RThPh 2005/IV, p. 297-310.

Bernhard WALDENFELS
L’Homme comme être des limites

Résumé
C’est à partir du concept d’ordre que l’auteur cherche à penser l’homme. Ce dernier ne se définit alors pas en vertu de telle ou telle de ses propriétés supposées qui le distingueraient de ce qui est non-humain, mais comme le lieu où les limites – constitutives de tout ordre – sont instituées, tracées et déplacées. C’est ainsi à chaque fois en réponse à un ordre que l’homme se donne à penser. Il n’est pas en propre ceci ou cela, se distinguant étanchement de ce qui lui est étranger, mais plutôt le lieu d’un retraçage constant des limites entre le propre et l’étranger. Loin de se définir simplement par une position dans un ordre, il est dérangé et décentré par l’étrangeté dont il se distingue à chaque fois. “L’homme comme être des limites” signifie dès lors aussi que l’homme se situe d’emblée à la limite.

B. WALDENFELS, Humankind as a being of limits. RThPh 2005/IV, p. 297-310.
It is from the concept of order that the author sets out to think humankind, defined not by such and such supposed properties that distinguish what is human from what is not, but as the place where limits – constitutional of all order – are instituted, marked out and shifted. Thus every time humans give themselves to thought, they are responding to an order. They do not have exclusive possession of this or that feature, distinguishing themselves imperviously from what is extraneous; rather here they are seen at the place of a continual tracking of limits between what is of themselves and what is not. Far from defining themselves as holding a certain position in an order, they are bothered and thrown off centre by the extraneous, from which they are forever distinguishing themselves. So “humankind as a being of limits” implies that humans are automatically situated at the limit.