RThPh 2007/I, p. 1-20.

Gilda BOUCHAT
L’esthétique de l’analogon rationis. Une introduction à la philosophie d’Alexander Gottlieb Baumgarten

Résumé
Les multiples histoires des idées qui retracent la constitution, relativement récente, de la discipline appelée «esthétique», mentionnent souvent le nom d’Alexander Gottlieb Baumgarten (1714-1762) en lui attribuant l’«invention» du néologisme «æsthetica». Très rapidement, ce terme latin, traduit en allemand, entre dans l’usage courant. De nos jours, il désigne un ensemble de discours souvent très hétérogènes sur les beaux-arts. Mais le sens originaire d’æsthetica, c’est-à-dire le contenu de l’ouvrage éponyme de 1750, demeure largement méconnu. Le présent article souhaite contribuer à souligner l’importance du geste inaugural de Baumgarten, dont l’intérêt n’est pas seulement historiographique. Car ce philosophe instaure de manière durable un nouveau rapport à l’oeuvre d’art. Nous insisterons tout particulièrement sur l’inscription métaphysique de son projet.

G. Bouchat, The aesthetics of the analogon rationis, RThPh 2007/I, p. 1-20.
The many histories of thought that retrace the relatively recent formation of the discipline called “aesthetics” often mention the name of Alexander Gottlieb Baumgarten (1714-1762), crediting him with the “invention” of the neologism “aesthetica”. Very quickly, this Latin term, translated into German, came into current usage. In our day, it designates a body of often very heterogeneous treatises on the fine arts. Yet the original meaning of aesthetics, that is to say the original contents of the eponymous work of 1750, remains largely unknown. The intention of the present article is to help underline the importance of this seminal work by Baumgarten, which is of more than historiographical interest. For this philosopher initiated a long-lasting new relation to the work of art. Particular attention is given to its metaphysical aspect.