RThPh 2006/I, p. 1-15.

Jérome JUNOD
Aristote, le rêve et l’éthique

Résumé
Au départ, un constat : la question de la «moralité» des rêves a été délaissée par la philosophie, tandis qu’elle a largement inspiré la littérature. Afin d’explorer la question, on recourt à Aristote, premier théoricien naturaliste du rêve et analyste de la psychologie morale. Bien qu’opposé à une «lecture éthique» du rêve (il privilégie les facteurs somatiques), Aristote fournit une échelle extrêmement fine de «demi-actions» (spontanées, désirées, regrettées, etc.) de la veille. La traque d’une hypothétique «action onirique» sera l’occasion d’un parcours tout au long de cette échelle éthique, et d’une étude plus générale du «diagnostic moral» dans la perspective d’Aristote.

J. Junod, Aristotle, dreams and ethics, RThPh 2006/I, p. 1-15.
To begin with, an observation: the question of “morality” in dreams has been neglected by philosophy, whereas it has been a great inspiration for literature. To explore the question, we go to Aristotle, the first naturalist theoretician of dreams and analyst of moral psychology. Although he opposed an “ethical reading” of dreams (giving preference to somatic factors), Aristotle provided a very discriminating scale for “half-actions” (spontaneous, desired, regretted, etc.) of wakefulness. The tracing of a hypothetical “dream action” will permit us to follow the whole length of this ethical scale and to make a more general study of a “moral diagnostic” according to the perspective of Aristotle.