RThPh 2008/II-III, p. 171-184.

Nathalie MAILLARD ROMAGNOLI
Le perfectionnisme de J. S. Mill, en discussion avec L’éthique aujourd’hui de Ruwen Ogien

Résumé
Dans son ouvrage L’éthique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes, Ruwen Ogien limite le champ de la morale aux injustices commises à l’égard d’autrui, ce que nous nous faisons à nous-mêmes étant moralement indifférent. Cette position s’inspire explicitement de la conception sociale de la moralité défendue par John Stuart Mill dans l’essai De la liberté. Or, s’il existe bien, chez Mill une restriction du domaine moral aux torts commis envers autrui, nous voulons montrer cependant que, chez l’auteur anglo-saxon, le rapport à soi n’est pas, comme c’est le cas chez Ogien, «moralement» indifférent. Mais le «souci de soi» s’exprime toutefois dans un registre différent – celui de la «vie bonne» – de celui qui concerne le rapport à autrui.

N. Maillard Romagnoli, The perfectionism of J. S. Mill and Ruwen Ogien’s L’Ethique aujourd’hui, RThPh 2008/II-III, p. 171-184.
In his L’Ethique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes, R. Ogien limits the moral field to injustices committed against others, what we do to ourselves being morally indifferent. His point of view is explicitly inspired by the social conception of morality defended by J. S. Mill in his essay On Liberty. We wish to show, however, that, if there is in Mill a restriction of the moral domain to wrongs committed against others, for him, the relation to oneself is not, as in the case of Ogien, “morally” indifferent. The Anglo-Saxon philosopher situates care for oneself in rather a different register – that of the “good life” – from what concerns relations to others.