RThPh 2005/I, p. 1-17.

Danièle MOYAL-SHARROCK
Quand les mots sont des actes : Les “énoncés spontanés” chez Wittgenstein et la dissolution du problème corps-esprit

Résumé
Selon Wittgenstein, nos énoncés spontanés ne sont pas des descriptions, mais des expressions qui ont plus d’affinité avec le comportement qu’avec le langage descriptif. Il s’agit donc d’une nouvelle espèce d’acte de langage (speech-act): plutôt que la consécration des mots en performatifs par convention, les énoncés spontanés sont des actes par leur spontanéité même. Le langage acquiert ainsi une nouvelle dimension: celle du réflexe. À l’encontre de Peter Hacker, je tente ici de montrer que cela rend poreuse la ligne de démarcation entre les catégories du langage et de l’action, et permet la dissolution du problème corps-esprit.

D. MOYAL-SHARROCK, Words as deeds: Wittgenstein’s ‘spontaneous’ utterances and the dissolution of the problem of the mind-body gap, RThPh 2005/I, p. 1-17.
According to Wittgenstein, our spontaneous utterances are not descriptions, but expressions more akin to behaviour than to language: a new sort of speech-act. Rather than conventional performatory words, spontaneous utterances are deeds through their very spontaneity. This gives language a new dimension of reflex, which, as I argue against Peter Hacker, makes the boundary porous between the categories of language and of action, thus dissolving the gap between mind and body.