RThPh 2007/IV, 311-324 p.

Irene ZAVATTERO
Le bonheur parfait dans les premiers commentaires latins de l’Éthique à Nicomaque

Résumé
Au début du XIIIe siècle, les maîtres de la Faculté des arts de l’Université de Paris furent les premiers à commenter les trois premiers livres de l’Ethique à Nicomaque d’Aristote, qui venaient d’être traduits en latin par Burgundio de Pise. Ils y rencontraient des conceptions diamétralement opposées à celles de
la doctrine chrétienne dont leur culture était imprégnée. Alors que la théorie aristotélicienne du bonheur (eudaimonia) attribue à l’homme un rôle décisif dans la réalisation de son bonheur, les maîtres ès arts de cette époque préfèrent insister sur la perfection du bonheur transcendant et incréé. Pour commenter
l’Éthique à Nicomaque, ils puisent aux sources néoplatoniciennes et dans le fonds théologique chrétien.

I. Zavattero, Perfect happiness in the first Latin commentaries of the Nicomachean Ethics, RThPh 2007/IV, 311-324 p.
At the beginning of the 13th century, the masters of the Faculty of Arts at the University of Paris were the first to comment on the first three books of Aristotle’s Nicomachean Ethics, which had been recently translated into Latin by Burgundio of Pisa. It presented ideas to them which were diametrically opposed to the Christian doctrine with which their own culture was imbued. While Aristotle’s theory of happiness (eudaimonia) gave humankind a decisive role in the achievement of happiness, these 13th century masters of arts preferred the perfection of a transcendental and intrinsic happiness. To comment on the Nicomachean Ethics, they relied upon Neoplatonic and Christian sources.