RThPh 2003/IV, p. 329-344.

Bernard BAERTSCHI
L’impact moral du statut des entités naturelles

Résumé
Depuis Hume, on insiste sur le fait qu’il n’est pas possible de conclure logiquement de l’être au devoir-être. Pourtant, chaque fois que nous nous demandons comment nous devons nous comporter vis-à-vis d’un être naturel comme un animal ou un embryon, nous nous appuyons sur ce que de nombreux auteurs appellent son “statut moral”. Or ce qui est ainsi qualifié de “moral” ressortit en réalité au domaine de l’être. Il est par conséquent impossible de faire l’économie de l’ontologie si nous voulons déterminer quels sont nos devoirs envers les entités naturelles, même si bien d’autres considérations entrent en jeu, notamment quand nous nous demandons quelle est la valeur de la vie d’êtres humains diminués.

B. BAERTSCHI, The moral impact of the status of natural beings, RThPh 2003/IV, p. 329-344.
Since Hume, the point has been stressed that an “ought” cannot logically be deduced from an “is”. Yet each time we ask ourselves how we should behave towards a natural being, such as an animal or an embryo, we refer to what some authors cali its “moral status”. However, that which is qualified as “moral” belongs in fact to the realm of what “is”. Consequently, it is impossible to avoid ontology if we want to determine how we ought to treat natural beings, even if there are many other considerations, particularly when we ask about the value of the life of human beings whose existence is much diminished.