RThPh 201O/III-IV, p. 245-260.
François MARXER
La théologie mystique n’est pas intelligible; elle a un langage à part.
La mystique au risque de la pensée et au défi du langage:
Bérulle, François de Sales et Jean-Pierre Camus

Résumé
Dès 1601, la théologie mystique conquiert ses quartiers de noblesse, mais entre en rivalité avec les autres théologies, scolastique et positive. Comment réorganiser l’édifice dès lors fragilisé, comment retrouver un nouvel équilibre pour éviter le divorce entre l’intelligence croyante et la démarche mystique ? Bérulle (plus politique), François de Sales (plus spirituel), Jean-Pierre Camus (plus pastoral) tentent de réarticuler la pensée et l’expérience. Mais la tension demeure entre un original biblique (que la théologie scolastique a charge de penser) et une originalité expérimentale qui dessine un excès, et envisage un impensable … qui fait penser. L’angoisse, que l’on croyait jugulée par les dispositifs
sacramentels et institutionnels, serait-elle de retour?

F. MARXER, “Mystic Theology is not intelligible; it speaks another language.”
Mysticism at the expense of thought and challenged by language: Berulle, Francis of Sales and Jean-Pierre Camus, RThPh 201OIIII-IV, p. 245-260.
From 1601 on, mystic theology is found in the circles of nobility, but is rivalled by other theologies of scholasticism and positivism. How can the endangered structure be reorganized? a new balance found so as to avoid a divorce between intelligent beliefand the mystical approach? Berulle (more political), Francis of Sales (more spiritual) and Jean-Pierre Camus (more pastoral) attempt new expressions for thought and experience. But tension remains between a biblical original (the domain of scholastic theology) and experimental originality the colour of excess and imagining the unthinkable… which
causes one to think. The anguish thought to be stamped out by sacramental systems and institutions, is it back?