RThPh 143( 2011/III), P. 209-222.

Myung-Su YANG
La philosophie politique du néo-confucianisme dans sa distinction à l’égard de la tradition occidentale, notamment chrétienne

Résumé
Le présent article se concentre sur le néo-confucianisme. Différent du confucianisme ancien en ce qu’il introduit la réalité d’un principe, mais qui le fait sans pour autant sortir d’un immanentisme foncier, ce principe n’étant que moral. Au gré de comparaisons avec l’histoire de l’Occident, que ce soit au regard d’un héritage de Platon ou au regard du christianisme, l’auteur montre que l’immanentisme tant du confucianisme que du néo-confucianisme ne fait pas place à une posture de critique radicale du donné, qui supposerait un décentrement foncier à l’égard du déploiement du monde et de la visée – politique – du bien-être qu’il requiert. Il montre en même temps – tout particulièrement même, mais c’est à ses yeux lié – que la tradition confucéenne ne peut du coup qu’ignorer la neutralité d’une société civile et de l’existence des individus qui s’y inscrivent, sa vision étant ici dès le départ et de bout en bout morale, d’une morale qui ne s’articule pas à un donné neutre justement et renverrait en même temps à ce qui le dépasse ou lui est transcendant, mais qui fait au contraire corps avec le déploiement de ce donné même.

M.-S. YANG, The political philosophy of neo-confucianism as distinguished from western, notably Christian, tradition, RThPh 2011/III, p. 209-222.
This article concentrates on neo-confucianism: different from ancient Confucianism in that it introduces the reality of a principle, yet without losing an intrinsic immanentism, the principle being only moral. Through comparisons with western history, be it with regards to the legacy of Plato or to Christianity, the author shows that both Confucianist and neo-confucianist immanentism does not make way for a radical criticism of a given, which would mean decentralising the world and the viewpoint, political that is, of the well-being it requires. He also particularly shows, and from his viewpoint this is linked, that the Confucianist tradition can thus only ignore the neutrality of a civil society and of the existence of its individuals, its vision being entirely and thoroughly moral, not related to a neutral given, referring to what is beyond it or transcendent to it, but, on the contrary, being totally identified with the use of this very given.