvre de Dieu.

Résumé
Paracelse, médecin et théologien, adopte en plein XVIe siècle une attitude de rejet à l’égard de l’humanisme ambiant, plus particulièrement à l’égard d’Érasme. Le retour à la perfection antique chère aux érudits renaissants n’est, selon Paracelse, qu’une mode dangereuse. Étudier le passé pour comprendre le présent est une erreur: en médecine, pour remédier aux maladies du corps “présent”, ou en théologie, pour préserver la vie de l’âme, “on ne fait pas voile avec le vent de la veille”. La création divine, l’Écriture au même titre que la nature, dans son perpétuel écoulement, appelle un “lecteur” en mouvement, qui l’accompagne.

J.-M. RIETSCH, Paracelsus, the critic of Erasmus: Literature as an obstacle to understanding the work of God, RThPh 2005/II, p. 115-128.
Paracelsus, physician and theologian, rejected the prevailing humanism of the mid 16th century, particularly that of Erasmus. The return of the perfection of Antiquity so important for Renauissance scholars was, for Paracelsus, nothing more than a dangerous fad. To study the past in order to understand the present was an error: in medicine, to remedy the diseases of “present” bodies, or in theology, to preserve the life of the soul, “you can’t sail with yesterday’s wind”. Divine creation - Scripture as well as nature - calls for a reading in movement to accompany its perpetual flow.

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RThPh 2005/II, p. 97-113.
Jean-Michel CHARRUE
Plotin et Socrate

Résumé
Cet article vise à restituer la vérité d’une figure historique emblématique, Socrate, et la réception du personnage à travers Plotin. Plotin, dans les citations des Ennéades envisage Socrate comme image d’un modèle intelligible, ensuite, à la manière d’Aristote comme cet exemple; troisièmement comme âme; enfin se dessine une image de Socrate comme individu et comme particulier se dédoublant en un Socrate extérieur qui joue à son procès, et un Socrate intérieur profond, figure qui blesse en raison de sa destinée, et a peut-être été à l’origine de l’évolution de Plotin vers une conscience intérieure.

J.-M. CHARRUE, Plotinus and Socrates, RThPh 2005/II, p. 97-113.
This article aims at restoring the truth about a symbolic figure, Socrates, and the reception of his personage through Plotinus. In the Enneads citations, Plotinus first represents Socrates as the image of an intelligible model; then, in aristotelian fashion, as this model; and thirdly, as soul. Finally, an image emerges of Socrates as a particular individual doubled by a Socrates who, on the exterior, plays his role in his trial while, in his deep interior, hurting from his destiny. This last figure may have been at the origin of the plotinian evolution towards an inner conscience.

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RThPh 2005/I, p. 35-48.

Ion VEZEANU
L’identité personnelle chez Wittgenstein. Une approche pragmatique

Résumé
Nous montrons ici que le rejet de l’identité par Wittgenstein s’appuie sur la contestation du principe de causalité, doublé d’une conception pragmatique de la personne. Dans son rejet de la causalité la position de Wittgenstein ressemble fortement à celle de David Hume. Pour parvenir à une conception pragmatique de la personne on analysera l’usage linguistique et grammatical qui régit l’identité personnelle. Chez Wittgenstein le concept de personne se définit par rapport au contexte actionnel.

I. VEZEANU, Personal identity, according to Wittgenstein. A pragmatic approach, RThPh 2005/I, p. 35-48.
Here we show that Wittgenstein’s dismissal of identity is dependent on the disputing of the principle of causality, reinforced by a pragmatic concept of personhood. In his rejection of causality, the position of Wittgenstein resembles that of David Hume. In order to get to a pragmatic idea of personhood, linguistic and grammatical usage of the terms defining personal identity is analysed. For Wittgenstein, the idea of personhood is defined in relation to the actual context.

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RThPh 2005/I, p. 19-34.

Ion VEZEANU
L’absurdité de l’identité selon Wittgenstein

Résumé
Ludwig Wittgenstein récuse l’identité pour des raisons philosophiques. Nous montrons que ces raisons se situent au moins à deux niveaux philosophiques différents et complémentaires: a) le premier niveau est logico-sémantique et correspond à l’époque du Tractatus; le philosophe rejette l’identité conformément à sa théorie du signe; b) le second, d’ordre gnoséologique, se définit par la critique du statut des propositions primitives et des axiomes logiques (la certitude et l’évidence de l’identité).

I. VEZEANU, The absurdity of identity, according to Wittgenstein, RThPh 2005/I, p. 19-34.
Ludwig Wittgenstein challenged the idea of identity for philosophical reasons. We show that these reasons are to be found on two different and complementary philosophical levels: a) the first is logical-semantic and corresponds to the time of the Tractatus, when he rejected identity in accordance with his theory of signs; b) the second is of gnoseological order and defined by the appreciation of the status of primitive propositions and logical axioms (the certainty and evidence of identity).

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RThPh 2005/I, p. 1-17.

Danièle MOYAL-SHARROCK
Quand les mots sont des actes : Les “énoncés spontanés” chez Wittgenstein et la dissolution du problème corps-esprit

Résumé
Selon Wittgenstein, nos énoncés spontanés ne sont pas des descriptions, mais des expressions qui ont plus d’affinité avec le comportement qu’avec le langage descriptif. Il s’agit donc d’une nouvelle espèce d’acte de langage (speech-act): plutôt que la consécration des mots en performatifs par convention, les énoncés spontanés sont des actes par leur spontanéité même. Le langage acquiert ainsi une nouvelle dimension: celle du réflexe. À l’encontre de Peter Hacker, je tente ici de montrer que cela rend poreuse la ligne de démarcation entre les catégories du langage et de l’action, et permet la dissolution du problème corps-esprit.

D. MOYAL-SHARROCK, Words as deeds: Wittgenstein’s ‘spontaneous’ utterances and the dissolution of the problem of the mind-body gap, RThPh 2005/I, p. 1-17.
According to Wittgenstein, our spontaneous utterances are not descriptions, but expressions more akin to behaviour than to language: a new sort of speech-act. Rather than conventional performatory words, spontaneous utterances are deeds through their very spontaneity. This gives language a new dimension of reflex, which, as I argue against Peter Hacker, makes the boundary porous between the categories of language and of action, thus dissolving the gap between mind and body.

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RThPh 2003/I, p. 13-33.

Raphaël CÉLIS
Enfance et compassion chez Nietzsche et Dostoïevski

Résumé
Dans l’œuvre de Dostoïevski, le paradigme de l’enfance est omniprésent et incarne la vertu christologique par excellence : la compassion rédemptrice. Chez Nietzsche, ce paradigme est tout aussi central, mais il acquiert une signification foncièrement équivoque, puisqu’il désigne tantôt l’attitude évangélique la plus authentique (le véritable enseignement de Jésus), tantôt son exact opposé : le courage cruel d’une volonté de puissance qui surmonte toute nostalgie de rédemption. Dans cet article, nous avons cherché à montrer que la symbolique de l’enfance permet de saisir de manière condensée les enjeux éthiques sur lesquels ces deux auteurs se rencontrent pour aussitôt s’éloigner radicalement l’un de l’autre.

R. Celis, Childhood and Compassion in Nietzsche and Dostoyevsky, RThPh 2003/I, p. 13-33.
In the works of Dostoyevsky, the omnipresent paradigm of childhood incarnates the perfect Christological virtue: redemptive compassion. In Nietzsche, this paradigm is just as central, but it acquires a fundamentally ambiguous meaning, because it sometimes designates the most authentic evangelistic attitude (the real teaching of Jesus) and other times its exact opposite: the cruel courage of a will for power which overcomes all nostalgia of redemption.

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RThPh 2002/I, p. 1-14.

Pierre JORAY
L’identité est-elle relative?
Remarques sur une illusion logique

Résumé
En logique formelle, on peut distinguer diverses interprétations des énoncés d’identité. Selon celle qui fut défendue par Frege et Russell, l’identité exprime une relation objectuelle au caractère unique et absolu. Face aux aménagements nécessités par une telle conception et afin d’en contourner les conséquences paradoxales, nous soutenons dans ces pages qu’il est préférable d’adopter en logique une interprétation multiple et relative faisant de l’identité une relation qui porte sur les signes.

P. JORAY, Is identity relative?.
Some remarks concerning a logical illusion, RThPh 2002/I, p. 1-14.
In formal logic, we can distinguish diverse interpretations of the terms for identity. According to the interpretation practised by Frege and Russell, identity expresses an objectual relation of a unique and absolute nature. Faced with the conversions that are needed to get around the paradoxes which result from such a conception, we defend here the preferability in logic of a multiple and relative interpretation making of identity a relation concerning signs.

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RThPh 2002/I, p. 29-47.

Peter GASSER
Lire Nietzsche

Résumé
De Platon à Kant, la philosophie ne pose guère la question de l’écriture, en laquelle elle voit généralement un simple moyen d’expression. L’œuvre de Nietzsche marque un tournant à cet égard : en proposant une réflexion à la fois philologique et philosophique sur «l’artisanat du style» (Roland Barthes), elle interroge tout particulièrement l’acte d’écrire en lui-même et, par suite, l’acte de lire. Une étude généalogique de quelques textes paradigmatiques concernant l’Éternel Retour peut contribuer à élucider les implications de l’écriture nietzschéenne qui transgresse une lisibilité et une compréhensibilité inconditionnelles.

P. GASSER, Reading Nietzsche, RThPh 2002/I, p. 29-47.
From Plato to Kant, philosophy hardly ever questions the subject of writing and sees it as a simple means of expression. The work of Nietzsche marks a turning point: by both a philological and philosophical consideration of the «art of style», it questions the act of writing itself, and then the act of reading. A genealogical study of certain paradigmatic texts concerning the Eternel Return might elucidate the implications of Nietzsche’s writing which transgresses unconditional readability and comprehensibility.

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RThPh 2001/II, p. 121-131.

Gerhard EBELING
Répondre de la foi dans la rencontre avec la pensée de M. Heidegger
Thèses concernant la relationentre philosophie et théologie

Résumé
Écrites en vue d’un dialogue avec Martin Heidegger, ces thèses de Gerhard Ebeling, traduites ici pour la première fois en français, formulent tout d’abord quelques perspectives générales de la relation entre philosophie et théologie. Dans un second temps, elles articulent un certain nombre de points sur lesquels la philosophie de Heidegger s’avère un partenaire de dialogue particulièrement stimulant pour la théologie.

Gerhard Ebeling, To answer for one’s faith in the encounter with M. Heidegger’s thought.

Theses concerning the relation between philosophy and theology, RThPh 2001/II, p. 121-131.
Written in preparation of a dialogue with M. Heidegger, these theses by Gerhard Ebeling are translated here in French for the first time. They initially state some general perspectives on the relation between philosophy and theology. They further show in several ways how Heidegger’s philosophy constitutes a particularly stimulating dialogue partner for theology.

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RThPh 2000/II, p. 131-147.

Adèle THORENS
L’écocentrisme à l’épreuve de la question anthropologique dans la philosophie de Hans Jonas

Résumé
Il s’agit dans cette étude de répondre à une critique adressée à Hans Jonas par plusieurs philosophes français. Ces derniers considèrent que sa vision «écocentriste» de la nature et de l’éthique remet en question les fondements de l’humanisme. Cette position est confrontée à la philosophie de l’auteur et tout particulièrement à ses conceptions de la vie, de la nature humaine et du choix moral. On constate ainsi que loin de s’opposer à la cause humaniste, Hans Jonas s’y inscrit plutôt de manière originale par le biais de ses réponses à la question anthropologique et aux défis éthiques issus de la crise environ-nementale.

Adèle Thorens, Ecocentrism and the test of anthropology in the philosophy of Hans Jonas, RThPh 2000/II, p. 131-147.
The aim of this paper is to answer to a critique that has been raised against Hans Jonas by several French philosophers. The critique is that his “ecocentrist” view of nature and of ethics threatens the foundations of humanism. It is confronted here with Jonas’s philosophical work, and more particularly with his claims about life, human nature and moral choice. The result is that far from opposing the humanist cause, Hans Jonas makes an original contribution to it, through his anthropological views and his answer to the ethical challenges of the environmental crisis.

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RThPh 2001/II, p. 115-120.

Myriam TÉTAZ-GRAMEGNA
Correspondance Frank Martin – J.-Claude Piguet (1965-1974)

Résumé
Le travail de création de Frank Martin (1890-1974) et la quête d’un langage philosophique procédant du discours musical chez J.-Claude Piguet (1924-2000) traversent cet échange de lettres entre compositeur et philosophe, sur fond du débat qui agitait le monde musical dans la 2ème moitié du XXe siècle, considéré ici comme la crise du langage musical. Piguet focalise l’appréhension de l’art sur la question du sublime alors que Martin, par son insistance sur la sensibilité, semble plus attentif au problème du beau. L’un et l’autre s’accordent sur la prééminence de l’éthique sur l’esthétique.

M. Tétaz-Gramegna, The Correspondance between Frank Martin and J.-Claude Piguet (1965-1974), RThPh 2001/II, p. 115-120.
Frank Martin’s (1890-1974) creative work and J.-Claude Piguet’s quest for a philosophical language able to deal with music both emerge in this exchange of letters between composer and philosopher. The common background is constituted by the debate within the musical world in the second half of the XXth century, a time of crisis for the musical language. Piguet focusses his perception of the musical art on the question of the sublime, while F. Martin, insisting on the claims of sensibility, favors the dimension of the beautiful. Both share the idea of the preeminence of the ethical over the esthetical.

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RThPh 2001/I, p. 35-56.

Étude critique

Bernard REYMOND
Théologie et sciences de la religion : Émergence et actualité d’un problème

Résumé
La parution quasi simultanée de deux ouvrages portant sur les relations entre théologie et sciences des religions est l’occasion de les confronter l’un à l’autre, de jeter sur eux un coup d’œil critique et d’en reprendre la problématique. Celui de Michel Despland porte sur l’émergence des sciences de la religion, en France, sous la Monarchie de Juillet ; celui de Pierre Gisel sur la théologie face aux sciences religieuses, mais dans la situation universitaire actuelle. Chacun des deux livres est l’objet d’une présentation et d’une critique. Celui de Pierre Gisel donne lieu de surcroît à un débat tournant autour de ses options fort proches, à plusieurs égards, de celles d’Alfred Loisy.

B. Reymond, Theology and religious science : the emergence and topicality of a problem, RThPh 2001/I, p. 35-56.
The almost simultaneous publishing of two books on the relation between Theology and Religious Science presents the occasion to confront them both and to take again a critical look at the problem. Michel Despland’s book focuses on the emergence of the science of religion in France under the July Monarchy; Pierre Gisel’s, on theology faced with the science of religion, but in the present universal situation. Pierre Gisel’s book also gives rise to a debate concerning his options which are, in many respects, close to those of Alfred Loisy.

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RThPh 2001/I, p. 19-34.

Norbert CAMPAGNA
Humanisme juridique et loi naturelle

Résumé
Selon Blandine Kriegel, l’humanisme juridique ne peut pas être pensé sans référence à la loi naturelle qui oblige les hommes indépendamment de tout consentement volontaire. Kriegel affirme, en outre, qu’une telle obligation naturelle ne présuppose pas un cadre de pensée religieux. Dans notre contribution, nous nous proposons d’abord de montrer que les philosophes auxquels Kriegel se réfère pour étayer ses affirmations pensaient la loi naturelle en présupposant un arrière-fond théologique. Nous voudrions ensuite montrer que l’humanisme que Kriegel prétend défendre en s’appuyant sur ces philosophes cache en vérité un anti-humanisme. Il s’agira finalement de faire voir qu’un humanisme juridique peut être pensé indépendamment de la référence à une loi naturelle.

N. Campagna, Juridical humanism and natural law, RThPh 2001/I, p. 19-34.
According to Blandine Kriegel, juridical humanism cannot be conceived of without reference to a natural law, which compels humankind independently of any voluntary consent. Kriegel also states that such a natural obligation does not presuppose a religious framework. My contribution is to show, first of all, that the philosophers Kriegel uses to support his argument saw natural law against a theological background. Next, I would like to show that the humanism, which Kriegel claims he defends, supported by these philosophers, conceals in fact an anti-humanism. Finally, it must be seen that juridical humanism can be thought of independently of natural law.

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RThPh 2001/I, p. 1-17.

Nicolas ZUFFEREY
Idées sceptiques en Chine ancienne

Résumé
Même s’il n’y a pas eu d’école sceptique en Chine ancienne, un certain nombre de penseurs émirent en matière de connaissance des réserves que l’on peut rapprocher de l’une ou l’autre des différentes formes de scepticisme occidental. Si la critique radicale du taoïste Zhuangzi apparaît comme exceptionnelle, plusieurs penseurs confucianistes et légistes (Xunzi, Han Fei, Wang Chong) affirmèrent clairement que la connaissance ne peut pas et ne doit pas s’exercer au-delà de certaines limites, et critiquèrent la conception dominante selon laquelle le monde se dévoile intégralement à la perspicacité du sage ou du devin.

N. Zufferey, Scepticism in Ancient China, RThPh 2001/I, p. 1-17.
Even if there was no school of Scepticism in Ancient China, certain thinkers did express reserves about the possibility of knowledge, which can be likened to one or another of the various forms of Western Scepticism. The radical criticism of the Taoist Zhuangzi seems to be exceptional, but several Confucian philosophers and legalists (Xunzi, Han Fei, Wang Chong) clearly affirmed that knowledge cannot and should not be exercised beyond certain limits, and criticized the dominant view that reality, conceived of as a system of signs or portents, fully reveals itself to the perspicacious sage or clairvoyant.

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RThPh 2001/IV, p. 475-485.
Thierry LAUS
La fin du Christianisme
Désenchantement, déconstruction et démocratie

Résumé
Une interrogation «déconstructive», inspirée ici par Jean-Luc Nancy, vient interroger le travail de Marcel Gauchet sur le devenir de la religion en Occident. Loin d’être seulement négative ou critique, la «déconstruction» se comprend ici comme le geste interminable d’une généalogie de l’Occident et comme une interrogation théologique sur ce que deviennent, pour nous, la croyance religieuse et son rôle social. L’auteur espère esquisser ainsi une fécondation réciproque entre désenchantement du monde et déconstruction du christianisme, et ouvrir des perspectives pour comprendre, tout particulièrement ici, notre situation politique, autour de la question que nous sommes désormais pour nous-mêmes : d’une démocratie encore à venir.

T. Laus, The End of Christianity. Disenchantment, deconstruction and democracy, RThPh 2001/IV, p. 475-485.
A «deconstructive» examination, inspired by Jean-Luc Nancy, is made of the work of Marcel Gauchet concerning the future of religion in the West. Far from being only negative, or critical, «deconstruction» is understood here as the never-ending genealogy of the West and as a theological question of what is to become, for us, religious belief and its role in society. The author hopes thus to describe a fruitful union between disenchantment with the world and the deconstruction of Christianity, and to open perspectives for understanding our own political situation, the question of each man for himself: a democracy still in the making.

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RThPh 2001, IV, p. 465-474.

Individualisme, modèles d’identification religieuse et démocratie
Olivier Tschannen

Résumé

Dans le prolongement des interrogations soulevées par l’œuvre de Marcel Gauchet, cet article aborde la question des conditions de possibilité d’une traduction de la religiosité privée (seule forme de religion à subister après la «sortie de la religion») dans le langage et la pratique politiques. Cette question se pose en particulier pour toutes les formes de religiosité qui considèrent la politique comme l’hyperbole des vices du monde moderne et ne veulent concevoir les changements structurels que comme la somme des changements individuels, niant par là même ce qui fait la spécificité de la fonction politique.

O. Tschannen, Individualism, Models of religious identification and Democracy, RThPh 2001, IV, p. 465-474.
Continuing the questions brought up by Marcel Gauchet, this article asks what are the conditions for the expression of private religion (the only form to subsist after the «exit of religion») in the language and practice of politics. This question is particularly pertinent for all forms of religiosity which consider politics as the hyperbole of evil in the modern world and do not want to see structural changes as the sum of changes in the individual, denying thus the factors that make political function specific.

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RThPh 2001, IV, p. 455-464.

Religion, éthique et démocratie
Marcel Gauchet

Résumé

L’auteur examine successivement les notions de religion, d’éthique et de démocratie, en s’appuyant sur les transformations profondes intervenues en modernité. La religion, traditionnellement comprise comme l’organisation de l’hétéronomie, a subi les effets de la transition moderne, orientée vers l’autonomie. Or nous sommes à la fin de cette transition moderne, ce qui a pour conséquence de changer radicalement le statut et le sens de la religion, comprise de plus en plus comme une expérience privée, n’ayant pas de prise sur le politique. La religion en retrouve néanmoins une nouvelle portée culturelle dans l’espace public. L’éthique participe d’une même transformation, devant jouer sur deux registres, celui de la morale d’une part, de l’assignation individuelle croissante des questions existentielles d’autre part.

M. Gauchet, Religion, Ethics and Democracy, RThPh 2001, IV, p. 455-464.
Looking successively at the notions of religion, ethics and democracy, the author pays particular attention to profound transformations in modern times. Religion, traditionally understood as the organisation of heteronomy, has suffered the effects of the modern transition toward autonomy. At the end of this transition, we see a radical change of the status and meaning of religion, now understood more and more as a private experience with no hold on politics, yet gaining, nevertheless, new cultural influence in the public realm. Ethics, in similar transition, plays a role on two levels: in morality and in the growing affectation of existential questions to the individual.

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RThPh 2001/II, p. 149-165.

Markus HALLER
Rationalité sans moralité

Résumé

Selon David Hume, la raison ne peut pas nous indiquer les fins que nous devrions poursuivre. Les philosophes «anti-humiens» cherchent à réfuter l’argu-ment de Hume et à proposer une conception de la rationalité qui soit basée sur des valeurs pratiques que l’on ne peut pas violer sans contradiction. Les philosophes «néo-humiens» cherchent à compléter la conception de la rationalité de Hume pour qu’elle soit compatible avec nos intuitions. Je défendrai la position néo-humienne en montrant, d’abord, que les deux conceptions anti-humiennes les plus importantes ne nous permettent pas de distinguer les standards de la rationalité de ceux de la moralité. Ensuite, j’expliquerai pourquoi et comment le critère de la consistance des préférences complète la conception de Hume dans la direction voulue et permet le développement d’une conception de la rationalité sans moralité.

Markus Haller, Rationality without morality, RThPh 2001/II, p. 149-165.
According to David Hume, our reason cannot indicate us the ends that we are to pursue. The “Anti-Humeans” among philosophers try to refute him and to propose a conception of rationality based on practical values one could not fail to take account of without contradiction. The “Neo-Humeans” try instead to supplement his conception of rationality in order for it to be compatible with our commmon intuitions. The present paper is written in defence of the “Neo-Humean” position. In a first step, it shows that on the two most significant “Anti-Humean” positions, standards of rationality and standards of morality cannot be distinguished. In a second step, it explains why and how the criterion of the consistency of preferences supplements the Humean position in the appropriate way and allows the proper development of a conception of rationality without morality.

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Sélection des articles

La procédure de sélection des articles et des études critiques est la suivante:
Avant la séance du comité de rédaction, les textes circulent parmi tous les membres du comité (au nombre de sept). Deux membres (un ou une philosophe; une théologienne ou un théologien) ont le mandat de faire un bref rapport avec résumé. Si l’article est très spécialisé, dans un domaine qu’aucun des membres du comité ne maîtrise bien, une expertise est demandée à l’un des embres de notre cercle de collaborateurs. Dans la séance du comité, les deux rapporteurs interviennent en premier; les autres membres complètent l’évaluation du texte par leurs propres remarques. Les décisions peuvent être de trois types:
- l’article est refusé (parce qu’il n’est pas de qualité suffisante; parce qu’il ne correspond pas au profil de la Revue; parce qu’il concerne un domaine où la Revue vient de publier une étude similaire; etc.); si le sujet intéresse la Revue, l’auteur pourra être invité à présenter un autre texte, entièrement refait;
- l’article est accepté moyennant une mise au point minimale (sur des détails, sur des questions formelles ou stylistiques, etc.);
- l’article est accepté moyennant une révision importante sur des questions de fond (problèmes de contenu; ajout d’une introduction ou d’une conclusion; réduction de passages trop longs; etc.); dans ce cas, un membre du comité est désigné comme répondant; il est chargé de prendre contact avec l’auteur et d’accompagner la révision.

De manière approximative, on peut dire qu’au fil des ans:
- 35% des articles sont refusés;
- 15% des articles sont acceptés moyennant une mise au point minimale;
- 50% des articles sont acceptés moyennant une révision importante.

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Instructions aux recenseurs

À toutes les personnes
qui collaborent à la section BIBLIOGRAPHIE
de la Revue ou qui sont susceptibles de s’y intéresser

Concerne: Section BIBLIOGRAPHIE de la Revue de théologie et de philosophie

Mesdames, Messieurs,
Comme vous le savez sans doute, notre Revue dispose d’une section BIBLIOGRAPHIE, dont le but est d’informer les lecteurs de manière concise et rapide sur les publications récentes importantes dans les disciplines théologiques et philosophiques. Pour effectuer ce travail, nous avons besoin de collaboratrices et de collaborateurs qui s’engagent à recenser occasionnellement ou régulièrement des ouvrages de théologie ou de philosophie pour la Revue.
Actuellement, nous avons quelque peine à obtenir les recensions dont nous aurions besoin pour fournir régulièrement la section bibliographique de nos numéros, alors même que nous avons une grande liste de recenseurs et que nous avons distribué un grand nombre d’ouvrages à recenser. C’est pourquoi nous aimerions, par la présente, vérifier l’engagement potentiel de nos anciens recenseurs et tenter en même temps d’en trouver de nouveaux. Nous vous de-mandons donc : une collaboration à notre section BIBLIOGRAPHIE continue-t-elle de vous intéresser ? Ou si vous êtes nouveaux : souhaitez-vous vous engager dans une telle activité?
Si c’est le cas, nous vous prions de nous retourner le talon ci-joint, afin que nous puissions pleinement profiter de vos intérêts, de vos capacités linguistiques et de vos disponibilités.
Nous devons vous signaler que le travail de recension n’est pas rémunéré, mais que l’ouvrage dont vous assumez la recension reste en votre possession.
L’art de la recension est un art relativement difficile. Il ne s’agit pas de faire une étude fouil-lée qui exigerait de lire le livre d’un bout à l’autre et de le présenter dans tous les détails. A l’autre extrême, il ne suffit pas de jeter un coup d’œil rapide à la table des matières et de faire un résumé succinct. Le juste milieu d’une recension consiste à saisir en un temps relativement court les enjeux fondamentaux d’un livre, ses thèses principales et ses éventuelles difficultés et de les présenter de manière succincte à un lecteur potentiel, pour l’aider à découvrir ce livre de manière informée. L’effort est très formateur, et c’est pourquoi nous nous adressons – en priorité, mais pas exclusivement bien sûr ! – à de jeunes auteurs, étudiants avancés, assistants, doctorants, etc.

Voici encore quelques détails pratiques qui peuvent vous être utiles:

a) Nous souhaitons recevoir des recensions concises (c’est-à-dire qui ne dépassent pas, sauf cas exceptionnel, une cinquantaine de lignes à 60 signes, donc environ 3000 signes au maximum);

b) Pour que notre section bibliographique garde un lien avec l’actualité intellectuelle, nous souhaitons recevoir votre recension au plus tard six mois après la réception du livre.

c) Vous pouvez grandement faciliter notre travail en adoptant dans vos manuscrits l’ordre suivant dans la désignation des ouvrages : prénom et nom de l’auteur ou des auteurs (si possible, petites capitales), titre (italique), éventuelles autres indications : traducteur, pré-face, collection ou série (entre parenthèses), lieu d’édition, éditeur, date, nombre de pages.
Exemple: CLAUDE GEFFRÉ, Le christianisme au risque de l’interprétation (Cogitatio fi-dei, 120), Paris, Cerf, 1983, 361 p.

d) A côté d’une version imprimée envoyée à l’adresse ci-dessus, nous souhaitons recevoir une version informatisée, sur disquette ou directement par courrier informatique, à l’adresse du secrétariat de rédaction: redaction(at)rthph.ch

e) Nous vous rappelons que si vous apprenez la parution d’un ouvrage important dans votre domaine particulier, vous pouvez en commander un exemplaire auprès de notre secré-taire de rédaction, Mr. Frédéric Wieder. Celui-ci fera suivre la commande chez l’éditeur et vous fera parvenir l’ouvrage, s’il l’obtient de la maison d’édition.

Nous vous remercions vivement de votre concours et de votre obligeance, et nous espérons beaucoup pouvoir vous compter parmi nos collaboratrices et collaborateurs.

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de nos salutations cordiales.

Pour le comité de rédaction de la Revue:

Pierre Bühler

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TABLES ANNUELLES (Vol. 132 – 2000)

Ouvrages recensés

Olivier ABEL, L’éthique interrogative. Herméneutique et problématologie de notre condition langagière (F. Bille) 284
Eric ALLIEZ, Les temps capitaux, t. 2/1 : L’État des choses (C. König-Pralong) 383
Urs ALTERMATT, Katholizismus und Antisemitismus. Mentalitäten, Kontinuitäten, Ambivalenzen.
Zur Kulturgeschichte der Schweiz 1918-1945 (R. Châtelain) 405
Karl Otto APEL, Expliquer – comprendre (J. Schouwey) 390
Jacques ARNOULD, Dieu, le singe et le Big Bang (C. Karakash) 296
AVERROÈS, Commentaire moyen sur le De interpretatione, éd. A. Benmakhlouf et S. Diebler (C. Erismann) 382
Charles BALADIER, Erôs au Moyen Âge. Amour, désir et délectation morose (M. Grandjean) 289
Marie BALMARY, Abel ou la traversée de l’Éden (E. Schwab) 102
Oswald BAYER, Gott als Autor. Zu einer poietologischen Theologie (J.-M. Freudiger) 294
Jocelyn BENOIST, L’a priori conceptuel (A. von Duhn) 278
Peter L. BERGER, Erlösendes Lachen. Das Komische in der menschlichen Erfahrung (P. Bühler) 298
Joëlle BERTRAND, Nouvelle grammaire grecque (J. Borel) 196
Joël BIARD (éd.), Langage, sciences, philosophie au XIIe siècle (C. Erismann) 70
Jean-Godefroy BIDIMA, La philosophie négro-africaine (P. Chanson) 286
BOÈCE, Traités théologiques, éd. A. Tisserand (C. Erismann) 380
Jean-Georges BOEGLIN, La question de la Tradition dans la théologie catholique contemporaine (N. Charrière) 404
Jean BORELLA, Penser l’analogie (S. Vianu) 275
Rahal BOUBRIK, Saints et société en Islam. La confrérie ouest-saharienne Fâdiliyya (J. Borel) 300
Olivier BOULNOIS, Être et représentation. Une généalogie de la métaphysique moderne à l’époque de Duns Scot (XIIIe-XIVe siècle) (C. Pralong) 72
Renée BOUVERESSE, L’expérience esthétique (L. Schneiter) 287
Pierre BÜHLER, Le protestantisme contre les indulgences. Pour un Jubilé de la justification par la foi en l’an 2000 (N. Charrière) 404
Rachida CHICH, Le soufisme au quotidien. Confréries d’Égypte au XXe siècle (J. Borel) 300
Clément D’ALEXANDRIE, Les Stromates. Stromate VI, éd. P. Descourtieux (J. Borel) 91
John B. COBB JR., CLARK H. PINNOCK (éd.), Searching for an Adequate God. A Dialogue between Process and Free Will Theists (B. Reymond) 292
Danielle COHEN-LEVINAS , SHMUEL TRIGANO (éds), Emmanuel Levinas , Philosophie et Judaïsme (J. Borel) 86
COLLECTIF, Merleau-Ponty. L’héritage contemporain (F. Moinat et F. Gregorio) 280
CONNAISSANCE DES RELIGIONS (Revue trimestrielle, n° 57-58-59), Lumières sur la Voie du Cœur (C.-A. Keller) 103
CONNAISSANCE DES RELIGIONS (numéro hors série), Frithjof Schuon, 1907-1998, Connaissance et Voie d’Intériorité, Biographie,études et témoignages (F. Frigerio) 104
John COTTINGHAM, Descartes (S. Imhoof) 387
Gilbert DAHAN, L’exégèse chrétienne de la Bible en Occident médiéval, XIIe-XIVe siècle (M. Leiner) 92
Catherine DARBO-PESCHANSKI (éd.), Constructions du temps dans le monde grec ancien (J. Borel) 377
Alain DE LIBERA, L’art des généralités. Théories de l’abstraction (C. Pralong) 69
Roberta DE MONTICELLI, L’avenir de la phénoménologie. Méditations sur la connaissance personnelle (D. Müller) 281
Marcel DESCHOUX, Visages de Platon (D. Solcan) 271
Louis DESROUSSEAUX, JACQUES VERMEYLEN (éds), Figures de David à travers la Bible. XVIIe congrès de l’ACFEB (Lille, 1997) (M. Rose) 101
Wilhelm DILTHEY, Conception du monde et analyse de l’homme depuis la Renaissance et la Réforme, Œuvres, t. IV (C. Droz) 80
Diogène LAËRCE, Vies et doctrines des philosophes illustres, éd. M. Goulet-Cazé (S. Imhoof) 379
Jean-Joël DUHOT, Socrate ou l’éveil de la conscience (D. Solcan) 270
Terry EAGLETON, Marx (S. Imhoof) 387
Pascal ENGEL, La Dispute. Une introduction à la philosophie analytique (B. Baertschi) 285
Pascal ENGEL (éd.), Précis de philosophie analytique (T. Proellochs) 396
Michel FATTAL, Études sur Plotin (Y. Bubloz) 194
Allan D. FITZGERALD (éd.), Augustine through the Ages. An Encyclopedia (J. Borel) 196
Judith FRISHMAN, Lucas VAN ROMPAY (éds), The Book of Genesis in Jewish and Oriental Christian Interpretation. A Collection of Essays (R. Gounelle) 201
Daniel GARBER, La physique métaphysique de Descartes (C. Degrange) 73
Gian Carlo GARFAGNINI (éd.), Giovanni Pico della Mirandola, Convegno internazionale distudi nel cinquecentesimo anniversario della morte (1494-1994), Mirandola, 4-8 octobre 1994 (J. Borel) 197
Giovanni PAOLO II, Fides et ratio : Lettera enciclica circa i rapporti tra fede e ragione (J. Hess) 100
Pierre GISEL, Patrick EVRARD (éd.), La théologie en post-modernité (P.-Y. Ruff) 292
Pierre GISEL, Lucie KAENNEL, La création du monde. Discours religieux, discours scientifiques, discours de foi (Y. Klopfenstein) 293
Stephen Jay GOULD, Et Dieu dit “Que Darwin soit!” Science et religion, enfin la paix? (C. Karakash) 297
—, Les quatre antilopes de l’Apocalypse. Réflexions sur l’histoire naturelle (C. Karakash) 297
Anthony GOTTLIEB, Socrate (S. Imhoof) 387
Rémy GOUNELLE, ZBIGNIEW IZYDORCZYK (éds), L’Évangile de Nicodème ou Les Actes faits sous Ponce Pilate (recension latine A), suivi de La lettre de Pilate à l’empereur Claude (R. Beyers) 408
Simone GOYARD-FABRE, JEAN FERRARI (éds), L’année 1797. Kant. La Métaphysique des mœurs (C. Erismann) 386
Robert GRIMM, Luther et l’expérience sexuelle. Sexe, célibat, mariage chez le Réformateur (É. Fuchs) 94
Jean GRONDIN, Introduction à Hans-Georg Gadamer (J. Schouwey) 82
Frédéric GUGELOT, La conversion des intellectuels au catholicisme en France, 1885-1935 (G. Bedouelle) 402
Rupert GUTH, Der Ausdruck von Wahrheit und Freiheit (D. Müller) 298
HADEWIJCH D’ANVERS, Les Visions, éd. G. Épiney-Burgard (C. Müller) 291
Alexandre Y. HARAN, Le Lys et le Globe. Messianisme dynastique et rêve impérial en France à l’aube des temps modernes (L. Petris) 202
Ronald HAYMAN, Nietzsche (S. Imhoof) 387
Thomas HOBBES, Les questions concernant la liberté, la nécessité et le hasard (Controverse avec Bramhall, II) (F. Cheneval) 200
Axel HONNETH, La lutte pour la reconnaissance (D. Müller) 281
Claude HOPIL, Méditations sur le Cantique des cantiques et Les Douces Extases de l’âme spirituelle (L. Petris) 203
Emmanuel HOUSSET, Husserl et l’énigme du monde (J. Schouwey) 279
Daniele IANCU, Être juif en Provence au temps du roi René (E. Starobinski-Safran) 94
Moshe IDEL, Victor MALKA, Les chemins de la Kabbale (J. Borel) 299
JEAN PIC DE LA MIRANDOLE, 900 Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques (J. Borel) 197
Hans JONAS, Une éthique pour la nature (A. Thorens) 394
Bernard KAEMPF (éd.), Rites et Ritualités. Actes du congrès de théologie pratique de Strasbourg (D. Halter) 402
George B. KERFERD, Le mouvement sophistique (J. Barnes) 193
Bernard LAMY, La rhétorique ou l’art de parler (N. Janz) 75
Louis LANEAU, Rencontre avec un sage bouddhiste (F. Frigerio) 105
Jacques LÉGERET, L’énigme amish : vivre au XXIe siècle comme au XVIIe (M. Ummel) 407
Emmanuel LEVINAS , Positivité et transcendance, suivi de Levinas et la phénoménologie (J. Borel) 84
Margaret LLASERA, Représentations scientifiques et images poétiques en Angle terre au XVIIe siècle. À la recherche de l’invisible (N. Janz) 75
Patricia LOMBARDO, KEVIN MULLIGAN (éds), Penser les émotions (S. Imhoof) 88
Pierre LORY ET AL., Henri Corbin et le comparatisme spirituel (J. Borel) 302
Serge MARGEL, Le concept de temps. Étude sur la détermination temporelle de l’être chez Aristote (J.-F. Ænishanslin) 193
John MCINTYRE, The Shape of Pneumatology. Studies in the Doctrine of the Holy Spirit (J.-D. Kraege) 400
Maurice MERLEAU-PONTY, La nature, suivi de Résumés de cours correspondantsde Maurice Merleau-Ponty. Notes. Cours du Collège de France
(A. Thorens) 81
Alain MILON, L’Art de la conversation (C. Droz) 89
Claudio MORESCHINI, ENRICO NORELLI, Histoire de la littérature chrétienne ancienne grecque et latine, t. I : De Paul à l’ère de Constantin (É. Junod) 289
Félix MOSER, Les croyants non pratiquants (E. McNeely) 99
Denis MÜLLER, L’éthique protestante dans la crise de la modernité. Généalogie, critique, reconstruction (S. Fattebert) 400
Pierre NICOLE, Essais de morale, éd. L. Thirouin (A. Gendre) 276
Philippe NOUZILLE, Expérience de Dieu et théologie monastique au XIIe siècle.
Étude sur les sermons d’Aelred de Rievaulx (M. Grandjean) 290
Michel ONFRAY, Théorie du corps amoureux. Pour une érotique solaire (M. Rousset) 269
Eckart OTTO, Das Deuteronomium. Politische Theologie und Rechtsformen in Juda und Assyrien (T. Römer) 205
Marc-Alain OUAKNIN, Mystères de la Kabbale (J. Borel) 299
Claude PANACCIO, Le discours intérieur. De Platon à Guillaume d’Ockham (C. König-Pralong) 274
Wolfhart PANNENBERG, Philosophie, Religion, Offenbarung. Beiträge zur Systematischen Theologie, t. I (K. Blaser) 97
PÉTRARQUE, Mon ignorance et celle de tant d’autres (C. Erismann) 383
David PICHÉ (éd.), CLAUDE LAFLEUR (coll.), La condamnation parisienne de 1277 (C. Erismann) 71
PLOTIN, Ce qui se pense soi-même doit-il être différencié? Traité 49 (V,3), éd. B. Ham (Y. Bubloz) 272
Laurence RENAULT, Descartes ou la félicité volontaire. L’idéal aristotélicien de la sagesse et la réforme de l’admiration (C. Erismann) 384
Alain RENAUT, Kant aujourd’hui (L. Freuler) 76
Paul RICŒUR, L’unique et le singulier. L’intégralité des entretiens “Noms de Dieu” d’Edmond Blattchen (J. Schouwey) 83
André ROBINET, Descartes. La lumière naturelle : intuition, disposition, complexion (C. Erismann) 199
Claude ROMANO, L’événement et le temps (G. Hess) 392
Jacques ROSSEL, Aux racines de l’Europe occidentale. Essai sur l’interpénétra tion des cultures (A. Miaz) 79
Bernard ROUSSET, Geulincx, entre Descartes et Spinoza (A. Lombard) 76
Yvan SALZMANN, Sartre et l’authenticité (C. Droz) 391
Louis SCHNEITER, Maux et mots de l’art (S. Imhoof) 398
A. P. SEGONDS, C. STEEL (éds), Proclus et la Théologie Platonicienne, Actes du Colloque International de Louvain (1998) (J. Borel) 379
SHEPHERD OF HERMAS, A Commentary by Carolyn Osiek, ed. H. Koester (J. Borel) 90
Barbara SKARGA, Les limites de l’historicité. Continuité et transformation de la pensée (M. Fattal) 397
Philippe SOUAL, Miklos VETÖ (éds), Chemins de Descartes (J.-D. Ponci) 74
Anne STAQUET, La morale et ses fables. De l’éthique narrative à l’éthique de la souveraineté (D. Müller) 283
Peter STEPHENS, Zwingli le théologien (P. Opitz) 96
Annick STEVENS, L’ontologie d’Aristote. Au carrefour du logique et du réel (F. Gregorio) 378
Christine TAPPOLET, Émotions et valeurs (B. Baertschi) 396
THOMAS D’AQUIN, Commentaire du traité de l’âme d’Aristote, éd. J.-M. Vernier (C. Erismann) 273
Jean-Luc THAYSE, Eros et fécondité chez le jeune Levinas (J. Borel) 87
Xavier TILLIETTE, Schelling. Biographie (G. Dufour-Kowalska) 78
David TRACY, Pluralité et ambiguïté. Herméneutique, religion, espérance (C. Karakash) 294
Shmuel TRIGANO (éd.), Psychanalyse et judaïsme (J. Borel) 97
Christian TROTTMANN, Théologie et noétique au XIIIe siècle. À la recherche d’un statut (C. Erismann) 273
Carine VAN LIEFFERINGE, La Théurgie. Des Oracles Chaldaïques à Proclus (J. Borel) 195
Florence VATAN, Robert Musil et la question anthropologique (S. Imhoof) 388
Jean-Marie VAYSSE, L’inconscient des modernes. Essai sur l’origine métaphysique de la psychanalyse (G. Hess) 393
Jean VERNETTE, L’athéisme (C. Droz) 87
Ralph WALKER, Kant (S. Imhoof) 387
Michael WALZER, Traité sur la tolérance (H. Poltier) 283
Valentin WEIGEL, Gebetbuch (Büchlein vom Gebet), Vom Gebet, Vom Beten und Nicht beten, éd. H. Pfefferl (J. Borel) 385
Abraham WEINGORT, Responsabilité et sanction en droit talmudique comparé (J. Borel) 98
J. WENTZEL VAN HUYSSTEEN, The Shaping of Rationality. Toward Interdisciplinary in Theology and Science (C. Karakash) 204
Bernard WILLIAMS, Platon (S. Imhoof) 387
Elliot R. WOLFSON, Abraham Aboulafia, Cabaliste et Prophète. Herméneutique, théosophie et théurgie (J. Borel) 205

TABLES ANNUELLES (Vol. 133 – 2001)

Ouvrages recensés

Robert MARTIN-ACHARD, Le temps de la mémoire (P. Guillaume) 103
Monique AEBISCHER-CRETTOL, Vers un œcuménisme interreligieux. Jalons pour une théologie du pluralisme religieux (C.-A. Keller) 193
Khaled ANATOLIOS, Athanasius : The Coherence of His Thought (É. Junod) 190
Agnès ANTOINE, Maine de Biran. Sujet et politique (B. Baertschi) 69
Christian ARNSPERGER, Philippe VAN PARIJS, Éthique économique et sociale (A. Thorens) 526
Aristide QUINTILIEN, La musique, éd. F. Duysinx (J. Borel) 171
Jacques ARNOULD, L’Église et l’histoire de la nature (C. Karakash) 98
Jean-Christophe ATTIAS, Pierre GISEL,, Lucie KAENNEL (éds), Messianismes.Variations sur une figure juive (C.-A. Keller) 103
Paul AUDI, Supériorité de l’éthique. De Schopenhauer à Wittgenstein (C. Droz) 185
Hubert AUQUE, Je parle, un autre m’écoute : l’entretien pastoral (É. McNeely) 99
Catherine BARRY, Wolf-Peter FUNK, Paul-Hubert POIRIER,, John D. TURNER (éds),Zostrien (NH, VIII,1) (J. Borel) 202
Olivier BAUER, Le protestantisme à table. Les plaisirs de la foi (A. Lotz) 197
Paul BEAUCHAMP, Cinquante portraits bibliques (T. Römer) 100
Gerald BECHTLE, Dominic O’MEARA (éds), La Philosophie des mathématiques de l’Antiquité tardive (Actes du Colloque international de Fribourg 24-26 septembre 1998) (A. Delessert) 59
Werner BEIERWALTES, Platonisme et Idéalisme (J. Borel) 61
Jean-Luc BLAQUART, Dieu bouleversé (F. Dubois) 92
Reinhard BODENMANN, Wolfgang Musculus (1497-1963). Destin d’un autodidacte lorrain au siècle des Réformes, Étude basée sur la biographie établie par son fils, la correspondance personnelle et de nombreux autres documents d’époque (F. Frigerio) 85
Dietrich BONHOEFFER, Oekumene, Universität, Pfarramt, 1931-1932 (H. Mottu) 530
—, Berlin 1932-1933 (H. Mottu) 531
—, Illegale Theologenausbildung : Sammelvikariate 1937-1940 (H. Mottu) 532
—, Éthique (M. Leiner) 533
Gabriel BOULADE, Janine KOHLER, Violaine MONSARRAT, Lucette PETER,, Violaine WEBEN, Pour lire les textes bibliques – collège et lycée (P. et T. Guillaume) 197
Jacques BOUVERESSE, Essais, t. I : Wittgenstein, la modernité & le déclin (C. Droz) 70
—, Essais, t. II : L’époque, la mode, la morale, la satire (C. Droz) 527
François BOVON, Ann GRAHAM BROCK, Christopher R. MATTHEWS (éds), The Apocryphal Acts of the Apostles (R. Gounelle) 198
Philippe CAPPELLE (éd.), Subjectivité et transcendance. Hommage à Pierre Rolin (J.-F. Aenishanslin) 71
Emmanuel CATTIN, Laurent JAFFRO, Alain PETIT (éds), Figures du théologico-politique (A. Bertens) 175
CENTRE D’ANALYSE ET DE DOCUMENTATION PATRISTIQUES, Biblia Patristica. Index des citations et allusions bibliques dans la littérature patristique, t. VII : Didyme d’Alexandrie (R. Gounelle) 84
Centre d’Analyse et de Documentation Patristiques, Rois et reines de la Bible au miroir des Pères (R. Gounelle) 188
Robert CHENAVIER, Découvrir Simone Weil (C. Droz) 72
—, Simone Weil. Une philosophie du travail (C. Droz) 521
Hermann COHEN, Commentaire de la «Critique de la raison pure» de Kant,(F. Chenaval) 517
Jean-Pierre COMETTI, Philosopher avec Wittgenstein (M. Negro) 519
Jean-Michel COUNET, Mathématiques et dialectique chez Nicolas de Cuse (Tiziana Suarez-Nani) 64
CYPRIEN, AUGUSTIN, Partage avec le pauvre, éd. A.-G. Hammann (R. Gounelle) 83
Claude DEBRU, Philosophie de l’inconnu : le vivant et la recherche (J.-D. Ponci) 524
Georges DECLERCQ, Anno Domini. Les origines de l’ère chrétienne (C. Zamagni) 187
Alexandre DE HUMBOLDT, Cosmos. Essai d’une description physique du monde (J. Borel) 69
Isabelle DE MONTMOLLIN, La philosophie de Vladimir Jankélévitch. Sources,sens, enjeux (M. Cornu) 521
Nathalie PRAZ, Jean-François MARQUET (éds), La gnose, une question philosophique, pour une phénoménologie de l’invisible (J. Borel) 523
Monique DIXSAUT, Platon et la question de la pensée. Études platoniciennes
(F. Gregorio) 168
ÉGLISE RÉFORMÉE DE FRANCE, La tentation de l’extrême droite (D. Müller) 94
François EUVÉ, Penser la création comme jeu (C. Karakash) 87
Marie-Louise FABRE, Suzanne ou les avatars d’un motif biblique. Avec soixante dessins de Jean Fabre (T. Römer) 102
Emmanuel FALQUE, Saint Bonaventure et l’entrée de Dieu en théologie. La Somme théologique du «Breviloquium» (Prologue et première partie) (C. König-Pralong) 173
Paul B. FENTON, Roland Goetschel (éds), Expérience et Écriture mystiques dans les religions du Livre (J. Borel) 80
Jean-Marc FERRY, De la civilisation. Civilité, Légalité, Publicité (D. Müller) 186
Christian FREVEL, Mit Blick auf das Land die Schöpfung erinnern. Zum Ende der Priestergrundschrift (C. Nihan) 101
Nathalie FROGNEUX, Hans Jonas ou la vie dans le monde (A. Thorens) 183
Y. FROT (éd.), L’année en fêtes. Les Pères commentent la liturgie de la Parole (R. Gounelle) 83
Éric FUCHS, L’exigence et le don. Un parcours éthique (1978-1997) (H. Mottu) 535
Albert GAILLARD, Dieu à hauteur d’homme. Une relecture critique du christianisme (C. Badet) 90
Dennis GIRA, Le bouddhisme à l’usage de mes filles (C.-A. Keller) 106
Marie-Odile GOULET-CAZÉ (éd.), Tiziano DORANDI, Richard GOULET, Henri HUGONNARD-ROCHE, Alain LE BOULLUEC, Ezio ORNATO (coll.), Le commentaire entre tradition et innovation. Actes du colloque international de l’Institut des traditions textuelles (Paris et Villejuif, 22-25 septembre 1999) (C. Erismann) 57
Max GRAF, L’atelier intérieur du musicien (F. Félix) 78
Anthony GRAFTON, Cardano’s Cosmos. The Worlds and Works of a Renaissance Astrologer (F. Frigerio) 516
Gilles Gaston GRANGER, La théorie aristotélicienne de la science (M. Bonelli) 169
Jeffrey GROS, Harding MEYER,, William G. RUSCH (éds), Growth in Agreement t. II : Reports and Agreed Statements of Ecumenical Conversations on a World Level, 1982-1998 (K. Blaser) 96
Jürgen HABERMAS, Die Zukunft der menschlichen Natur. Auf dem Weg zu einer liberalen Eugenik ? (D. Müller) 527
Christian HENNING, Karsten LEHMKÜHLER (éds), Systematische Theologie der Gegenwart in Selbstdarstellungen (D. Müller) 93
Hans HÜBNER, Nietzsche und das Neue Testament (V. Nicolet Anderson) 192
Michel HULlN, Shankara et la non-dualité (C.-A. Keller) 105
Marc HUNYADI, L’art de l’exclusion. Une critique de Michael Walzer (A. Berten) 75
Juvénal Ilunga MUYA, L’expérience de la pluralité. Un lieu théologique (I. Graesslé) 95
Isidore DE PÉLUSE, Lettres, t. II : Lettres 1414-1700, éd. P. Évieux (C. Zamagni) 190
Francis JACQUES, Écrits anthropologiques. Philosophie de l’esprit et cognition (F. Quinche) 184
Annick JAULlN, Aristote. La Métaphysique (S. Imhoof) 170
Jean DE MURS, Écrits sur la musique (J. Borel) 174
Hans JONAS, Puissance ou impuissance de la subjectivité ? Le problème psychophysique aux avant-postes du Principe responsabilité (D. Pinkas) 73
Hans JONAS, Le phénomène de la vie. Vers une biologie philosophique (A. Thorens) 181
Shafique KESHAVJEE, Dieu à l’usage de mes fils (C.-A. Keller) 106
Mathieu KESSLER, L’esthétique de Nietzsche (P. Gasser) 178
Farhad KHOSROKHAVAR, L’instance du sacré (P. Bornet) 200
John LAUGHLAND, La liberté des nations (B. Baertschi) 525
Robert LEGROS, L’avènement de la démocratie (D. Müller) 74
Marc LE MOINE, Traités, t. I, Introduction, texte critique, traduction, notes et index par Georges-Matthieu de Durand (J. Borel) 81
—, Traités t. II, Introduction, texte critique, traduction, notes et index par Georges-Matthieu de Durand (J. Borel) 81
Bernard LEMPERT, Critique de la pensée sacrificielle (Y. Bubloz) 199
Michel LEPLAY, Le protestantisme et Marie. Une belle éclaircie (A. Lotz) 537
Michel-Pierre LERNER, Le monde des sphères, t. I : Genèse et triomphe d’une représentation cosmique, t. II : La fin du cosmos classique (T. Suarez-Nani) 176
Robert LEUENBERGER, Die Vernunft des Herzens. Studien zu Blaise Pascal (F. Lauer) 177
Henri MALDINEY, Ouvrir le rien. L’art nu (T. van Haeperen) 528
Alain MARTIN, Olivier Primavesi, L’Empédocle de Strasbourg (P. Strasb. Gr. Inv.
1665-1666) (S. Imhoof) 513
Philippe MEYER, Philosophie de la médecine (D. Müller) 76
Olivier MILLET (éd.), Calvin et ses contemporains (I. Graesslé) 84
Pierre-Marie MOREL, Atome et nécessité, Démocrite, Épicure, Lucrèce (S. Imhoof) 167
Henri MOTTU (éd.) et al., Confessions de foi réformées contemporaines (F. Dubois) 98
Denis MÜLLER, Les passions de l’agir juste (C. Droz) 194
Michael J. MURRAY (éd.), Reason for the Hope Within (Y. Klopfenstein) 91
Jean-Marc NARBONNE, Hénologie, ontologie et Ereignis (Plotin – Proclus – Heidegger) (C. Erismann) 61
François NAULT, Derrida et la théologie. Dire Dieu après la déconstruction (P.-Y Ruff) 89
Friedrich Christoph OETINGER, Biblisches und emblematisches Wörterbuch, herausgegeben von Gerhard Schäfer, Teil I : Text ; Teil 2 : Anmerkungen (J. Borel) 191
ORIGÈNE, Homélies sur les Nombres II (Homélies XI-XIX), éd. L. Doutreleau (É. Junod) 189
Wolfhart PANNENBERG, Problemgeschichte der neueren evangelischen Theologie in Deutschland. Von Schleiermacher bis zu Barth und Tillich (D. Müller) 86
Pierre PELLETIER, Le nectar et le poison. Les Gourous et les Maîtres (C.-A. Keller) 107
Dominik PERLER, Repräsentation bei Descartes (J.-P. Leyvraz) 66
Roland POUPIN, Les cathares. L’âme et la réincarnation (A.-C. Rossier) 204
Johannes REUCHLlN, Sämtliche Werke, éd. Widu-Wolfgang Ehlers, Hans-Gert Roloff und Peter Schäfer (J. Borel) 65
Michel ROBERGE (éd.), La paraphrase de Sem (NH VII,1) (J. Borel) 202
Jacques ROLLAND, Parcours de l’autrement. Lecture d’Emmanuel Lévinas (M. Cornu) 520
Louis ROY, Le Sentiment de Transcendance. Expérience de Dieu ? (B. Hort) 99
Michèle SACQUIN, Entre Bossuet et Maurras. L’antiprotestantisme en France de 1814 à 1870 (G. Bedouelle) 529
SAINT AUGUSTIN, Œuvres, t. II : La Cité de Dieu, éd. L. Jerphagnon (J. Borel) 60
Pierre SAUVANET, Le rythme grec d’Héraclite à Aristote (S. Imhoof) 167
Hans SCHWARZ, Eschatology (K. Blaser) 92
Gerhard SEEL (éd.), Jean-Pierre Schneider, Daniel Schulthess (coll.), Ammonius and the Seabattle. Texts, Commentary and Essays (J. Barnes) 173
SPINOZA, Œuvres, t. III : Tractatus theologico-politicus, Traité théologico-politique (J.-D. Rougemont) 68
Adin STEINSALTZ (éd.), Le Talmud, Baba Metsia 3 (J. Borel) 79
Jakob TAUBES, La théologie politique de Paul. Schmitt, Benjamin, Nietzsche et Freud (D. Müller) 94
TERTULLIEN, GRÉGOIRE, AUGUSTIN, MAXIME, CASSIODORE, PSEUDO-AUGUSTIN, L’enfant à naître (B. Baertschi) 82
SAINT THOMAS D’ AQUIN, Question disputée l’union du Verbe incarné (De unione Verbiincarnati), éd. M.-H. Deloffre (J. Borel) 63
SAINT THOMAS D’ AQUIN, Questions disputées : De l’âme, éd. J.-M. Vernier (J. Borel) 515
Jean-Pierre TORRELL, Recherches thomasiennes (J. Borel) 62
Shmuel TRIGANO (éd.), Le Juif caché. Marranisme et modernité (J. Borel) 204
Karin ULRICH-ESCHMANN, Vom Geborenwerden des Menschen. Theologische und philosophische Erkundungen (C. Ehrwein) 536
François URVOY, Percevoir. De l’idéologie de l’expérience à sa théorie (D. Rey) 522
Paul VALÉRY, Cahiers 1894-1914, t. VIII : 1905-1907, éd. N. Celeyrette-Pietri et R. Pickering (J. Borel) 518
Raynald VALOIS, À la recherche d’un art perdu. Essai sur le langage de la peinture symbolique (B. Reymond) 77
Denis VASSE, La vie et les vivants. Conversations avec Françoise Muckenstrum(E. Schwab) 196
François VOUGA, Une théologie du Nouveau Testament (M.-A. Freudiger) 538
Florence VUILLEUMIER LAURENS, La Raison des figures symboliques à la Renaissance et à l’Âge classique. Études sur les fondements philosophiques, théo
logiques et rhétoriques de l’image (L. Petris) 67
Jules VUILLEMIN, Mathématiques pythagoriciennes et platoniciennes (A. Delessert) 514
Renate WIND, Craig L. NESSAN, Wer bist Du, Christus ? Ein ökumenisches Lesebuch zur Christologie Dietrich Bonhoeffers (H. Mottu) 532
Yirmiyohu YOVEL, Les Juifs selon Hegel et Nietzsche. La clef d’une énigme (D. Banon) 179
Helmut ZANDER, Geschichte der Seelenwanderung in Europa. Alternative religiöse Traditionen von der Antike bis heute (C.-A. Keller) 104
Marlène ZARADER, L’être et le neutre. À partir de Maurice Blanchot (D. Müller) 72
Joachim ZEHNER, Das Forum der Vergebung in der Kirche. Studien zum Verhältnis von Sündenvergebung und Recht (D. Müller) 98

TABLES ANNUELLES (Vol. 134 – 2002)

Ouvrages recensés

Paul ABELA, Je crois, mais parfois autrement (J.-C. Barbier). 387
Xavier ACCART, avec la coll. de Daniel Lancon, L’Ermite de Duqqi. René Guénon en marge des milieux francophones égyptiens (J. Borel) 290
Abd Al-AL-QÂDIR AL-DJAZÂ’IRÎ, Le Livre des Haltes (Kitâb al-Mawâqif), t. II (J. Borel) 289
G. E. M. ANSCOMBE, L’intention (B. Baertschi) 377
Hubert AUQUE, Claude Levain (éds), Rencontres à l’hôpital. L’aumônerie en questions (R. Jacques) 100
Bernard BARC, Les arpenteurs du temps. Essai sur l’histoire religieuse de la Judée à la période hellénistique (C. Nihan) 101
Jérôme BASCHET, Le sein du père. Abraham et la paternité dans l’Occident médiéval (M. Grandjean) 278
Pauline BEBE, Isha. Dictionnaire des femmes et du judaïsme (I. Graesslé) 96
Jean-Michel BELORGEY ET AL., Dieu a-t-il une place dans l’éthique ? Actes de la journée d’étude organisée par la Fondation Ostad Elahi – Éthique et solidarité humaine à l’École Normale Supérieure le 28 octobre 2000 (D. Müller) 283
Dominique BERLIOZ, Berkeley. Un nominalisme réaliste (Anda Oprisor) 376
Christian Berner, Jean-Jacques Wunenburger, Mythe et philosophie. Les traditions biblique (C. Karakash) 97
Jean François BILLETER, Leçons sur Tchouang-Tseu (S. Bonzon) 369
Kathy BLACK, Évangile et handicap. Une prédication pour restaurer la vie (A. Oprisor) 101
Klauspeter BLASER, Signe et instrument. Approche protestante de l’Église (I. Graesslé) 285
François BOESPFLUG, Jean-Michel SPIESER, Christian HECK, Valérie DA COSTA, Le Christ dans l’art, des catacombes au XX e siècle (J. Cottin) 279
Dietrich BONHOEFFER, Widerstand und Ergebung. Briefe und Aufzeichnungen aus der Haft (DBW – 8) (H. Mottu) 92
–, Konspiration und Haft 1940-1945 (DBW – 16) (H. Mottu) 93
–, Maria VON WEDEMEYER, Lettres de fiançailles Cellule 92 1943-1945 (M.-A. Freudiger) 286
Gilbert BOSS, La fin de l’ordre économique (R. Ondji’i Toung) 88
Michel BOURDEAU, Locus Logicus. L’ontologie catégoriale dans la philosophie contemporaine (P. Joray) 270
Jacques BOUVERESSE, La voix de l’âme et les chemins de l’esprit. Dix études sur Robert Musil (S. Imhoof) 259
Peter BROWN, La vie de saint Augustin (R. Gounelle) 250
Tommaso CAMPANELLA, Apologia pro Galileo (Apologie de Galilée, éd. M. P. Lerner (T. Suarez-Nani) 79
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