RThPh 2004/IV, p. 347-366.

Isabelle ULLERN-WEITE
En braconnant philosophiquement chez Certeau
Des usages de “l’historicité contemporaine” à la réinvention ordinaire de la civilité

Résumé
Lire Certeau dans une intention philosophique n’est légitime qu’à partir de la configuration propre et de la réception historiographique dominante de son oeuvre, donc en considérant le contemporain comme contexte et paradigme déterminants. Cela peut consister à prolonger certaines de ses ouvertures
“poétiques et politiques”, étayées sur “le sens commun”, “l’homme ordinaire”, et le langage courant. Sa libre exploration formelle et épistémologique du “quotidien” invite à une reconsidération du lien poétique moderne entre l’espace public (l’institution) et l’espace privé (l’étrangeté banale). On y rencontre quelques thématisations radicales pouvant nourrir une réarticulation fondamentale du politique et de la subjectivité, au registre spécifique de la civilité.

I. ULLERN-WElTE, Philosophical poaching in Certeau. From the uses of “contemporary historicity” to the ordinary reinvention of civility, RThPh 2004/IV, p. 347-366.
To read Certeau with philosophical intention is only legitimate on the basis of the unique configuration and the dominant historiographic reception of his work, considering the present-day, that is, as the decisive context and paradigm. That may mean prolonging some of his “poetic and political” overtures, backed up by “common sense”, “the ordinary man” and common language. His freely formal and epistemological exploration of “the day to day” invites us to reconsider the modern poetic link between public space (the institution) and private space (commonplace oddness). That brings us to some radical thematics capable of nurturing a fundamental reformulation of the political and the subjective, in the specific domain of civility.